Conforce – Kinetic Image

Kinetic Image, ou l’expérience du soi dans les profondeurs submersibles

conforce - kinetic image

7.7

10

Par Laurent Dubuis
Publié le 18 février 2014 | 11:22

Au cours des dernières années, Boris Bunnik s’est imposé comme un producteur prolifique dans de nombreux domaines sonores, en passant par des explorations deep à la techno brute et robuste, basculant tant vers l’analogique que le numérique. Musicien néerlandais aux facettes complexes et aux alias multiples (Conforce, Versalife, Hexagon, K2vx, Mi-24, Silent Harbour, Vernon Felicity), Boris Bunnik revient cette fois-ci en tant que Conforce avec un troisième album, Kinetic image.

Conforce nous entraine dans un tunnel sous-marin et nous offre un album conçu pour être écouté obligatoirement d’une seule traite, vécue telle une expérience du non-dancefloor en se concentrant sur un registre qui s’éloigne du tempo club monolithique tendant vers des tempos plus lents et plus furtifs. Il décrit cet album comme un son de lui-même s’éloignant du passé vers le présent.
L’histoire est là : on passe d’un univers à un autre, comme une progression atmosphérique entre des mondes parallèles, un voyage sonore passant du mélancolique au satanique, du claustrophobique à la rêverie. Une lumière minimale joue avec les ombres portées des piliers sombres d’un souterrain, avant d’atteindre une caverne ruisselante aux murs bruts et scintillants sur lesquels danse un néon grésillant.

Kinetic image est un album aux inspirations très philosophiques et métaphysiques (anti-adaptive state, abundance of selves, semantic field….), entrainant tant à la réflexion qu’au questionnement, tant à la libération qu’à l’évolution de l’esprit. Conforce arrive à un résultat très hétérogène, serrant et relâchant les rythmes, passant par des gammes de fréquence denses et d’autres plus espacées.
Cet album reflète le talent de Boris Bennick dans la gestion magistrale de sa palette sonore permettant une absorption de l’auditeur dans son aura caverneuse. Un nombre assez impressionnant et surprenant de détails est dessiné dans chacun de ces morceaux intrigants et inspirants telle une excursion cérébrale. Spatiotemporel par exemple est ainsi perçu tels des faisceaux de lumière céleste à l’impact sonore très méticuleux, flottant dans un miroitement futuriste; Semantic field nous propulse dans un état second au milieu d’un entrepôt désert en décomposition vivace; Abundance of selves est une rêverie sous-marine tangente de la réalité; Optimum pace envahit l’espace d’un froid mécanique aux échos mystérieux et mélodiques : au travers de tous ces morceaux variés mais conçus pour être emboités, Conforce nous montre qu’il connaît le secret de la cité perdue. Il nous le livre au travers d’un album peut-être un peu trop hétéroclite, mais dont les profondeurs sont à la fois intrigantes et subtiles.

 

 

Tracklist :

01. Excess Mortality
02. Spatiotemporal
03. Temporary Reversals
04. Semantic Field
05. Scientific Trajectory
06. Underwater Settlers
07. Formerly Programmed Decisions
08. Abundance Of Selves
09. Optimum Pace
10. Anti-adaptive State

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