Egyptrixx – Transfer of Energy [Feelings of Power]

Poussant son esthétique jusqu’à la perfection, Egyptrixx signe son album le plus cohérent et le plus impressionnant.

Egyptrixx - Transfer of Energy

8.7

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 10 février 2015 | 11:16

La force de la nébuleuse d’artistes tournant autour de Night Slugs a toujours été de savoir s’influencer mutuellement pour avancer de pair, tout en maintenant, pour chaque producteur, une individualité suffisamment forte pour ne pas tomber dans la redite. A ce petit jeu, Egyptrixx s’est toujours révélé être quelques pas devant ses coéquipiers, ses sonorités liquides et glissantes lui assurant une signature sonore sans réel équivalent.

 

S’adaptant aussi bien à des tentatives dancefloor qu’à des œuvres plus sombres et narcotiques, les sons conçus par David Psutka ont ainsi su évoluer vers une sorte de perfection toujours plus grande de son sound design. Une nouvelle étape symbolique est franchie avec ce Transfer of Energy [Feelings of Power], qui marque matériellement le démarrage de son propre label, Halocline Trance, tout en s’affirmant certainement comme l’oeuvre la plus aboutie à ce jour du Canadien.

Dès les premières notes enveloppantes d’ « Halocline Trance », on retrouve ces sons d’une précision confinant à l’admiration. La tension, pourtant, atteint immédiatement un niveau inédit : les textures sont saturées, combinées à des grincements métalliques évoquant la sublime pochette. Puis le tout s’évanouit, laissant la place à de mystérieux enchaînements de synthétiseurs aquatiques. C’est à une exploration de ces fonds marins que nous convie dès lors Egyptrixx : lentement, le producteur nous fait avancer dans des paysages désolés, noyés dans le temps. Les rythmiques titubantes finissent par se recomposer en éclats de feu sur le final du titre éponyme.

L’album entier s’apparente à une immense construction sur la base d’éléments se recomposant. Emergeant du chaos, la voix de Nyssa apparaît, sur « Body II Body », comme l’écho d’un souvenir lointain, un oracle annonçant le déluge. Celui-ci ne se fait pas attendre : pic de la logique du disque, « Discipline 1982 » laisse finalement éclater toute la tension patiemment bâtie jusqu’alors, autour d’un beat techno martial, rond et implacable. Sans alternative, l’auditeur suit le récit et les rythmes dans leur navigation tortueuse.

 

Une fois ce pic passé, Egyptrixx a le bon goût de nous plonger dans l’absolu vide : le tryptique final nous laisse ainsi face à nous-mêmes, perdus dans une immensité de sonorités ambiguës. Au terme des dernières convulsions de « Conduit [Repo] », on reste dans un état d’hébétude face à la traversée accomplie. Poussant son esthétique jusqu’à la perfection, Egyptrixx signe par ailleurs son album le plus cohérent et le plus impressionnant : il touche ici à une forme d’aboutissement.

 

 

Tracklist :

01. Halocline Trance
02. Transfer Of Energy [Feelings of Power]
03. Body II Body (feat. Nyssa)
04. Discipline 1982
05. Mirror Etched On Shards of Amethyst
06. Not Vital
07. Conduit [Repo]

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