Black Sun Empire – Lights And Wires

Musique indélébile.

4058_2

7.2

10

Par David Robert
Publié le 16 février 2011 | 19:57

Indélébile. C’est l’adjectif qui caractériserait le mieux le trio hollandais Black Sun Empire, ou plutôt l’empreinte qu’ils laissent et qu’ils continuent d’appliquer dans la drum’n’bass. Naviguant entre deep, neurofunk et techstep, ces créateurs d’ambiances explosives avaient quelque peu intrigué de par leur très discrète production ces derniers temps. La sortie de “Lights And Wires produisit donc un sursaut d’excitation avec ses 16 morceaux, dont 8 furent fièrement annoncés comme la continuité de leurs productions dubstep.

En donnant le coup d’envoi du LP, The 405 nous plonge très rapidement dans un bad trip nauséeux où les cauchemars du trio voguent sur des nappes synthétiques difficiles à appréhender dès la première écoute. Á peine après avoir fini une mise en bouche révélatrice de l’ambiance générale de l’album, on sent le rythme s’accélérer sur Chaingang, faisant s’envoler un beat sec et dévastateur au moyen de montées technoïdes rarement entendues sur les précédentes productions de BSE.
L’excitation et le tempo retombent sur la courte mais néanmoins incroyablement sensuelle Fuzzball, jusqu’à ce que ses percussions finales nous projettent une trentaine de secondes dans une sphère aux sonorités quasi post-rock. Les synthés acid signant ensuite la collaboration du hongrois Jade sur Deadhouse – dont deux productions parues dans Endangered Species furent témoins de sa griffe talentueuse – poussent des lignes rave se répercutant sans fin dans un horrifique et innommable chaos de basses fréquences. Les sombres échos se poursuivent et se pourchassent jusque dans les tréfonds de la marécageuse Black River Bay, marquant ainsi le deuxième interlude downtempo du périple dantesque.
On rentre alors dans le vif du sujet avec Extraction, du pur et simple Black Sun Empire avec lequel ils nous avaient déjà impressionnés pendant près de 15 ans. Efficace. Le sombre martèlement continue avec Brommer, envoûtante telle une potion vaudou ingurgitée dans une hutte improbable chauffée d’un grand tas de braises lancinantes. Les samples vocaux mouillés et familiers aux usagers des hollandais démarrant Transmission annoncent directement l’absence de couleur de ce morceau criant le neurofunk comme jamais. Le cri se poursuit dans un carnage aux wobbles aiguisées nommé Wasteland, co-signé par l’américain récemment assoiffé de dubstep SPL.
Et soudain, comme si le dubstep était une vaste blague, Inpeak explose, laissant derrière elle fémurs et crânes nécessaires à la confection de ses snares. L’onde de choc se promène ensuite doucement sur les basses granuleuses de Spork offrant au voyageur quelques secondes de repos bien méritées, jusqu’à ce que le beat roulant de Kempi signé Nymfo (à qui fut décerné le prix de meilleur dj drum’n’bass hollandais en 2005 et en 2007) rappelle la cruauté du champ de bataille sur lequel on s’est engagés. Dirty Friday continue de marteler, longuement cette fois, nos pauvres tympans déjà bien éprouvés.
Quelques longueurs pourront être ressenties sur ce dubstep déjà plus classique dans sa structure, avant d’essuyer un revers techstep plus que déconcertant et délibérément sale avec les grinçants synthétiseurs de Fever. Mindslide marque ensuite avec ses percussions complexes et ses signaux lumineux essayant de se frayer un chemin à travers un brouillard compact de basses fréquences la fin de l’expérimentation dubstep du trio pour cet album et fera taire les quelques trolls blâmant le groupe d’avoir prit goût à ce genre en pleine mutation.

La grande finale laissée aux bons soins de la trancy et colossalement explosive Eraser termine cet album en laissant un goût de grandiose satisfaction en bouche. Effectivement, le trio n’a pas chômé durant son hibernation en studio et s’ouvre des perspectives radieuses avec les lignes de basses effrayantes de la moitié dubstep de l’album qui ne grondent qu’une seule chose : ils n’ont plus rien à prouver dans ce domaine. Suite à quelques EP signés sur leur sous-label Shadows Of The Empire, l’envie de se diversifier après de longues années de productions effrénées s’est transformée en véritable démonstration de maitrise et de talent.

« il y eu un grand tremblement de terre,

le soleil devint noir comme une étoffe de crin,

la lune entière devint comme du sang »

Jean, Apocalypse 6 :12


Article écrit par Charlie Mairlot

Tracklist :

01. The 405
02. Chaingang
04. Deadhouse (Ft. Jade)
05. Black River Bay
06. Extraction
07. Brommer
08. Transmission
09. Wasteland (Ft. SPL)
10. Inpeak
11. Spork
12. Kempi (Ft. Nymfo)
13. Dirty Friday
14. Fever
15. Mindslide

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    2 Comments

    1. Ataure 18 février 2011 at 7:51

      Article au top et album au top, parfait !

    2. Skuaad 20 février 2011 at 8:51

      Wow … de l’or en son.

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