Anklebiter – Queue (LP)

S’il était difficile de douter de la capacité de Tanner Volz à donner du coeur à sa musique, il s’avère qu’il sait aussi choisir avec excellence la flopée d’humains capable de s’en saisir pour s’ouvrir à leur tour.

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8.0

10

Label

Genre

Par David Robert
Publié le 11 juin 2011 | 19:01

Officiant depuis 1993 au sein de diverses formations, que ce soit en tant qu’accompagnateur ou membre à part entière (Thine Eyes, Soul Parish, ML) le moins que l’on puisse dire c’est que le lien qui unit Tanner Volz et les synthétiseurs n’est pas des plus récents. Par la force des choses, le sieur s’est émancipé de tout collectif afin de prêcher la musique en solitaire, sous le nom d’Anklebiter. Après un album sorti sur la division digitale de n5mD, à savoir En:peg, c’est Tympanik qui lui a ouvert ses portes pour “I Will Wait” en 2010. Difficile de ne pas faire de généralité, mais force est d’avouer qu’il est rare que l’écurie de Chicago tape dans le vide : ledit album, éloge magnifique des astres et de l’amour s’il en est, est accueilli à bras ouvert par la critique.

Mais parce que, justement, la chose excelle, vouloir en tirer le substrat pour libérer un album de remixes s’avère inévitablement comme un pari extrêmement périlleux. La cohérence des œuvres du genre ne tient toujours qu’à un fil : l’histoire n’étant plus, les chapitres provenant d’histoires éparses s’emboitent les uns avec les autres avec plus ou moins de casse. Dès lors, l’unique unité tient au choix des noms, et comment ils s’approprieront les titres.

La majorité des artistes envers lesquels Anklebiter accorde sa confiance n’ayant plus grand chose à prouver, le scepticisme ne pointera pas le bout de son nez avant l’écoute de “Queue” concernant le premier des impératifs.

L’auteur du récent excellent “Orbitus”, Access To Arasaka, se place en première ligne, brandissant le “University” de son esprit cyber-punk infiltré de grande nappes aussi stellaires que nostalgiques. Keef Baker n’en est pas si éloigné, le “Frigid” de fermeture originel ne perd pas sa beauté, aussi écorchée soit-elle. Et que ce soit Jatun, disgressant sur l’épopée de “Absolution is A Plushtoy”, SubstractivLAD peignant “Frigid” d’une dépression des machines nouvelle centrée autour d’une mélodie timbrée TB 303, Boy Is Fiction offrant son âme à “I Will Wait”, DryftDirk Geiger, Light Out Asia, etc, le sentiment qui emplit chaque titre est dans la lignée de celui, ambivalent au possible, qui se dégage du long format premier. Non pas par un manque de personnalité, le mot apparait presque blasphématoire en vu de la qualité intrinsèque de chaque artiste, mais grâce à une harmonie qui ne se trouve que très rarement dans les entreprises du genre.

Alors unité absolue non, et grand bien leur en fasse. Mais cohérence, oui, indéniablement. S’il était difficile de douter de la capacité de Tanner Volz à donner du coeur à sa musique, il s’avère qu’il sait aussi choisir avec excellence la flopée d’humains capable de s’en saisir pour s’ouvrir à leur tour. Il peut les en remercier.
N’oublions pas d’en faire de même.


Tracklist :

01. Access To Arasaka – University
02. Keef Baker – Frigid
03. Jatun – Absolution Is A Plushtoy
04. Anklebiter – By Design
05. SubtractiveLAD – Frigid
06. Anklebiter – OTT
07. Irulan – Accessible
08. Boy Is Fiction – I Will Wait
09. Dirk Geiger – I Will Wait
10. Dryft – One Three Two
11. Lights Out Asia – Nothing Will Happen Tomorrow

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