Donor – Against All

Premier album de Donor, Against All dépasse l’entendement par sa techno brutale, singulière et dérangeante.

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8.9

10

Par Ernest Jumble
Publié le 10 décembre 2014 | 13:53

Donor, c’est l’un des personnages secondaires affiliés au désormais hégémonique label Stroboscopic Artefacts, label achevant ces derniers jours le grand tour organisé et les compilations à l’occasion de son anniversaire, célébré dignement entre Rome, Londres, et autres grandes villes sachant réunir des publics réellement passionnés par l’intrigue suscitée dans la mouvance de cette techno sombre et délabrée.

 

Dès les premiers instants de son premier opus long-format, Donor, cet artiste très organique, s’attaque au corps de l’auditeur, à l’aide d’essais atmosphériques aux accents de transe, de rythmiques tribales associées aux ténèbres d’une jungle soyeuse et grise, presque urbaine. Les kicks profonds et allongés se font d’autant plus inquiétants à mesure que les échantillons de tintement de gouttes d’eau ou d’aspirateurs apparaissent.

De plus en plus industriel au cours de sa progression, Against All ne tarde plus à montrer sa véritable identité : un album se servant de tout, contre tout ; se servant de la nature, des bruits urbains et métalliques, d’une redondance lancinante et oppressante, d’une expérimentation infiniment intimiste. Donor se révèle tout entier dans cette œuvre, et l’on ne peut que s’en réjouir.

Donor aime les échos, la rapidité, la focalisation, la simplicité, la surprise, l’exotisme, la technologie. Il aurait pu faire la bande-son de cette série ambitieuse et visionnaire qu’est Serial Experiments Lain, tant l’étrangeté que l’auditeur ressent est similaire à ce que le spectateur de cette série y recherche : une espèce de voyage cosmique, abstrait, extrémiste, tumultueux, extatique, marqué par l’effroi, les ténèbres pures et envoûtantes et une vision nihiliste. Un voyage dans l’irréel, entre les 0 et les 1, entre le monde et le virtuel, incrusté dans la paroi épaisse qui les sépare.

Si Donor séduit autant, c’est grâce à son mastering qui, associé à ses qualités de compositeur très raffiné, crée un travail final très au-dessus de la quasi-totalité des productions techno de ces dernières années. Possédant tout à la fois un univers qui lui est propre ainsi qu’un talent dans l’art de balancer de l’authentique, du violent et du jamais-vu, il livre l’un des albums qui saura certainement marquer l’électronique de pointe (dub-techno et industriel en ligne de mire) dans un futur très proche. On s’imagine encore mal ce que pourrait donner un live de cette œuvre de nos jours, tant sa glaciale première écoute exprime une sensation qu’il est difficile de mettre en mots.

 

La techno révélée dans Against All dépasse l’entendement commun car brutale, singulière et dérangeante. On n’aura pas de mal à remercier Donor de savoir nous épater en des temps où la quantité prime parfois sur la qualité.

 

Tracklist :

01. Hands On
02. Calling
03. Menace Is Mine
04. Station A14
05. IP Test
06. Counter
07. Us For Them
08. Fault Is Found
09. Own Exile
10. In Your Place

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