Cassegrain – Centres of distraction

Cassegrain fournit un album cohérent, lequel dessine un espace onirique fracturé.

Cassegrain - Centres of distraction

7.0

10

Par Simon Fabre
Publié le 21 novembre 2014 | 11:41

Le duo basé, à Berlin, est le fruit d’une rencontre à l’occasion de la Redbull Music Academy à Barcelone. C’est ainsi qu’Alex Tsiridis et Hüseyin Evirgen formèrent Cassegrain une entité bicéphale qui ajoutera une pierre à l’édifice de la musique électronique (vous pouvez lire l’interview ici). Ils nous soumettent désormais un premier album déconcertant : Centres of Distraction. Membres actifs de l’écurie Prologue (sur lequel ils ont sorti récemment l’EP « Blood distributed as pure colour » et un remix sur les « Lustrations » de Mike Parker) il semble logique que cet album soit réalisé sur ledit label.
Le LP est distribué en 10 tracks, dans lesquelles on peut distinguer deux axes majeurs : la techno et l’électronica se succèdant tout au long de ce «  Centres of Distraction ».

 

L’ouverture du bal est réservée à la techno, avec « study of splashes », véritable track club aux sonorités électriques envoutantes. Mais si le ton est donné à travers une amorce solide, « Resilin » constitue en suivant un revirement immédiat par sa tendance electronica : y coexistent une mélodie urbaine et certaine et des beats qui viennent créer une cassure, fondant la contradiction majeure de la track et soulignant son caractère expérimental. L’album se poursuit avec « Centres », track partiellement éponyme qui se caractérise par ses lignes parfaites, parallèles, une répétition de cliquetis, et des percussions inesthétiques.

On ressent bien au travers l’écoute de l’album la large place faite aux entités monolithiques, véritables blocs de techno, tel « Intimide Restrain » qui nous fait profiter d’un univers résolument puissant, ou encore « Scythian » qui met en relief ses vibrations grouillantes et irrépressibles. On ne peut non plus ignorer la consécration des sonorités métalliques, présentes dans l’air du temps, que Cassegrain distille sensiblement dans son « Arcane » par exemple.

Même s’il connaissait déjà une approche consistante, l’aspect expérimental de la musique de Cassegrain n’avait jamais eu autant d’ampleur que dans « Centres of distraction ». En témoignent, entre autres, « Empress Cut in Segment », dans lequel le violoncelliste Nikos Veliatis apporte son aide à notre duo par ses cordes qui s’affirment de façon croissante, au point de parvenir à constituer un vacarme splendide.
« Glasshouse » concrétise quant à elle un espace abstrait, une forme expansible, qui n’a pas de volume propre. On trouve également une track hybride, « New Hexagon », équidistante de la techno et de l’électronica, qui frappe par son apport tribal, tributaire des musiques africaines qui se font substantiellement ressentir à travers des percussions quasi enthéogènes. Les cloches, omniprésentes dans « Seldom Cloud » sonnent le glas de cet album, dans une atmosphère floue, à la frontière du bruitisme initié par Lou Reed.

 

Cette première réalisation sur long format de Cassegrain invite tantôt à la réflexion sur les sonorités industrielles qui emplissent les espaces humains, vidées de sens, tantôt à l’affirmation d’une musique puissante, hypnotisante, et mécanique.

 

 

 

Tracklist :

01. A Study of Splashes
02. Resilin
03. Centres
04. Intrude – Restrain
05. New Hexagon
06. Glasshouse
07. Scythian
08. Empress Cut In Segments feat. Nikos Veliotis
09. Arcane
10. Seldom Cloud

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