Dusty Kid – Beyond That Hill

Bien que rappelant par beaucoup d’aspects son prédécesseur, “Beyond That Hill” ne fait que confirmer le talent désormais indéniable d’un des producteurs majeurs de la scène techno actuelle.

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7.7

10

Par David Robert
Publié le 12 novembre 2011 | 19:29

Genre musical aux approches multiples voire infinies – comme en témoigne le nombre de ses dérivés -, la techno jouit de fait d’une série de qualificatifs plutôt importante et ces derniers sont parfois contradictoires, bien que finalement justes pour la plupart : froide par essence pour certains, chaleureuse car gorgée de groove pour d’autres, tantôt impersonnelle, tantôt profondément introspective, aussi bien sombre chez beaucoup de producteurs que lumineuse dans l’univers d’autant d’autres – la liste est longue.
Couramment cité comme véritable référence actuelle du genre aux côtés des non moins émérites Gui Boratto, Stephan Bodzin, Popof, etc., Paolo Alberto, mieux connu sous le pseudonyme de Dusty Kid, ne s’embarrasse d’aucune manière de telles considérations et a pris avec son majestueux premier album, “A Raver’s Diary”, paru en 2009, le parti d’une techno minimale dans la construction mais maximale dans les émotions, parfois ténébreuse, parfois resplendissante, mais toujours poétique et fortement encline à susciter le rêve chez le plus hermétique des auditeurs.
Avec “Beyond That Hill”, son nouvel opus, l’italien apporte de ses mots une suite au premier volet, et le fait bien.

Dès les premières secondes de “Here Comes The Techno”, premier titre de “A Raver’s Diary”, Dusty Kid entraînait l’auditeur sans ménagement aucun dans une atmosphère sombre et anxiogène à souhait, terriblement addictive. De même, c’est un départ in medias res que l’homme a choisi pour introduire “Beyond That Hill”, bien que fondamentalement différent, les nappes “trancy” et crescendo du très bon “Nora Nights” se révélant plutôt lumineuses que porteuses d’une quelconque noirceur. Dans la continuité sonore de ce dernier, “Jknoussa” marque l’apparition de quelques expérimentations technoïdes réussies, et qui ne sont pas sans rappeler celles du plus qu’excellent “Lynchesque” du premier opus, même si elles ne parviennent pas à en atteindre le niveau.
Déjà paru en juin dernier sur le single éponyme, “Argia” rassemble tous les éléments significatifs qui, lorsque réunis, aboutissent généralement à ce que le producteur italien fait de mieux : un beat percutant et entraînant, une bassline apte à pousser n’importe quelle enceinte dans ses derniers retranchements et une nappe aérienne à la mélodie hypnotique ; bref, un mastodonte à la sauce Dusty Kid. Déjà présente sur le premier volet avec le gracieux et magnifique “Nemur (Walls Of Guitars)”, la dimension folk/pop est encore une fois maîtrisée sur “Chentu Minzas” et sa piste d’harmonica inattendue, mais ne parvient à éviter à l’auditeur un sentiment de déjà-vu ; chose néanmoins quasi annihilée par le titre suivant, éponyme de l’album, interlude intelligemment placé qui marque l’introduction de l’ambient et du drone dans la musique du garçon.

Respectant le schème du titre made in Dusty Kid réussi, “Polybolo” ne fait que démontrer une fois de plus l’habileté sans faille de ce dernier lorsqu’il est question de distiller une techno puissante et sans concession, et de revêtir son costume déjà bien rodé de bourreau des clubs. Une fois passé un “Cheyenne” assez anecdotique car peu convaincant en soi, on atteint avec une appréhension difficilement dissimulable la track qui, ne serait-ce que par sa durée – pas moins de 23 minutes 32 – s’annonce comme un des moments forts du disque. Et bien autant dire que toute spéculation sera bien vite balayée par un élément désormais indéniable : le génie pur et simple de Dusty Kid, qui livre un “The Hug” final tout en progressivité, en psychédélisme, en envolées lyriques et bien d’autres aspects tout bonnement indescriptibles par de simples mots, si ce n’est intensité pure et définition même de la magie de la musique, merci.

Bien que rappelant par beaucoup d’aspects son prédécesseur, “Beyond That Hill” ne fait que confirmer le talent désormais indéniable d’un des producteurs majeurs de la scène techno actuelle et, de fait, se révèle tout à fait essentiel.

Tracklist :

01. Nora Nights
02. Jknoussa
03. Argia
04. Chentu Mizas
05. Beyond That Hill
06. Polybolo
07. Cheyenne
08. That Hug

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    4 Comments

    1. soundscapefez 13 novembre 2011 at 5:19

      incroyable cette fin, on ne s’en lasse pas!

    2. gabriel 15 novembre 2011 at 9:51

      WOW, Cette dernière track est vraiment incroyable! J’attendais un america 2, j’ai eu mieux. Toujours plus long, toujours mieux :)

    3. meyjior 23 novembre 2011 at 7:58

      J’ai beaucoup apprécié la chronique que j’avais loupée. Je pense à 99% la même chose. Cet album est magique selon moi : parfaite diversité. À vivre en live absolument.
      http://www.youtube.com/watch?v=5zspoBQfrx4
      (ça fait pas un peu commentaire cliché ?)

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