ASC – Space Echo EP

Le patron d’Auxiliary s’émancipe de plus en plus des codes de la drum & bass.

SMGRS07_1400_X_1400_1024x1024

8.3

10

Par Thibaud Marty
Publié le 20 février 2016 | 13:30

L’année 2015 aura été des plus prolifiques pour James Clements, mieux connu sous le nom d’ASC. Si le patron d’Auxiliary a légèrement ralenti la cadence sur la direction artistique de son label, c’était pour se recentrer sur sa production musicale. Et le californien est un de ces trop rares producteurs avec qui quantité et qualité vont de pair : en témoignent les excellents Fervent Dream et Beneath The Surface sur Silent Season, son implication dans le projet « Grey Area » aux cotés de Sam KDC et Presha, ainsi que l’époustouflant Imagine The Future.

Le début de l’année 2016 nous indique qu’il semble bien décidé à continuer sur sa lancée, avec notamment ce Space Echo EP qui sera l’ultime disque estampillé Samurai Red Seal.

Les registres qui composent la palette d’ASC sont nombreux, et si le californien sait nous réconforter en proposant à nos tympans des étendues de paix et d’amour, il peut aussi nous peindre une fresque de tourments avec tout autant de virtuosité. C’est le cas avec ces quatre titres faisant la part belle à une musique de plus en plus frontale, enveloppée toutefois dans un vaste décor spatial, le tout façonné avec la précision chirurgicale qui caractérise les œuvres signées ASC.

D’une rare profondeur, son univers dystopien se montre plus alarmiste que jamais dès l’ouverture de l’album : « Ignite » annonce la couleur d’entrée de jeu avec une empreinte acide et nerveuse. Le beat rigoureux et la lourde basse se mettent au diapason de cette épine dorsale corrosive, comme pour mieux mettre en lumière cet arpège démoniaque qui fuse tel une comète enflammée à travers les horizons intergalactiques qu’Imagine The Future nous avaient permis d’explorer.
Des nappes funestes qui englobent un vaste paysage déchiré par des hi-hats intransigeants, à la basse monotone qui assène son désespoir dans cette étendue pluvieuse balayée par des vagues de bruit blanc, tout est empreint de désolation dans le morceau-titre « Space Echo ». La puissance évocatrice de ce morceau est telle qu’elle parvient à faire passer au second plan une réalisation technique toujours impeccable.
Sur la face B, « Reveal » poursuit l’aventure avec un beat mécanique, tranchant et rebondi, enrichi par un écho métallique et des bleeps entêtants. Nous voilà pris dans l’œil d’un cyclone industriel, au centre duquel se dessinent les contours d’une techno uptempo, autant par l’esthétique sonore que par le déroulement très progressif du morceau.
Enfin, « Vanium » propose une base rythmique ferme, axée autour d’un pied insistant et rapide, sur laquelle vient évoluer un arpège dissonant digne de ces cauchemars dont on se réveille avec le cœur en sur-régime. Ce n’est pas la résonance venteuse qui siffle en arrière-plan qui nous réconfortera, et encore moins les nappes fantomatiques qui hantent cet espace plus restreint qu’à l’accoutumée.

S’il nous propose quatre titres à 170 bpm, cadence habituellement caractéristique de la drum & bass, la musique d’ASC s’émancipe encore un peu plus des conventions de ce genre, en adoptant ici des sonorités résolument techno et acid. Avec cet EP, il consolide encore un peu plus son statut de fer de lance de cette hybridation sonore, et démontre une fois de plus son aptitude unique à combiner finesse et puissance.

 

Tracklist :

A1 – Ignite
A2 – Space Echo
B1 – Reveal
B2 – Vanium

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top