Elise Mélinand – Gray Hoodie

Eloge de la candeur.

MD225_300

7.9

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 5 avril 2014 | 14:46

Auteure compositrice, Elise Mélinand commence très tôt la musique au conservatoire, avant de s’abandonner à des compositions plus personnelles. A seulement 19 ans, elle débute les enregistrements de l’EP Voyage avec l’aide d’un autre musicien, Florian Frenzel, avec qui elle va nouer une étroite amitié. C’est justement à partir de cette amitié que germa Gray Hoodie, le premier album de la Française, devenue entre temps membre du groupe de Christina Vantzou. Paru en février sur n5MD, ce mini-album de 35 minutes semble pourtant s’amuser avec le temps.

 

Un vent de fraîcheur souffle sur ces dix petites scénettes. La voix légère d’Elise Mélinand a ce quelque chose de merveilleux et d’insoupçonné. Comme si elle avait le pouvoir de rendre possible l’impossible. La magie opère alors sans résistance : les doux fredonnements et susurrements entonnés dans une langue rappellent par bien des aspects le français et l’anglais, mais demeurent intentionnellement dans le flou pour mieux nous étourdir. Ils semblent appartenir à un autre univers et désarçonnent par leur pureté candide. « La pluie (la plus belle) » ou encore « Hymne Hybride » font ainsi rêver l’enfant qui sommeille en nous.

Sur son premier EP Elise avait choisi une ligne directrice plutôt folk, avec une forte présence de la guitare. Cependant, cet album a bien été signé sur n5MD, un label spécialisé dans l’IDM,  indiquant que le style instrumental a dû muer lors de ces derniers mois. Les pulsations syncopées font en effet leur apparition sur ce long format. Elles rappellent par leur côté incisif et léger les productions d’un autre français et adepte de l’IDM : Ocoeur. Rien de bien surprenant, dans la mesure où ce dernier a participé à l’élaboration de « Sur l’Océan », rêverie paradoxalement (évidemment) beatless où le piano déroule ses notes en forme de vagues rappelant ainsi le roulis et l’azur de l’océan.

Une certaine influence asiatique semble pourtant parcourir Gray Hoodie. A l’instar d’un origami, cette œuvre laisse entrevoir ses plis et déplis pour former tour à tour des silhouettes directement tirées de l’imagination de la française. Mais si les figures sont si bien maîtrisées, c’est que la forme est ingénieusement bien pensée avec une diversité instrumentale impressionnante. Des carillons insaisissables sur « Rue des Abbesses » à la trompette légère sur « Elliot », en passant par le violoncelle présent sur une grande partie de l’œuvre, tout y est pour aboutir à l’éclosion de cette entité polymorphe.

 

Difficile de déterminer le chemin parcouru par Elise Mélinand, mais une chose est certaine : ces nouvelles productions sont à mille lieues des anciennes. Les atmosphères électroniques d’un optimisme sans faille sont perchées quelque part dans cet univers empli de poésie et s’imposent à l’auditeur comme une évidence. Gray Hoodie devient ainsi rapidement une addiction pour les personnes envoûtés par cette simplicité désarmante. Une délicieuse sucrerie qui comblera de plaisir petits et grands. Cette comptine féérique devra à n’en pas douter se poursuivre ; en attendant, savourons ces hymnes à l’innocence de cette Wendy pas comme les autres et refermons ce chapitre de la même manière qu’il avait commencé. Car tout est bien qui finit bien.

Tracklist :

01. Indonesia Baby
02. Prélude en Louise
03. Rue des Abbesses
04. Eliot
05. Something for the Horns
06. Picture Book
07. Dried Leaves
08. La pluie (la plus belle)
09. Sur l’Océan
10. Hymne Hybride

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