Caski – EMF004

Un EP aux allures de classique perdu dans le temps, s’élevant au niveau des légendes du UK Garage.

a1300443880_10

8.3

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 14 mars 2014 | 14:52

Peu d’artistes peuvent se targuer d’avoir pour première release un split avec le maître El-B ressuscitant pour la même occasion son légendaire label Ghost. A dire vrai, seul Caski peut se vanter d’une telle performance. Bien loin de flamber, l’Anglais, originaire de Bristol, a pourtant depuis respecté un scrupuleux silence discographique, comme pour mieux s’effacer dans la mythologie UK Garage.
Cela, jusqu’à ce début d’année ; rompant le mutisme, la machine s’est emballée : le nom de Caski revient sur le devant de la scène, accolé à une poignée de titres joués par des acteurs majeurs, de Blackdown à Akkord ou Mumdance. Morceaux soigneusement regroupés au sein d’un unique EP, première offrande solo de l’artiste.

 

Autant le dire tout de suite : Caski a tout compris. Dès les premiers rugissements de « Rare Groove », la co-optation d’El-B s’éclaire à mesure que le titre nous plonge dans la pénombre. Groove d’outre-tombe, wobbles occultes et rythmiques shuffle en pivot permanent se chevauchent pour donner à ce premier titre des allures de classique perdu dans le temps. La profondeur sismique du titre se fait sentir dès ses premières oscillations. Celles-ci ne cesseront qu’au terme du maxi.
De fait, « Dancehall » maintient un même niveau d’exigence, refusant toute compromission : l’auditeur navigue sous le diktat de kicks ténébreux, présageant d’une menace qui restera de l’ordre de l’invisible. Violemment percussif, le titre laisse ainsi attendre de nouveaux éléments qui ne surgiront jamais, nous laissant comprendre que ces breakbeats suffisent à préserver la tension.

Dès ses premières irruptions rythmiques, « Elephant Tribe » marque l’aboutissement de ce parcours : à un rythme effréné, la tourmente s’abat, au gré de percussions circulaires et de voix sombres répétées pour mieux imprégner votre inconscient. Le reste est relégué au second plan : si l’on finit par distinguer d’autres fragments de beats et un souffle suggérant un semblant de mélodie, ceux-ci s’effacent poliment face à la toute-puissance d’un deuxième drop coupant court à toute respiration.
Sommet définitif de l’EP, « Elephant Tribe » nous laisse sous le choc : Troy Gunner en profite pour nous renverser une dernière fois avec un remix halfstep du titre ne touchant pas aux mêmes hauteurs, mais fermant l’ensemble avec talent. Plutôt que de chercher à se mesurer à l’original, l’Anglais le détourne en visant la profondeur : le rythme est minutieusement déconstruit autour d’une nouvelle vibration de basse, donnant un nouveau caractère au titre.

 

Force est de s’incliner devant le talent de Caski : s’il est trop tôt pour s’avancer sur la portée future de cette quatrième référence Electro Magnetic Fields, le jeune producteur semble déjà s’élever près de ses illustres aînés, mettant fin à son hiatus discographique avec la manière. Espérons une suite du même acabit.

 

Tracklist :

01. Rare Groove
02. Dancehall
03. Elephant Tribe
04. Elephant Tribe (Troy Gunner Remix)

Vous aimerez surement


    Fatal error: Uncaught Exception: 12: REST API is deprecated for versions v2.1 and higher (12) thrown in /home/seeksick/www/wp-content/plugins/seo-facebook-comments/facebook/base_facebook.php on line 1273