Enduser – Even Weight

Plus les années passent, et plus Enduser semble à l’aise pour réaliser ce grand écart souvent recherché : lier de manière alchimique puissance brute et sentiments profonds.

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7.6

10

Par David Robert
Publié le 4 novembre 2011 | 20:35

Alors qu’il était habitué à sortir des galettes long format à un rythme pas effréné mais pas loin (10 en 5 ans), Enduser avait laissé ce secteur en jachère depuis 2008, date de la sortie de “Left” sur ohm Resistance. Autant le dire donc, ce nouvel album sorti le 13 octobre sur Ad Noiseam (150ème release pour le label de Nicolas Chevreux) était attendu de pied ferme par les fans du bonhomme, qui n’avaient eu l’occasion d’attraper depuis qu’une poignée d’EP alléchants.

Ces 3 ans ont-ils servi à Lynn Standafer à changer de terrains stylistiques ? Globalement non, et l’on ne va pas s’en plaindre.
La Drum’n'bass roulante et fracturée en compagnie de Karsten Pflum (qui a publié en juin l’excellent “My Noia Love” sur Hymen) ouvre le bal. Et même si ce n’est pas le plus flagrant des exemples, on se rend rapidement compte que l’association ambivalente de percussions drills et décharnées, de textures rugueuses et de lignes lumineuses et émotives est toujours au rendez vous. A cette image, le déroulement de nappes sur “Climbing Backwards” ou “Stop Asking”, les pincements d’une 6 cordes sur le superbe “Regret” ou leur mélange avec des cordes frottées sur le morceau de clôture étendent le champs des possibles vers l’onirisme alors que la bagarre se fait rude à même le sol.
Quelques titres sont moins dans la concession, laissant toute la férocité d’Enduser s’exprimer ; le percutant “Distance” et ses barrissements effrayant de synthé est de ceux là. Des relents jungle font leur apparition sur “Wrong Turn”. La voix est aussi un élément que l’homme utilise, que ce soit par des chants froids et désenchantés sur “Retribution”, chaleureux voir typés soul pour un résultat très D&B liquid pas extrêmement emballant sur “Praise” avec O For Odetta ou simplement via des brides de phrases sur l’ardent “7 am Fog” en featuring avec Bonk.

Les collaborations prennent d’ailleurs ici une place assez large. La loi n’est pas universelle, mais il est vrai que, généralement, plus le nombre d’invités sur un album est conséquent, moins la cohérence de celui-ci est grande. Mais ici il sera difficile de lui jeter la pierre concernant les associations sur presque  la moitié de ses morceaux, la griffe structurelle restant largement reconnaissable à Enduser. Outre celles déjà évoquées, figurent les présences d’Architect sur deux morceaux, et d’Hecq. Et qui dit Hecq actuellement, dit presque à coup sûr dubstep : Ben Luka Boysen s’occupe donc de faire tonner des wooble corrrosifs et véloces sur une rythmique dense mais clairsemée d’embûches.

Même après 11 albums, Enduser n’est pas prêt de se ranger du côté des soins palliatifs, s’acharnant à fragmenter la drum’n'bass de glitchs et contorsions en tout genres. Mais ses adducteurs semblent pourtant s’assouplir avec le temps, car plus les années passent, et plus il semble à l’aise pour réaliser ce grand écart souvent recherché : lier de manière alchimique puissance brute et sentiments profonds.

 

Tracklist :

01. Enduser – A Little While (feat. Karsten Pflum)
02. Enduser – Distance
03. Enduser – Retribution
04. Enduser – Decision (Late) (feat. Architect)
05. Enduser – 7 am Fog (feat. Bonk)
06. Enduser – Praise (feat. O For Odetta)
07. Enduser – Reciprocal (feat. Hecq)
08. Enduser – Climbing Backwards
09. Enduser – Wrong Turn
10. Iamthesun – Regret (Enduser Version)
11. Enduser – A Trip Down (feat. Architect)
12. Enduser – Void (Re-Edit)
13. Enduser – Stop Asking
14. Jarboe & Sweet Meat and Love Cult – Ode To V (Enduser Version)

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