Geskia! – Silent Of Light

Silent Of Light est un album chaleureux et coloré ouvrant les portes d’un monde utopique.

SSS Chronique - Geskia - Silent Of Light

7.7

10

Par Adrian Pineau
Publié le 9 avril 2013 | 20:06

Injustement méconnu dans nos contrées et même au-delà, le japonais Geskia! jouit pourtant d’une certaine réputation et reconnaissance dans sa terre natale. Difficile, à l’heure actuelle, de cataloguer l’artiste dans un genre précis. Car après un très bon premier album teinté d’IDM (Silent77), il sort President IDM et trompe tout le monde. En effet, oubliez le terme IDM, cet album voit des MCs japonais balancer leurs lyrics à la gueule de l’auditeur, le tout sur des beats déstructurés et chaotiques. Personnage imprévisible, il est bon de préciser qu’on ne sait pas trop à quoi s’attendre une fois la galette insérée dans le lecteur. Mais si Geskia! a toujours été habitué à la rythmique il s’est gentiment laissé transporter dans une electronica rêveuse nappée d’ambient notamment avec l’excellent Muon sorti en 2012. Une chose est sûre, avec cet album le nippon est sorti de son lit pour partir ouvrir ses volets.

L’ouverture sur Horic Chronic ne doit pas être qualifiée d’intro, mais plutôt de transition au regard de ces deux précédentes productions parues en 2012. Track ambient majoritairement beatless, Geskia met en musique son propre éveil et c’est bien Accent Accept qui doucement le réveille et nous confirme que cet album ne sera pas ce qu’il aurait pu (probablement) être : un album d’ambient.
À la croisée des mondes d’un certain Ametsub (dont son dernier, All Is Silence, est à écouter sans hésiter), d’un Melorman, ou encore d’un Burial (oui oui) Geskia! sait se diversifier, sans copier. On est directement interpelé par la densité rythmique présente sur l’album, le tout baignant dans un mélange précis et « nanomètré ». Les kicks fusent, les glitchs se superposent et les synthés partent en vrille pour créer des mélodies évidentes et implacables qui donnent à l’ensemble un caractère incroyablement multicolore et luxuriant.
Mais si certains d’entre vous ont posé les oreilles sur son Alien (album paru en 2011), vous vous souviendrez donc que Geskia! n’avait pas voulu laisser de place au repos auditif. Ici, il nous accorde des pauses, notamment avec son sublime piano sur Joint Chant ou encore avec Creativity Quality (fermeture de l’album) où il tape directement dans du downtempo façon Carbon Base Lifeforms. Il ne renie pas pour autant ses origines du pays du soleil levant et les cordes de Glare Trigger le confirment amplement. On y entend aussi des voix, tout comme sur BGMREM où il réalise un étrange, mais efficace, croisement entre son collègue Aus et le maître du voice-sampling d’Hyperdub cité plus haut. Pas de soucis à se faire donc, il y en aura pour tout le monde.

Pour petits et grands, Silent Of Light est un album chaleureux et coloré qui permet d’ouvrir les portes d’un monde utopique où toute fantaisie devient permise. Car si la lumière est à l’origine des perceptions visuelles, Geskia! demande le silence pour ne pas déranger nos amis les photons voyageurs. Bien vu ! Résolument riche et varié, cet album nous pousse à sortir et contempler intelligemment la beauté des choses qui nous entoure. Mais quelles choses ? Comme vous voulez, Geskia! vient de distribuer les cartes, maintenant c’est à vous de jouer.

 

Tracklist:

01. Horic Chronic
02. Accent Accept
03. Constract Contrast
04. National Traditional
05. BGMREM
06. Torch Approach
07. Joint Chant
08. Dis Love
09. Planet Plan
10. Glare Trigger
11. Xtra Schema
12. Creativity Quality

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