Access To Arasaka – écrasez l’infâme

Vous priver serait un sincère manque d’honnêteté.

access_to_arasaka

8.0

10

Label

Genre

Par Adrian Pineau
Publié le 30 mai 2013 | 13:28

« NEW ATA??? YES!!! ». Voilà ce qu’il était possible de lire il y a quelques semaines sur facedebouc via le très respectable Erode. Et oui, vous ne rêvez pas, on assiste bien au retour de celui que beaucoup considèrent comme le maître contemporain de l’IDM. Mais longue aura été l’attente.
Robert Lioy (de son vrai nom) fait ses premières apparitions en 2006 avec une série d’EP (toujours disponible sur magnifique site en free dl). Puis vient METAX, son premier LP passé inaperçu et pour cause, souvent oublié. Mais la révélation s’effectuera plus tard en 2009 avec la sortie de son 2ième LP : Oppidan sur l’excellente écurie Tympanik Audio. Sans complexe, il inflige donc un coup de massue à toute une scène pourtant bien étoffée (Stendeck, Hecq pour ne citer qu’eux). La suite ? La consécration. Il réitère sa performance avec void(); un an plus tard et on est cette fois-ci propulsé à l’intérieur d’une matrice électronique gouvernée par la complexité d’un langage informatique dont seul AtA a le secret. On revient rapidement sur l’exceptionnel Geosynchron, resté deuxième de nos charts, qui matérialisait un chaos que même les équations de la thermodynamique ne peuvent expliquer.
Bon, et après ça ? Pas grand-chose. L’annonce d’une collaboration avec ses acolytes Erode et Dirk Geiger (qui à mon grand désespoir ne verra probablement pas le jour), des tracks par-ci par-là sur des compilations et puis c’est tout.

Commençons par noter que cet EP ne sort pas sur Tympanik, mais sur CRL Studios. Tous les bénéfices iront d’ailleurs au label pour qu’il puisse, dans le futur, nous proposer ses bizarreries musicales. Notons aussi le titre : « écrasez l’infâme ». On sait que le beatmaker a un penchant pour la langue de Molière et c’est plus précisément dans celle de Voltaire qu’il puise son inspiration ici. Notons finalement les titres sont uniquement composés de tirets et pour la peine, n’y cherchez pas de divine signification, inventez-la.
Ne vous méprenez pas, apprécier un opus d’Access To Arasaka, c’est considérer un univers à part entière et non une personne physique tant chaque album est doté d’une identité incroyable. Si certaines personnes auraient pu penser qu’AtA se serait porté vers une musique purement cyberpunk où les rythmes prendraient le dessus sur l’ambiance en se piétinant telle la clientèle animalière de Virgin, il n’en est rien. Il reprend ici les principaux ingrédients de Geosynchron en modifiant légèrement la recette. Glitchs incisifs taillés dans le métal, beats chaotiques et synthés post-apocalyptiques. L’empreinte est donc aisément identifiable. Même si la profondeur de champ musical et la rythmique sont toujours autant travaillées et maîtrisées, c’est le tempo qui va différer.
L’ouverture de l’EP (–) marque le retour. Le retour teinté de rage d’un artiste qui selon ses dires, n’a pas eu assez de temps à consacrer à sa passion. Pour le peu que vous vous considériez comme infâme, préparez-vous cependant à être écrasé. Sans bien sûr partir dans un dubstep malsain, les subs dévastatrices (– – - – et l’exceptionnel —) infligent un uppercut auditif sans concession. Le travail sur les textures est toujours d’une précision impressionnante et les fresques organiques qui se dessinent, pour le peu qu’on y prête attention, feront douter ceux qui s’essaient (en vain ?) au voyage astral.  Si la mélancolie n’a jamais été la marque de fabrique de la maison, les mélodies (bien moins emo que sur Oppidan) sont implacables et magnifiques.
Comme à l’accoutumé les endings remplissent plus que jamais leur part du travail (Aftermath pour Oppidan, Solaris pour Geosynchron…). Ici, — —– s’émancipe dans un drone/ambient sombre, surprenant, mais ô combien intéressant. Si les quelques glitcheries de la fin nous font penser qu’AtA ne sortira pas son prochain sur Miasmah, l’ambiance reste particulièrement anxiogène et inquiétante. Une nouvelle direction adoptée ? Qu’importe, la suite et vite !

C’est donc avec un plaisir inattendu mais certain que l’on retrouve tout le talent de Robert Lioy sur cet EP. L’homme qui en quatre ans est passé d’influencé à influence n’a jamais déçu et ce n’est pas « écrasez l’infâme » qui va ouvrir le bal. Uniquement disponible en version numérique pour un peu moins de 3 euros, vous priver serait un sincère manque d’honnêteté, alors foncez !

 


 

Tracklist:

1 – -
2 — -
3 – - -
4 —
5 — – - -
6 — —–

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top