Beatrice Dillon & Call Super – Inkjet / Fluo

Hessle Audio nous rappelle sa position dominante par un EP délicat et intime signé Beatrice Dillon & Call Super.

Call Super & Beatrice Dillon - Inkjet_Fluo

9.2

10

Par Julien Smith
Publié le 23 septembre 2017 | 16:06

On n’avait pas fini d’écouter en boucle leur dernier EP qu’Hessle Audio revient à la charge avec Inkjet / Fluo, collaboration entre Call Super et Beatrice Dillon. Alors qu’on ne présente plus le premier, la deuxième est une artiste plus discrète mais à la discographie impeccable (avec notamment des passages sur The Trilogy Tapes), et à la production millimétrée. Le résultat : un EP profond, intime et léger à la fois.

« Inkjet » annonce la couleur dès le début, avec un beat irrégulier, très groovy, hanté par des bruissements inquiétants, et bientôt rejoint par une hat particulièrement expressive. La mélodie est percussive et discrète mais donne du répondant à la ligne de basses. Les percussions minimalistes et travaillées s’ajoutent les unes après les autres, l’espace sonore se complexifie, mais l’équilibre se maintient et l’énergie se conserve, tandis que les bruissements se font de plus en plus insistants. Après chaque break peuplé d’inquiétantes nappes sonores, le beat imperturbable nous reprend par la main, ce qui fait d’« Inkjet » un morceau tranquille, groovy, bourré d’énergie, mais aussi étange et effrayant, semblable à une danse insouciante accompagnée de démons qui guettent du fond de l’espace sonore.

C’est après ce périple qu’arrive « Fluo », merveille de délicatesse et de nostalgie. Ses accords doux et tendres sont mis en mouvement par un rythme minimal, jusqu’à une note tenue qui tend l’atmosphère. La mélodie se délie, et les accords reviennent envelopper l’auditeur, tandis que le beat minuscule mais impassible reste à ses côtés. Contrairement à la face A, « Fluo » s’organise en trois parties unies mais identifiables : après une nouvelle note tenue, le beat devient résolument techno, tout en restant parsemé de percussions et de bruissements divers. Une clochette s’ajoute et apporte un swing très appréciable, puis vient le solo. En effet, alors que le beat s’est effacé, la clarinette revient sur le devant de la scène et réalise une mélodie envolée et expressive, terminée par des cris qui poussent l’instrument jusqu’à ses limites. Le morceau se termine alors naturellement par un retour au beat 4/4, marqué par les allées et venues d’éléments rythmiques qui apportent du relief, débouchant sur quelques notes de basse.

Call Super et Beatrice Dillon réalisent donc ici une oeuvre intense mais douce, influencée par la minimale mais à l’écart des genres, et mettent la barre très haut pour qui voudra les suivre dans leurs explorations musicales. On ne peut que ronger son frein en attendant la prochaine sortie (deux semaines !) estampillée Hessle Audio, qui marquera le retour au bercail de Joe.

Tracklist :

01. Inkjet
02. Fluo

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