Clark – Fantasm Planes

Clark prouve avec Fantasm Planes une maturité peut être encore plus grande que celle qu’il a cherché à atteindre depuis si longtemps.

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8.2

10

Label

Genre

Par Alexandre Aelov
Publié le 31 décembre 2012 | 20:52

Il y eut un malentendu au sujet d’Iradelphic. Il était délicat de reconnaître que, non, pour beaucoup, le dernier album de Clark ne concordait pas avec les déclarations enthousiastes et sincères du génie anglais qui avaient suivi cette sortie tant attendue. Il y décrivait cette dernière production comme une synthèse parfaite d’acoustique et d’électronique, l’album de la maturité, réalisant ainsi le doux rêve caressé depuis les incroyables perspectives posées dès Body Riddle en 2006. On ne pouvait ignorer une qualité de composition à la hauteur, un travail du son toujours aussi impressionnant, mais il manquait une stabilité de chaque track autant qu’une cohérence globale. On sortait de ce voyage sur sa faim, avec la vague impression d’avoir vu défiler un patchwork nostalgique et décousu. Il est temps de revenir sur ce malentendu.

Fort des explorations sonores qui suivirent immédiatement la production d’Iradelphic (on pense aux « Iradelphic sessions », aux live particulièrement remarqués, ainsi qu’aux tracks inédites diffusées gratuitement par Warp), Clark est revenu là où il nous avait laissés, si l’on peut dire. Cet EP agit comme un sequel de l’album, et propose un angle de vue nouveau pour plusieurs compositions de celui-ci.
Ni vraiment remixes, ni reworks, ces pièces sont soit un miroir des originaux (Henderson Wrench/ Henderson Swooping ; Com Touch/ Com Re-Touch- Pocket for Jack ; Secret/ Secret Slow Show), soit très proches de sonorités déjà abordées ( l’ambient Brigitte et Broken Kite Footage, la mélancolie analogique de Dove in Flames rappelant Skyward Bruise, Descent), le morceau éponyme synthétisant ces aspects avec brio. Ce retour à Iradelphic a l’immense mérite de clarifier deux points importants : la volonté de symbiose acoustique/électronique, et son extension, à savoir le travail de variation de Clark. Dans l’album, il déclarait avoir abordé The Pining, track en trois version, comme l’on aborderait un même court métrage réalisé de plusieurs manières différentes. Comme le même canevas cinématographique revu sous un autre angle esthétique à chaque fois. Sauf que, exception faite de cette tentative, tous les autres morceaux semblaient indigents, comme d’anciens films de famille dont on ne sait rien, non datés, non identifiés, dont on sait pourtant qu’ils ont un lien entre eux, et un lien avec celui qui découvre les seuls fragments restants d’un passé dont il hérite.
Le défi est relevé, le travail de fond magistral, le son trouve une puissance brute dans les textures qui n’est pas sans rappeler la violence de Turning Dragon, l’apport de sons analogiques et la maîtrise des systèmes modulaires demeure sans faille (l’expérience en live n’y est certainement pas pour rien), la cohérence est là.

Vous l’aurez compris, il fallait retourner à Iradelphic. Il paraissait impossible, inacceptable d’en rester là, de ne pas avoir saisi l’essence d’un travail pourtant admirable, mais criblé de zones d’ombres, distendu, flou parfois. Clark prouve avec Fantasm Planes une maturité peut être encore plus grande que celle qu’il a cherché à atteindre depuis si longtemps. Miroir, variations, multiplicité du regard musical, on parle bien de Clark, du Clark qu’on espérait revoir encore plus grand, du Clark qui donne des lettres de noblesse à l’expérimentation électronique, du Clark qu’on remercie.

 

Tracklist :

1 – Fantasm Planes
2 – Henderson Swooping
3 – Com Re-Touch, Pocket For Jack
4 – Brigitte
5 – Secret Slow Show
6 – Dove In Flames


 

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