Carl Craig – Just Another Day

Si la perfection musicale n’existe pas, il faut avouer que les 4 titres qui constituent Just Another Day s’en approchent plus que dangereusement.

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8.8

10

Par David Robert
Publié le 20 novembre 2011 | 22:31

Pour certains, Detroit n’évoque qu’une ville austère que la crise à touché de plein fouet. Pour d’autres, la onzième ville la plus peuplée des Etats-Unis est bien plus que ça. Cet amoncellement d’asphalte et de métal cache plus ou moins bien à la fin des années 80 un des points de genèse dans les musiques électroniques les plus marquants du 20ème siècle. Kevin Saunderson, Juan Atkins, Derrick May et consorts pour la première vague, Jeff Mills, Mad Mike Banks, Robert Hood ou encore Carl Craig pour la seconde (etc), constituent aujourd’hui une partie des références ultimes en matière de techno.

C’est en 2004 et sur son propre label Planet E que ce dernier sort le maxi “Just Another Day”. Et si la perfection musicale n’existe pas, il faut avouer que les 4 titres qui le constitue s’en approchent plus que dangereusement.
Alors forcément, quand une re-release est d’actualité (14 octobre), s’y jeter corps et âme apparait comme inévitable, que ce soit pour l’électronica feutrée de “Twilight” par ses nappes stellaires et son sublime clavier qui ferait rêver le plus plombé des soldats, le sinistre “Darkness” et ses machines désabusées, la techno club infiltrée d’une incroyable mélancolie de “Sandstorms” ou les triturations sonores organiques et oppressantes au possible de “Experimendia”. Et comme si ce n’était pas assez, un coup de neuf est même passé à “Sandstorms” en guise de bonus. Voilà qui est presque trop pour les simples humains que nous sommes. Presque.

« Detroit, ville en déshérence. La cité trouée, gangrénée, et sublime.
Ville symbole du rêve américain défait par la crise, de l’industrialisation arrogante ravagée par la course du monde, le monde qui va toujours beaucoup plus vite que nous. Dans cette ville sauvage et désertée, il y a pourtant ceux qui ne veulent pas partir, ceux qui y croient encore, ceux qui voient encore la beauté, la beauté c’est-à-dire ce que l’on pourrait faire de tout ça, tout ça qui est sauvable – il y a tant à faire sur des ruines, pas seulement tout recommencer, tout refonder, mais retrouver les traces, recycler les vestiges et les matériaux, continuer l’histoire.
Il y a ceux qui disent je reste, j’aime cette ville parce que c’est mon temps, parce que c’est mon lieu. Il y a ceux qui ne veulent gâcher ni leur vie ni leur ville, qui veulent se récupérer et récupérer les déchets, les gravats, les rebuts, qui veulent habiter à nouveau, portés par le
beat entêtant et furieux de l’électro, musique inventée à Detroit, musique du béton et de l’industrie, musique qui pulse encore quand tout est mort. »

Joy Sorman

 

Tracklist :

01. Twilight
02. Darkness
03. Sandstorms
04. Experimento
05. Sandstorms (C2 2011 Version)

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