Alight – Iridis

Au tournant de l’année, Ross Tones nous rappelle discrètement ses perspectives uniques sur le monde électronique actuel.

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8.3

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 27 décembre 2013 | 14:42

De façon discrète mais distincte, Ross Tones aura su éclairer en 2013 son empreinte. Sa production est pourtant restée quasiment limitée à l’album de son projet Snow Ghosts, passé relativement inaperçu aux côtés des autres sorties de Houndstooth. Cependant, à l’instar des multiples influences abordées en solo en tant que Throwing Snow, cet album mettait en avant une personnalité musicale unique. Personnalité que l’on retrouve aujourd’hui sur ce premier EP en tant qu’Alight – précédant de peu celui d’un autre nouveau projet, Vellico.

 

Plus précisément, Alight semble ici passer en revue le spectre musical qui l’habite, nous montrant successivement des genres divers au travers de sa loupe, nous en renvoyant sa propre perception. « Obelisk » nous introduit ainsi dans un monde bass lumineux, aux réminiscences UK Garage saupoudrées de pads réverbérés.
Cette épopée aérienne n’a néanmoins pas le temps de se répandre : dès « Darqa », Alight éteint les lumières et nous plonge dans des vapeurs de soufre, prenant le dubstep pour filtre. Evoquant les travaux de Shackleton, cette seconde piste reprend les mêmes volutes éthérées, mais en les mêlant à des infrabasses oppressantes, écrasant tout espoir : le résultat touche au sublime.

Le morceau-titre marque une nouvelle étape, poussant l’oppression vers le malsain : des incantations ouvrent sur un paysage ouvertement industriel, plus lent, mais peuplé de machines rouillées sous distorsion abrasive. L’effet est amplifié par un final drum&bass un peu trop prévisible, mais tout aussi réussi. Cette dernière partie marque aussi la transition vers un « Caligo » jouant avec les esprits d&b actuels, autour de cordes réintroduisant la vie sans dissiper la noirçeur de percussions martiales.
Au remix, Ziro fait face à la difficile tâche de succéder à la force des originaux : s’attaquant à « Obelisk », le natif de Bristol ne démérite néanmoins pas, proposant une relecture évolutive de 9 minutes, noyant les souvenirs du titre dans des fluides dub techno. Cette tactique de détournement fonctionne parfaitement : nous prenant dans sa répétition stroboscopique, le titre nous fait redescendre vers le silence.

 

Au tournant de l’année, Ross Tones nous rappelle donc discrètement ses perspectives uniques sur le monde électronique actuel. Idiris condense en quatre titres tous ses talents, et nous séduit de sa touche perceptible trouvant ici des expressions variées.

Tracklist :

01. Obelisk
02. Darqa
03. Iridis
04. Caligo
05. Obelisk (Ziro Remix)

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