Chris Watson – In St Cuthbert’s Time

Musique de la Vie.

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8.3

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 20 juillet 2013 | 10:38

There is a pleasure in the pathless woods,
There is a rapture on the lonely shore,
There is society, where none intrudes,
By the deep sea, and music in its roar:
I love not man the less, but Nature more,
From these our interviews, in which I steal
From all I may be, or have been before,
To mingle with the Universe, and feel
What I can ne’er express, yet cannot all conceal.

Lord Byron, There is a pleasure in the pathless woods

La genèse de cet album débute à la fin du 7e siècle, lorsque St. Cuthbert ou Cuthbert de Lindsfarme, commença l’écriture des Evangiles de Lindisfarme, reclus sur Holy Island situé au Nord-Est de l’Angleterre. Considérées comme un joyau de la religion catholique mêlée au folklore celte, ces écritures Saintes furent par la suite reprises par l’évêque Eadrith qui termina de rassembler les quatre évangiles du Nouveau Testament en l’honneur de son prédécesseur.
C’est donc sur cette trame de fond, gorgée de mythes et  de traditions médiévales qu’est enregistré In St Cuthbert Time, dernier long format de Chris Watson. Ce preneur de son, ou musicien pour les plus audacieux cherche depuis une quinzaine d’années à parcourir la Terre pour offrir à ces auditeurs des paysages sonores inédits mais aussi une certaine émotion palpable sur la plupart de ses enregistrements. Touch étant le label de prédilection de Chris Watson, il n’est donc pas surprenant de voir cet album pressé par celui-ci en un digipack (un CD et un petit livret décrivant la légende des Isles de Lindisfarme).

 

La scène prend donc place sur l’île où jadis le vieil ermite composait son livre avec la faune locale pour seul compagnon. D’ailleurs pas un son humain, pas un seul bruit parasite ne vient interférer durant l’écoute, provoquant par conséquent un certain isolement de l’auditeur.
Arraché de ses semblables, il vogue  seul aux côtés de ces oiseaux rares ne nichant que dans cette contrée reculée, et aujourd’hui protégée de l’homme. A l’inverse de Weather Report où le spectateur s’asphyxiait sous la terre et d’un El Train Fantasma imprégné de rouages mécaniques, In St Cuthbert Time rejoint les prises de Outside The Circle Of Fire, où seul le monde animal interagissant dans son milieu atteint les oreilles de l’auditeur avec pour ultime enjeux de revivre à l’identique ce qu’a entendu St Cuthbert durant la réalisation de son œuvre. L’auditeur baigne alors dans un calme quasi-mystique qui règne sur cette île déserte, à quelques pas de la plage, quelques mouettes ou goélands raillant au-dessus de nous.

Bercés par le chant des différents animaux marins, terrestres, et volants, l’auditeur s’insère dans cette harmonie ambiante que rien ni personne ne peut perturber. Une douce quiétude qui ne peut pourtant pas se transformer en sommeil végétatif tant l’espace sonore fascine par sa diversité. N’étant point ornithologues où spécialistes dans de telles disciplines, nous ne nous épancheront pas sur le nom de ces animaux créant dans cet espace leur propre musique. Nous ne pouvons pas non plus aller plus loin dans cette chronique car In St Curthbert Time est avant tout une expérience à vivre et peut-être alors prendrez-vous à votre tour la place de cet anachorète et vous délecterez vous de ce que peut vous offrir la nature.

 

Lorsque l’on mentionne Chris Watson, il est certain que les avis resteront partagés pour savoir si oui ou non l’on a affaire à de la musique électronique. C’est sans doute une musique singulière car les animaux en sont les principaux musiciens et chefs d’orchestres, et pourquoi pas électronique puisque ces techniques d’enregistrement font la part belle aux nouvelles technologies. Le doute persiste, mais nous, on en profite.
Cette escapade dans ces îles saintes où la placidité religieuse est masqué par la cacophonie provenant de la faune sauvage cherche ainsi à faire évoluer les perceptions que l’homme a de son environnement puisque le simple bruissement des feuilles d’arbres, ou le battement d’aile d’une mouche peut nous subjuguer si tant que l’on reste attentif et que l’on garde l’esprit ouvert. Allongez-vous alors et mettez-vous à écouter la musique de la Vie.

 

 

Tracklist :

01 – Winter
02 – Lechten
03 – Sumor
04 – Haefest

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