Baths – Pop Music / False B-Sides (LP)

Baths se met (une nouvelle fois) à nu, et dieu que cela n’a pas l’air joyeux d’être lui.

Baths

8.0

10

Par David Robert
Publié le 14 mars 2011 | 23:23

Bien qu’actif depuis 2007 avec les projets [Post-foetus] et Geotic, c’est l’année 2010 qui sera celle de la reconnaissance pour Will Wiesenfeld sous le pseudonyme Baths. Une arrivée sur le devant de la scène façon raz-de-marée, l’américain offrant avec “Celurean” (son premier album sous ce nom) un hip-hop atomiquement chaleureux et émotif aux rythmiques fissurées de glitchs, et dont la fraicheur (et non pas le manque de fraicheur, à l’inverse d’une dramatique actualité japonaise) affole une bonne partie de la presse. C’est dans le cadre de sa tournée mondiale, qu’il vend le 2 février dernier son deuxième album : une initiative ‘self released’, composée de 13 titres en majorités exclusifs, visant à remercier les personnes ayant fait l’effort de venir aux représentations live.

Certaines personnes ont pu reprocher un côté émotionnel trop pesant sur le premier ouvrage : qu’ils passent alors leur chemin ; “Pop Music / False B-Sides” est encore une galette à fleur de peau, et ce, dès les premières secondes du morceau d’ouverture  “Pop Music” (Pop dans le sens originel du terme, n’y voyez ici et dans le nom de l’album en rien une allusion à la scène ordurière MTV). Largement aussi enclin à exprimer la mélancolie de l’homme que le reste des instrumentations, la voix de Will Wiesenfeld est encore une fois présente sur une bonne partie des morceaux. Mais, et le second titre vous en convaincra assez rapidement, les morceaux uniquement instrumentaux n’en sont pas moins chargés en émotions.

Titre après titre Baths se met (une nouvelle fois) à nu, et dieu que cela n’a pas l’air joyeux d’être lui. Comment tant de mélancolie peut sortir d’un seul homme ? Une question qui entraine d’autres points d’interrogations : Comment peut-on être altruiste au point d’absorber à ce point le malheur de son prochain ? Comment peut-on être humaniste au point ensuite de dévoiler avec une sincérité absolue ses sentiments les plus profonds ? Enfin, et surtout, comment l’expression de la tristesse peut-elle être si majestueuse ? Ambivalence des sentiments, jouissance absolue d’un coeur brisé, “Iniuria Palace” se veut l’apogée de l’album. Il sera alors difficile de se relever, ce coup de poignard, aussi somptueux soit-il, parviendrait à mettre au sol le plus stoïque des soldats de plomb. In extremis avant la clôture de l’album, c’est le fantastique “Damnation”, soulevant un océan d’espoir, qui nous en donnera la force. Merci.

Tracklist :

01. Pop Song
02. Overseas
03. Nordic Laurel
04. Tourian Courtship
05. Somerset
06. Seaside Town
07. Tatami
08. Flux
09. Stupor
10. Iniuria Palace
11. Lovesick Synthetic
12. The Vapors
13. Damnation

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    5 Comments

    1. Johan 15 mars 2011 at 12:44

      C’est marrant je venais de découvrir Barths hier avec l’album Cerulean. Et paf, vous nous pondez une chronique qui donne bien envie d’écouter le dernier. Super timing !

      Mais punaise, qu’un bon graphiste se dévoue pour les pochettes de disque. Faut faire honneur au son quoi !

    2. epohi 16 mars 2011 at 7:15

      superbe découverte.
      pour la pochette c’est vrai qu’il y a un gros manque de compo quand même -_-’

    3. Max 16 mars 2011 at 10:53

      Ce groupe est totalement magique. La composition est spéciale mais très fine, rien a dire.
      Maximalist de Baths est absolument divine ;]

    4. toad 19 mars 2011 at 10:41

      bel article de ma part de quelqu’un qui semble etre particulierement sensible a cet artiste.

    5. Djouwl 4 avril 2011 at 5:45

      L’album est incroyable, du génie à l’état pur ! Le suivant depuis ses débuts, je suis bien heureux de le voir recevoir d’aussi bonnes critiques !

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