Egyptrixx – A/B Til Infinity

David Psutka nous gratifie d’un grand album aux talents tant atmosphériques que percussifs…

NSLP003-COVER-ANDREAS-FINAL-1000x1000

8.6

10

Label

Genre

Par Thomas Renauld
Publié le 2 décembre 2013 | 17:02

Au début de l’année 2011, David Psutka aka Egyptrixx, bébé un peu à part de la famille Night Slugs, nous avait offert un Bible Eyes aussi aquatique que percutant après nous avoir assommé d’efficacité avec ses quelques EP’s précédents. Inutile de dire que l’on attendait sa suite avec impatience.
Son NSMIX004 aux effluves techno et la pochette de ce nouvel album en préparation, sombres au possible, avaient parachevé notre bouillonnement quant à l’écoute de son nouveau bijou.

Egyptrixx nous emmène donc six pieds sous terre et pose le contexte d’un combat face à la réalité infernale qui l’entoure. Pour ce faire, la piste d’introduction nous étouffe à coups de nappes synthétiques doublées de kicks paradoxalement aussi industriels qu’organiques : une invitation à une démence effrayante de proximité avec le réel.
Après un peu plus d’une minute de ce qui semble être une mort prématurée, le morceau éponyme prend le relais et l’espoir renaît. Les synthés se veulent moins infernaux, ajoutant une lueur d’espoir à ce qui n’était jusque là que noirceur et asphyxie.

Après ces deux morceaux introductifs, que l’on pourrait considérer comme étant le chapeau de l’article de la Mort, dont Egyptrixx serait le rédacteur, le combat démarre. Cette guerre n’est pas une guerre interne : Egyptrixx ne semble pas se battre contre lui-même mais contre cette ambivalence malsaine qui l’entoure. « Alta Civilization », troisième piste, en est la retranscription musicale. Sept minutes d’une lutte qui ne fait que commencer, « Alta Civilization » nous laisse sortir la tête de cet enfer pour mieux nous y replonger : le premier acte de ce combat se veut cruel.

En effet, au fil des écoutes, c’est l’auditeur lui-même qui se complaira dans cette noyade intermittente, dans ces nappes hypnotiques sans fin. « Bad Boy » paraît prendre le dessus sur son démon au travers de couches mélancoliques et de sirènes déjà lointaines.
C’est là qu’arrive « Adult », morceau bien connu des amateurs de Night Slugs. Apparu sur l’excellente compilation Night Slugs Allstars Volume 2, « Adult » s’érige en pièce maîtresse de cette œuvre d’Egyptrixx, trônant en haut du prisme de la peur qu’est A/B Til Infinity. Cet Adult est conquérant, que ce soit dans le fond ou la forme : tout n’y est qu’attaque. L’embryon d’inversion de rapport de force entamé sur « Bad Boy » se confirme avec ces boucles rythmiques, et l’embellie se renforce à l’écoute de l’angélique « Disorbital », véritable perle qui scelle les talents mélodiques d’Egyptrixx.

Le reste de cet album poursuit dans la même optique de triomphe certain mais nous met toutefois en garde face à l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de chacun. Á l’image d’un « Water » aux synthés ascendants – morceau qui aurait gagné à être présenté sous sa forme « reduced », plus percutante -, la fin de cet album est imprégnée d’une tension propre à Egyptrixx.
La dernière piste, « A.C.C.R. », est la preuve formelle de cette victoire définitive, les relents d’urine urbaine suggérés par ces bruits d’écoulements aqueux en guise d’introduction au morceau confirmant l’idée de méfiance.

 

David Psutka nous gratifie d’un grand album aux talents tant atmosphériques que percussifs, via cet A/B Til Infinity prenant la forme d’une leçon de vie nous encourageant à rester sur nos gardes, en attendant la suite. Suite que l’on attend avec impatience.

Tracklist :

01. Ax//s (Intro)
02. A/B Til Infinity
03. Alta Civilization
04. Bad Boy (reduced)
05. Adult
06. Disorbital
07. Water
08. My Life Is Vivid, My Eyes Are Open
09. A.C.C.R.

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top