DJ Spider / Grey People – Service Elevator EP

DJ Spider et Grey People se partagent la première sortie du label Public System Recordings avec un split mélancolique entre nostalgie et modernité

PSR001Seeksicksound

7.8

10

Par Alexandre Aelov
Publié le 12 juillet 2015 | 14:30

C’est un tout nouveau label français qui fait son apparition sur le paysage hexagonal sous la bannière de Public System Recordings. Le label, tenu par Matthieu Foltyn et Eric Strykert, annonce une perspective musicale à la fois nostalgique et résolument moderne. Pour ce premier pressage, on assiste à une rencontre assez inattendue entre deux américains, se partageant le split entre techno granuleuse sentant bon la machine et raw house barbotant dans l’acid, le tout sur une ligne introspective parfaitement partagée. D’un côté, DJ Spider, créateur boulimique au style immédiatement reconnaissable, de l’autre Grey People dont la discographie commence à devenir tout à fait consistante, avec des sorties sur Proper Trax et plus récemment sur l’excellent CGI. C’est une rencontre toute en dualité à laquelle on assiste et qu’il convient de regarder de plus près.

 

Si parfois DJ Spider peut s’avérer prévisible (en témoigne son dernier LP), tout son talent réside dans cette manière parfois étonnante de repousser les limites sans changer de recette. Demon Seed déroule cette patte granuleuse et déséquilibrée qui a forgé son style, riche en langage de machines, mais l’enrobe dans un développement dicté par des nappes d’une subtilité telle qu’on franchis le pas dans une autre dimension. Rarement on a connu un Rob Hampton aussi mélancolique et subtil, sauf peut être sous son projet Kuru où il explorait les tréfonds organiques de la psyché humaine. Même surprise avec Mind Fields où surgissent des breaks de batterie et autres accords inattendus, faisant basculer son corpus rythmique habituel dans une veine de groove et de sentiments on ne peut plus jazzy.

Autre face, même recherche. Grey People durcit le ton avec un Deep Friday âpre, déchiré entre crudité du traitement des beats et background chavirant entre contemplation et angoisse. On appréciera un sens du développement tout en finesse qui sait combiner puissance et rêve dans ce qui n’aurait pu être qu’une divagation, un jam sans ligne affirmée. Too Much Relevance prend la tangente du côté de Chicago, offrant sur la base d’une session clairement rétro tout le plaisir d’un dialogue entre beats francs et acid acéré. Peut être la track la moins intrigante de ce split, mais qui a au moins le mérite d’aller droit au but, avec maîtrise et sans prétention.

Pour résumer, on peut dire que cette première sortie pose des fondations fortes à la maisons Public System Recordings. En proposant un dialogue entre deux artistes américains, le label donne là toute sa place à des valeurs sûres qui pourtant surprennent par leur inventivité. Il en résulte une fraîcheur bienvenue, et on ne peut qu’espérer que le catalogue du label saura s’étendre avec autant de liberté et de plaisir pour les amateurs du genre. A suivre !

 

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