Bersarin Quartett – III

Le vent se lève et Bersarin Quartett redevient mortel pour nous proposer son troisième album.

BersarinQuartett_III

7.8

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 1 décembre 2015 | 21:31

Les étoiles : voilà ce que nous avions atteint à l’écoute du deuxième long format de Bersarin Quartett sorti il y a plus de trois ans. Un sentiment irascible de plénitude et d’émerveillement qui prenait à la gorge et qui provoquait des frissons dans la nuque.
Vous imagez bien donc que c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on a accueilli ce nouvel album, sobrement intitulé “III”. Et si l’unique homme derrière Bersarin Quartett n’a depuis pas quitté son style qui lui permet de faire et défaire nos rêves, c’est néanmoins avec quelques regrets que l’on a clôt ledit album. Explications.

 

Si les ambiances cinématiques, orchestres numériques et autres atouts de Bersarin Quartett sont ici bien présents et nous offrent leurs lots de bourrasques soniques, tantôt légères, tantôt plus intenses, ce nouvel opus souffre d’une comparaison avec son prédécesseur. Sur “II » en effet, le lyrisme était appuyé par une grande diversité de morceaux, qui, tissés entre eux, offraient un ensemble aux ambiances vastes et composites, mais aussi parfaitement complémentaires. L’oppressant “Rot und schwarz” venait par exemple faire face à “Keine Angst”, morceau de piano d’une grande mélancolie.

Sur ce “III”, le tableau que nous sert Bersarin Quartett est plus homogène, et donc quelque part moins nuancé. C’est une certaine forme de vigueur, d’élan dramatique qui se retrouve alors partiellement affaibli. Le chemin est donc moins escarpé et plus serein; il est dans le même temps moins impressionnant. Si les nappes, plus dociles, ravissent à l’image de “Nächte sind erfüllt von Maskenfesten”, ou encore “Es ist alles schon gesagt”, elles bouleversent moins rarement que sur “II« .

Cependant, des coups d’éclats parsèment cette odyssée plus calme et contemplative. Le deuxième morceau « Staub und Sterne” explore une nouvelle facette de l’artiste, qui se rapproche de l’IDM de Stendeck avec des lignes qui vibrent à une douce fréquence et une voix angélique à la Hecq en arrière-plan.
Les vingt dernières minutes de l’album sont également d’une pure beauté. C’est notamment ici qu’on retrouve l’homme qu’on avait laissé en 2012, celui capable de libérer magie et frissons. La solennité de “Schwarzer Regen fällt” en fera par exemple pâlir plus d’un avec ces percussions épiques. Enfin, ne pas mentionner la beauté cinglante de “Jeder Gedanke umsonst gedacht serait un crime honteux, tant il vient offrir tout ce qu’on attend de l’artiste.

 

Si notre avis est ici en demi teinte, c’est parce qu’il est difficile d’exiger autre chose que l’excellence de la part de Bersarin Quartett. Ce nouvel opus, ne viendra donc pas encore remplacer son immense prédécesseur. Mais il est la preuve d’une évolution de l’artiste, et, au demeurant, un magnifique album qui se place au dessus du lot en matière de neo-classique.

 

Tracklist :

1) Verflossen Ist Das Gold Der Tage
2) Staub Und Sterne
3) Hinter Uns Die Wirklichkeit
4) Bedingungslos
5) Die NÄchte Sind ErfÜllt Von Maskenfesten
6) Umschlungen Von Milliarden
7) Sanft Verblassen Die Geschichten
8) Es Ist Alles Schon Gesagt
9) Schwarzer Regen FÄllt
10) Jeder Gedanke Umsonst Gedacht
11) Welche Welt
12) Ist Es Das, Was Du Willst

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