Epoch – 11:38

Epoch s’oriente dans des inflexions plus franchement dubstep, sans rien perdre de sa réussite.

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7.8

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 17 mars 2014 | 13:20

Une partie de la richesse et de la réussite de la compilation This Is How We Roll, il y a un an, reposait sur le sentiment d’avoir affaire à un groupe de producteurs partageant des idées et références communes, tout en étant capable d’infléchir leur son dans un ensemble de directions très différentes. A partir de points d’ancrage stylistiques semblables, tous étaient ainsi à même de proposer des interprétations divergentes.
Ainsi, là où une large frange de la scène se tourne principalement vers le grime pour asseoir ses intentions, Epoch regardait avec son titre « The Steppenwolf » plus franchement vers les cercles les plus expérimentaux du dubstep.

Pas d’étonnement donc à le voir franchir quelques pas de plus en cette direction avec ce nouvel EP pour l’excellent label dirigé par Parris, Soundman Chronicles. Originaire de Nouvelle-Zélande, Epoch en profite pour approfondir les dimensions très expressives que l’on percevait déjà dans ses précédents titres : dès les premières secondes de « 11:38 », peuplées d’un dialogue difficilement discernable et de sonorités troubles, l’EP nous immerge dans des ambiances tout aussi cinématographiques que mystiques, s’enfonçant dans des chemins laissant l’impévu surgir à chaque instant. Les sons se laissent par intervalles approcher, avant de retourner dans des profondeurs subaquatiques.
Impressions perfectionnées par « Numatik », clair sommet du maxi : alors que des cordes nous introduisent dans une atmosphère dramatique, un drop soigné joue le rôle de machine à traverser le temps, ouvrant l’espace d’un sous-sol britannique aux grandes heures du dubstep le plus minimal. Sub-bass et wobbles se conjuguent durement, avant de laisser place à des chuintements apportant une coloration irréelle. La tension se fait palpable, alors qu’une rythmique halfstep continue de marteler sa cadence implacable.

Comme pour mieux marquer l’attachement dubstep d’Epoch, la face B fait appel à Gantz pour une relecture fantômatique de « The Steppenwolf » : à l’image de son récent single, le producteur turc n’hésite pas à se libérer des canons du genre, faisant appel sans véritable introduction à ses synthés flottants tout en reléguant les voix qui hantaient l’original au second plan. Les rythmes et structures sont démembrés, fragmentés et recomposés selon leurs propres logiques.
Epoch continue donc de tracer son sillon, abordant de nouvelles contrées pour nous les montrer au travers de son filtre. S’il perd peut-être une partie de son originalité au change, l’artiste ne s’en montre pas moins convaincant, avec un nouvel EP vers lequel on reviendra régulièrement.

Tracklist :

A1 – 11:38
A2 – Numatik
B – The Steppenwolf (Gantz Remix)

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