Burial – Kindred

Les mots manquent.

kindred-1

8.7

10

Par David Robert
Publié le 15 février 2012 | 17:14

Nous sommes en 2006. Le dubstep n’a pas encore atteint son apogée médiatique, et ses lettres de noblesse ne sont pas encore toutes tombées sous les salves meurtrières du filthy. Mais certains artistes vont déjà à contre-sens. Parmi ceux-là un homme va faire office de véritable chef de file.
Timide, anonyme, encapuchoné jusqu’au bout du nez, Burial n’avait pourtant pas grand chose d’un leader. Qui aurait pu croire qu’un homme aussi modeste, replié sur lui même allait soulever à lui seul toute une scène et la retourner comme une vulgaire crêpe ? Sûrement pas lui. Pourtant, lui qui ne pensait même pas posséder les épaules pour apparaitre au grand jour et assumer sa musique porte aujourd’hui sur son dos l’attention de tout les médias, chaque sortie étant attendue comme la parole d’un prophète.
Ce nouvel EP n’a pas fait exception. L’annonce il y a une grosse poignée de semaines a été suivie par une belle ébullition de la presse, fouinant dans tout les recoins de la toile des internets pour glaner la moindre petite info, tracklist, extrait ou cover.
Clap de fin d’une attente hyperactive, Hyperdub a enfin mis sur le marché le Burial nouveau, répondant au nom de “Kindred”.
Et ensuite ?

Les percussions sont toujours façonnées dans du bois sec, et structurées 2-step. Les spectres virevoltent avec grâce au sein de cette architecture rythmique. Ils livrent leurs habituelles complaintes R&B posthumes, fuyantes et déchirantes pour les simples humains que nous sommes. De superbes nappes zèbrent chaque titre. Son monde est toujours jouissivement sombre, empli d’une grande mélancolie et porteur d’un lourd fardeau sentimental. Car c’est bien au coeur et non à la raison qu’il s’adresse.
Les trois morceaux sont donc empreints à n’en point douter de la patte du londonien. Et bon dieu que c’est bon. Mais pourtant, on ne pourra se ranger du côté de ceux qui émettent comme bémol un véritable sur-place stylistique.
En étant moins timide dans ses mélodies à l’image de l’arpeggio de “Loner”, moins timoré quant il s’agit d’imposer une basse lourde et granuleuse limite wooble sur le morceau éponyme, moins gêné pour impulser sans l’appui de Four Tet une rythmique 4*4 et une ambiance à la frontière des clubs, William Bevan semble se défaire lentement de sa capuche.

Il suffit de comparer ce “Kindred” et son premier album éponyme pour comprendre que la musique de l’homme ne se mort pas la queue. Loin d’avoir les chevilles hypertrophiées et le melon de la taille d’une pastèque, une assurance nouvelle est de mise. Difficile dans ce cas là de tarir d’éloges, la qualité de cet EP n’ayant d’égal que l’attente avec laquelle il a été attendu. Les mots en manqueraient presque.
Alors, objectivement, Burial, on t’aime.

Tracklist :

1. Kindred
2. Loner
3. Ashtray Warp

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