AUN – Phantom Ghost

Pas de repli dans le côté obscur.

den109

7.5

10

Par David Robert
Publié le 19 février 2012 | 23:10

On s’était promis de ne pas faire trop d’aller-retours vers 2011, le cap du décompte final ayant déjà été franchi plus que largement et ses cotillons festifs ayant été largement balayés. Mais il semblerait que ce soit définitivement loupé ; et pour le coup, ce n’est même pas une galette dont la sortie tourne autour de la fête chrétienne sponsorisée coca-cola, mais carrément une qui aurait du être glissée dans notre beau cartable power-rangers lors de la rentrée scolaire.
Quitte à être en retard, autant le faire comme il faut. En même temps, on s’en serait un peu voulu d’écouter ce “Phantom Ghost du duo québécois AUN sorti sur l’excellent label Denovali et de ne rien en faire sur le papier word-pressé.

La pochette, le titre et la tracklist sont assez révélateurs de l’ambiance de ce neuvième album. Un bref coup d’oeil sur ces éléments et l’on sait pertinemment qu’on ne va pas forcément se fendre la poire façon kermesse pendant quarante-cinq minutes.
Dès les premières minutes, un fort pouvoir hypnotique se fait sentir. Les chants féminins mystiques y sont pour beaucoup. S’il semblerait que l’intention de ces êtres ne soit pas ici malveillante, à l’image de ceux des sirènes envers les marins en mythologie, le sens de discernement de l’auditeur s’en trouve quand même largement affaibli. Le flou qui se dégage de la cover enveloppe chaque titre comme une brume opaque, tandis que grésillements, drones et effets shoegaze font l’honneur de dématérialiser tout ce qui touche au concret.
Ainsi, la bâtisse de “Phantom Ghost” semble flotter à quelque centimètres au dessus du sol comme un nuage de fumée au fond d’une forêt moyennement accueillante. Difficile dans ses conditions de ne pas venir se perdre totalement dans les méandres de la musique de AUN.

Nébuleux par bien des aspects, cet album n’est pourtant pas opaque. Certes la lumière n’est pas conviée avec entrain à se mêler à cette fête grave et spirituelle, mais quelques rayons permettent à l’oeuvre de ne pas sombrer dans la noirceur totale, et de ne pas transformer ce qui s’avère ici être un recueil introspectif un brin occulte en véritable cérémonie dédiée à la vénération de Samaël. Pas de repli dans le côté obscur donc, les esprits ne sont pas malintentionnés. Bien que très léger, un espace est quand même laissé à l’espoir, venant se manifester au détour du superbe “Travellers” ou du très n5MD-iesque “Ghost”.

 


Tracklist :

01 – Phantom
02 – Out of Mind
03 – Travellers
04 – Nineteen Eighty-Four
05 – Orga II
06 – Light Years
07 – Ghost
08 – Berlin

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