Christian Löffler – Young Alaska

Avec ce Young Alaska, Löffler ne bouscule pas ses codes mais ce mini-album a le mérite d’instiller un vent de fraîcheur envers et contre tout.

Christian Löffler - Young Alaska

8.0

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 5 juillet 2014 | 17:57

L’Alaska, par sa position géographique à l’entrée du cercle polaire et son climat atypique, évoque une terre de liberté où tout est encore possible. Aller vers ce lieu inconnu et donc source de fascination ne fait pas peur à Christian Löffler, comme en témoigne son « Young Alaska« . Co-fondateur du label Ki Records, ce jeune producteur allemand est déjà auteur de quelques EP publiés sur sa plateforme et surtout d’un album paru en 2012 : A Forest.
A la croisée des chemins entre house cristalline et techno mélodieuse, son LP était une délicatesse pour l’oreille, d’une classe et d’une émotion sans pareille. Young Alaska, son deuxième long format publié lui aussi sur Ki Records en avril dernier, marque une certaine continuité dans la carrière de Löffler. Une confirmation tout en retraçant son périple au sein du Pays du Soleil de Minuit.

 

“Young Alaska se révèle être ainsi un fidèle carnet de voyage pour l’auditeur qui n’aura aucun mal à se plonger dans des ambiances douces”

 

L’Alaska, est tout d’abord un paradoxe en soi. Petit bout de terre perdu entre le détroit de Béring et le Yukon, le soleil en hiver n’y fait qu’un bref passage, tandis qu’en été il ne quitte presque jamais son ciel. De là va naître un jeu d’ombre et de lumière, de chaleur et de fraicheur, pouvant être perçu sur tout l’album. En effet, la première caractéristique d’un tel compositeur est qu’il parvient à s’imprégner de son environnement extérieur pour le retranscrire dans son œuvre.
Young Alaska se révèle être ainsi un fidèle carnet de voyage pour l’auditeur qui n’aura aucun mal à se plonger dans des ambiances douces, proches du pacifique. « Notes » décrit ces forêts gelées qui recommencent à s’épanouir. La terre durcie par le givre est ainsi désormais à nouveau prête à devenir fertile. Les premières tombées de neiges ne sont plus que des lointains souvenirs, et Beirut dépeint ces dernières giboulées qui se fondent en torrents. Bientôt, la glace disparaîtra du paysage.

Certains qualifieront de bâtard ce registre qui est à mi-chemin entre la house et l’électronica, avec des enluminures de pop, notamment sur « All Comes » avec la voix de Gry. Mais si cet album s’avère être une réussite, c’est justement grâce au style unique de Löffler, qui certes pioche certains éléments musicaux (rythmiques, nappes…) dans la banque de sons d’autres compositeurs pour assembler, mais en tire néanmoins une mosaïque personnelle, haute en couleurs et en nuances.
On remarque ainsi des influences notables du côté de chez Dial Records (Pantha Du Prince, Lawrence) ou de Kompakt (DJ Koze, Robag Wruhme)… Le tout est du plus bel effet même si l’on ne peut s’empêcher d’effectuer la comparaison avec son précédent album, tant les méthodes de production sont restées sensiblement les mêmes.

 

Avec ce Young Alaska, Löffler ne bouscule pas les codes qu’il avait établi à maintes reprises lors de ces précédentes sorties. Mais ce mini-album a le mérite d’instiller un vent de fraîcheur bénéfique envers et contre tout. Ainsi, sous les craquements de la glace d’Alaska se cache une chaleur revigorante, et sous la jeunesse insouciante de l’allemand se trouve une maturité exceptionnelle. Des énergies toutes deux prêtes à se libérer. La Dernière Frontière vient d’être franchie, à lui de continuer à nous émerveiller.

 

 

Tracklist :

01. Young Alaska
02. Mt. Grace
03. Notes
04. Beirut
05. Roman
06. All Comes feat. Gry
07. Veiled Grey
08. Alpine Sketch

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