Dave Saved – Power And Silence: Deindustrialization

Dave Saved plonge dans l’épaisse brume du collectif Gang Of Ducks.

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8.2

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 9 juillet 2014 | 9:23

De sortie en sortie, Gang of Ducks ne cesse d’assurer sa place parmi les tous meilleurs projets actuels dans le domaine des musiques électroniques au sens large. Récemment représenté par Haf Haf ou Vaghe Stelle, le label italien a ainsi su imposer une identité sonore des plus originales, au-delà des différents genres approchés par ses artistes, du chopped & screwed au downtempo en passant par l’ambient ou l’expérimentation pure et dure. Spectrale et jouant sur l’impression de décalage temporelle, cette identité flotte ainsi au travers des parutions pour en parfaire la forme, les parant d’une couche de mystère.

 

Signant son premier EP pour le label – même s’il était présent au remix de la première référence GOD –, Dave Saved enfonce une sixième fois successive le clou. Mieux encore, ce Power And Silence: Desindustrialization EP porte ce son spectral vers des contrées plus psychédéliques, comme si l’écran de fumée que représente Gang Of Ducks voyait lentement ses couleurs évoluer, tout en conservant une même forme.

Dès les premiers pads analogiques de « Power And Silence », on retrouve ainsi l’épaisse brume propre au collectif, opaque et humide, au sein de laquelle l’auditeur est invité à s’enfoncer afin de progressivement perdre tout repère. Les notes de synthétiseurs s’égrènent sur le fil temporel dressé par l’artiste : la beauté mélancolique de l’ensemble se donne alors à voir, nous englobant de ses textures synthétiques. D’une grande cohérence, l’EP laisse dès lors planer cette même ombre le long de ses quatre titres marquant une lente progression. Les volutes de fumée se dissipent fugacement, nous laissant apercevoir de nouveaux motifs : sur « No Lights », ces mêmes synthétiseurs prennent ainsi forme autour d’un rythme bancal et défaillant, laissant bien vite s’échapper ces nouvelles mélodies. Plus loin, « Random Souls Fluidity » prend la forme d’une exploration du temps, en se fondant sur un beat dysfonctionnel et dégradé, comme retrouvé sous une couche de poussière. Parsemé d’ordres lumineux et placé en fin de face B, ce quatrième titre original apparaît à la fois comme la fin du chemin parcouru au fil de ces quinze courtes minutes, et comme un pont lancé vers de futures avancées.

 

La version digitale se pare de deux remixes bonus : boss du label Danse Noire, Aisha Devi s’empare du morceau-titre pour y greffer sa propre voix, tirant le titre dans le suraigu. Si l’effet est certain, exhibant la noirceur insoupçonnée du titre original, on regrettera un aspect relativement théâtral semblant en décalage avec l’esthétique de Gang Of Ducks. On retiendra donc une nouvelle fois davantage le remix du toujours mystérieux alias G.O.D. reprenant l’acronyme du label, menant « Virtual Feelings » dans le domaine du lancinant. De quoi refermer une nouvelle fois le cercle Gang of Ducks, en conservant tout son mystère. Au-delà de l’envoutant voile continuant d’envelopper les sorties du label, et dans lequel on retournera bien volontiers se draper, cet EP de Dave Saved laisse éclater pour la première fois d’une manière aussi claire toute la beauté de la musique du collectif transalpin.

Tracklist :

01. Power And Silence
02. No Lights
03. Virtual Feelings
04. Random Souls Fluidity
05. Power And Silence (Aisha Davi Mindworker Rework)
06. Virtual Feelings (G.O.D. Rework)

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