Beastie Respond – Information City

Après plusieurs années de discrétion, Beastie Respond fait son retour avec un album conceptuel et réussi aux influences multiples chez Foul-Up.

8.3

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 7 septembre 2017 | 15:38
DOWN4 Artwork 1 Front

Après des débuts réservés, Beastie Respond a fait en 2013 une entrée remarquée sur les scènes 160 et 170 BPM avec un premier album, et surtout avec « One More Second », qui s’affirmait comme l’un des meilleurs titres de l’excellente compilation Mosaic Vol. 2 d’Exit Records. L’artiste danois est depuis resté discret, se contentant d’un unique EP paru chez Circle Vision l’an dernier. L’écoute d’Information City, nouvel album du producteur pour Foul-Up, justifie cette attente : Beastie Respond a mis à profit ces années pour laisser mûrir son style. Fruit d’un travail de près de trois ans, Information City puise simultanément dans des styles multiples afin de mettre en scène une société dans laquelle la prolifération d’informations en tous types finit par n’engendrer que confusion et perte de sens. Un projet porté par son titre, qui trouve toute sa place sur Foul-Up, label plaçant l’erreur et l’imprévu au cœur de sa démarche artistique. En résulte un album ludique mais difficile, en permanence sujet à des virages radicaux. Dès l’introduction, « Real Without Origin » laisse ses beats footwork déferler sur l’auditeur, avant de les retenir quand éclatent ses pads évoquant le UK Hardcore ou la jungle. Alors qu’avec le très beau « He Used His Bench Lathe to Form His Wooden Sculpture », Beastie Respond se départit de toute percussion pour laisser ses synthés s’exprimer avec patience, ces derniers se font, immédiatement après, frénétiques sur l’irrépressible morceau éponyme. Le final de l’album, particulièrement réussi, fait s’entrechoquer de mornes sonorités quasi-post punk 1980s et des envolées rave euphoriques sur « A Good Wisdom ». Cette influence rave est pleinement réifiée par le marquant « Downloaded 4 R. D4Wkins », avant un retour vers une fusion plus classique sur « The Truth Hides The Fact That There Is None ». Aidé par la durée relativement courte de ses titres, Information City réalise ainsi parfaitement le projet de son auteur, en nous offrant une plongée dans un univers surchargé d’informations sonores, sorte de reflet musical de la société dans laquelle évoluent son géniteur comme ses auditeurs.

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top