Efdemin – Decay

Efdemin explore dans son dernier album une dimension deep et hypnotique de la techno.

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8.0

10

Label

Genre

Par Leo Morane
Publié le 1 mai 2014 | 15:31

Avec Decay, Phillip Sollmann présente son troisième album, toujours sur le label Dial. Le bonhomme n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il produit sous l’alias Efdemin depuis plus de 10 ans, avec notamment deux albums applaudis par la critique, Efdemin et Chicago.

« Some Kind of Up And Down », le morceau d’introduction, représente bien l’album. Terriblement minimaliste, mais regorgeant de détails sonores minuscules et très beaux. Entrecoupé de samples d’un dialogue (de sourds), il hypnotise rapidement l’auditeur attentif. Et c’est là que l’album pêche : il ne s’impose pas de lui-même, mais à l’inverse requiert une oreille attentive. A la suite d’un choix technique et artistique, Edfemin enfouit véritablement tout un pan de ses compositions, en les poussant à la limite de l’audible. Ceci rend l’album difficile d’accès à première écoute, car souvent plat en apparence. Seule une écoute forte, sur des enceintes de qualité, vous fera prendre conscience de sa profondeur.

Sur « Transducer » et « Solaris » rentre un véritable kick, histoire de solidifier un peu la chose en rappelant qu’on écoute de la techno, deep et minimale certes, mais tout de même techno. En effet, plus grand chose de funky dans cet album, mais à la place un nuage moelleux sur lequel on se laisse glisser. Efdemin n’est plus à Chicago, mais à Kyoto, où il est parti plusieurs mois pour enregistrer cet album, troquant son rythme de vie de DJ pour laisser place à la méditation et à la réflexion, entouré d’un paysage qu’on peut voir sur la pochette de l’album. Pas étonnant alors d’entendre que le résultat y colle tout à fait. Sa résidence est vécue au travers de l’album comme un rêve, maintenant une identité et une cohérence forte, pour un album finalement très personnel. Un peu comme des photos de vacances, mais en beaucoup mieux.

Avec « Decay », on est dans le vif du sujet : un véritable sentiment d’urgence un brin nostalgique, qui devrait trouver sans souci sa place dans un set techno. S’enchaine « Subatomic », peut-être une des meilleures de l’album, car regorgeant de vie dans ses textures, ses nappes et ses bruitages subaquatiques. La track marque la moitié de l’album en s’éloignant de la dureté un peu sèche de la première partie. « Track 93 », le morceau le plus catchy, est un peu plus chaud que le reste de l’album, et un peu plus dansant aussi, ce qui n’est pas pour déplaire. Finalement, « Parallaxis » finit l’album, achevant de nous déposer sur les rives d’un autre monde, pour que l’outro nous réveille enfin.

Des samples de voix rythment régulièrement l’album, qui autrement semble composé d’une seule et unique matière – soulignons ici le très bon travail de sound design. C’est le même narrateur qui ouvre et ferme Decay, mais il semble rendre son dernier soupir en même temps que ses derniers mots. Sollmann a été influencé par la conception bouddhiste de la mort, qui la voit comme la fin d’un cycle, une étape. Chaque morceau est d’ailleurs construit comme une variation sur un thème donné, qui finit de la même façon qu’il a commencé.

Prenez le temps d’écouter la partie immergée de cet iceberg sonore, et plongez dans un rêve bleu.

 

Tracklist:

1. Some Kind Of Up And Down Yes
2. Drop Frame
3. Transducer
4. Solaris
5. Decay
6. Subatomic
7. Track 93
8. The meadow
9. Parallaxis
10. Ohara

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