Daniela Salvia – Daniela Salvia

Daniela Salvia prouve que si le son skweee reste désarçonnant, la scène est toujours aussi active.

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7.5

10

Label

Genre

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 30 décembre 2013 | 11:33

De façon assez étrange, le skweee n’a jamais su dépasser le rang de micro-style à la notoriété très limitée. Etrange, car il avait toutes les raisons de voir cette dernière éclater : le genre a ainsi très vite trouvé des soutiens de poids, à l’image de Mouse on Mars ou de Planet Mu faisant paraître l’album d’Eero Johannes, et des représentants dans de nombreux pays – y compris la France. Ce mélange de funk synthétique, d’électronique analogique et de sonorités 8-bit évoquant l’univers vidéoludique vintage, avec une touche permanente de dérision, avait aussi pour lui son sens du timing, émergeant au moment où le wonky, en Grande-Bretagne, remettait ces sons au goût du jour sous l’égide d’un Rustie ou d’un Zomby première période.
Etrange, donc ; et dommage, car si le son skweee se révèle désarçonnant, la scène reste toujours aussi active et rafraichissante – sans mauvais jeu de mot sur ses origines scandinaves –, même six ans après la parution de la première compilation Museum of Future Sound. Preuve en est faite par cet album de Daniela Salvia, compilant des titres parus au cours des trois dernières années.

 

Vous l’aurez compris, on ne donnera pas ici dans la noirçeur et l’oppression : si le minimalisme est de mise, l’heure est ici aux thèmes hymniques fondés sur des stridulations de Game Boy, des basses d’une rondeur affirmée et des programmations rythmiques plus ou moins instables. Force est de constater que leur juxtaposition fonctionne : passé un « Heliopolis » un peu crispant, Daniela Salvia nous offre une succession de titres d’une efficacité parfaite, sachant se reposer sur deux ou trois éléments et patterns à peine pour provoquer le hochement rythmique de tête.
Dès les wobbles flottants et leads aigus de « Bermuda Skirts », la productrice nous ouvre les portes d’un album jouant de sa courte durée et de la variation des ambiances pour maintenir un étonnement risquant à tout moment de s’effondrer, au vu de la petitesse de la palette sonore employée. On passe ainsi d’un « Skweee Is Fresh! » imprévisible et déstabilisé, faisant intervenir des extraits vocaux sans aucune annonce, à l’explosif « Skwerminator », pic du disque nous plongeant immédiatement dans les méandres d’un niveau de Sonic the Hedgehog 2. On se départit de son sérieux, et l’on se laisse accrocher par ces claviers sautillants et autres thèmes funky.

 

Si la formule est perfectionnée sur « Skwerminator », la suite n’est pas en reste : mention notamment à un « Cloud Forest » évoquant les classiques d’Ikonika de par un breakdown savamment agencé. En revanche, la fin de l’album paraît moins réussie – la faute, principalement, à un « Turkish Delight » peinant à trouver son équilibre, au point de tomber dans l’excès mélodique.
Dans l’ensemble, ces 28 minutes recèlent tout de même leur lot de titres appelant à des écoutes répétées sans perdre de leur redoutable efficience. Dénotant notoirement avec une grande partie de la production électronique actuelle, le skweee ne s’en révèle ici que d’autant plus détonnant : joyeusement approximatif et redéfinissant les contours du minimalisme, cet éponyme s’affirme donc comme salutaire en une fin d’année chargée en releases de qualité.


Tracklist :

01. Heliopolis
02. Bermuda Skirts
03. Skweee Is Fresh!
04. Skwerminator
05. Cloud Forest
06. Bodysuit
07. Bamboo Shoots and Ladders
08. Turkish Delight
09. Dubiopolis (Jahvan Dub)

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