Chams – Lettre d’Amort

Chams nous offre un disque intense à haut potentiel romantique en guise d’inauguration au label Abîme.

0657968003514

8.8

10

Label

Genre

Par Thomas Renauld
Publié le 7 octobre 2017 | 14:15

« Imagine notre monde tel un seul être vivant. Tout se meurt en lui, tout se crée à chaque instant ». Si comme nous, vous vous sentez parfois pousser l’âme d’un romantique, ces quelques premiers mots issus de « Tous Seul », morceau inaugural du dernier EP de Chams en date, suffiront à vous convaincre d’en poursuivre l’écoute. Première mouture du néo-label Abîme initié par Chams et Ytem, ce disque avait commencé à cristalliser les attentes alors que certains morceaux étaient présentés en avant-première. Au programme de ce disque génésiaque, romantisme donc, mais aussi poésie et omniprésence de l’art de la mélodie.

 

Si ces vers présentés en début de chronique semblent résumer parfaitement la sensibilité de l’artiste, ils témoignent pourtant avec peine de la richesse de production et du fourmillement d’idées présentés dans ce disque émotionnel et abouti, aux atours mélodieux. Durant six titres, Chams semble naviguer au gré d’émotions fortes et brutes en usant de contrastes chargés de sens, quels que soient les éléments travaillés. Ainsi, au delà du titre oxymorique de l’EP,  les quelques mots disséminés par Chams dans l’antre de ce disque s’enroulent parfaitement autour des rythmiques, diffuses et déstructurées. Dans le même ordre d’idées, la syntaxe rythmique établie s’écroulant sur des champs mélodiques glaciaux,  sur les deux dernières pistes « Finale » et « Abimaibeau » constitue un des moments forts de la découverte du disque. Au moment où il semblait prendre une direction unique, Lettre d’Amort surprend encore. Malgré cette froideur apparente, ce sont plutôt des intentions d’humanisme et de chaleur qui semblent se dégager de cette oeuvre orfévrée. Une histoire de paradoxes donc, à l’image des symboles évoqués à travers ce disque.

Jamais bien loin de la grandiloquence, Chams parvient malgré tout à offrir juste assez de douceur pour nous emmener dans des contrées parfois charmantes, souvent effrayantes. En effet, ce disque aux allures gargantuesques paraît dépeindre un univers aux contours si bien définis qu’il intimide l’auditeur. Les nombreuses mélodies n’opèrent pas dans le domaine de l’aseptisé et c’est bien là que se trouve l’intérêt principal de Lettre d’Amort : même dans les moments les plus cristallins – on pense aux outros du morceau éponyme et de « Tous Seul », rêveurs au possible, qui en charmeront plus d’un –, l’acuité des sonorités proposées ébranle tympans et certitudes, pour notre plus grand plaisir.

 

Au terme de l’écoute de ce genre de disque, ce sont en définitive l’enivrement et l’émotion qui persistent, à tel point qu’il semble difficile de lui attribuer des défauts majeurs – cela ne serait d’ailleurs d’aucun intérêt, du fait de l’incroyable sensibilité de cet EP. Le temps se chargera ainsi de transcender la grandiloquence qui point subrepticement le bout du nez par moments, tandis que la qualité de production de ce disque continuera d’embrasser avec justesse la créativité débordante de Chams. On en redemande !

 

Tracklist :

01. Tous Seul
02. A Dieu
03. Ultraviolence
04. Lettre d’Amort
05. Finale
06. Abimaibeau

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