Diaphane – Lifeforms

A l’heure actuelle, le Français Régis Baillet n’a plus rien à prouver au monde de la musique électronique.

SSS _ SeekSickSound - Chronique - Diaphane - Lifeforms

8.0

10

Par Adrian Pineau
Publié le 4 octobre 2013 | 12:38

A l’heure actuelle, le français Régis Baillet n’a plus rien à prouver au monde de la musique électronique. A vrai dire, il y est même plus que confortablement  installé. Car bien que Diaphane ait pris naissance en 2010 (et quelle genèse avec l’impressionnant Samdhya), ses premières expérimentations sonores remontent à 1993 en compagnie de son compatriote Jérôme Chassagnard avec le projet Gaea, nommé Ab Ovo (à l’origine, entre autres, de la BO du documentaire oscarisé The Gatekeepers) par la suite. Mais c’est en 2007 que l’anxiogène mais puissant Mouvements marque le point de non-retour du duo et depuis, les deux compères ont choisi de faire chambre à part et de suivre leurs propres voies.

C’est donc chez Ant-zen que s’illustre Diaphane, légendaire label qu’il semble inutile de présenter, mais que l’on salue tout particulièrement pour son poulain Hymen avec ses précédentes pépites et gemmes à venir (Defrag, Nebulo). De par son expérience avec le software et sa maîtrise des signaux électroniques, il y avait fort à parier que cet album serait excellent. Et Devinez quoi ? C’est effectivement le cas.

 

Évocateur, le titre de l’opus laisse donc place à une imagination et à des visions débordantes pour l’auditeur. Néanmoins, il semblerait que Diaphane, en véritable biologiste musical, ait donné vie à ses propres formes fréquentielles pour créer une entité unie et définie.
C’est dans une eau vive (ouverture de l’album, que l’on avait déjà pu entendre dans une version en gestation dans le SSS podcast réalisé par Diaphane) et concentrée que l’on écoute, mais aussi observe, la mise au monde de l’œuvre. Les nappes ambient et les futiles notes de piano rendent l’évolution douce et sûre, mais les rythmes qui suivent accélèrent définitivement le rythme et le processus.

Tel un touche-à-tout, mais disposé d’une main de maître, Régis pioche des sonorités venant d’un impressionnant nombre de rayons bien spécifiques aux sonorités électroniques. Voici une liste non exhaustive mais, entre un dubstep énervé, des envolées breakcore, des synthés tantôt mélancoliques, tantôt post-apocalyptiques ou encore des fresques ambient/drone : tout est méticuleusement agencé et ordonné pour donner à l’album un caractère dense et complet (Fracture en est un bon exemple).
Ces singularités permettent donc à l’auditeur de suivre avec empathie l’existence de la fondation : entre joies et tristesses, entre rage et plénitude, effectuer la corrélation entre l’auditeur armé de son vécu et l’album ne sera qu’une simple formalité. Les échappées éthérées ambient/IDM/downtempo (Iridium, Interstices et Lifeforms), les balades atmosphériques et cristallines (Sources, Microline) ou encore l’exutoire industriel Metastable permettent au plus grand nombre de trouver son propre compte et de peindre sans soucis ses ressentis.
C’est finalement Opalescence qui se charge d’infliger le coup fatal, cette mort programmée se veut autant indolore qu’inévitable et le cycle se répétera indéniablement, éternellement et surtout fatalement.

 

Si une première écoute peut rendre l’opus accessible, le temps et la persévérance le rendront complexe au possible. Passion et dévotion sont donc des outils utiles avant d’y plonger la tête la première. Diaphane a utilisé avec intelligence autant son savoir-faire que son ancienneté. Entre mélanges des genres et chocs des cultures, veillez à tendre l’oreille car tout peut arriver. Hautement recommandé !

 


Tracklist :

1. L’eau vive
2. Iridium
3. Fractures
4. Sources
5. Interstice
6. Rhizomes
7. Microline
8. Lifeforms
9. Metastable
10. Opalescence

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