ESA – Themes Of Carnal Empowerment Pt. 1: Lust

Adroite, précise, poignante et remarquable violence.

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7.4

10

Par David Robert
Publié le 4 mai 2012 | 21:04

Après quatre années de jachère relative, sans compter l’album de remixes “The Immaculate Manipulation” sorti en 2009, ESA sort de son antre troglodyte pour publier son quatrième véritable album. Partageant la discographie du bonhomme avec Hive, c’est le label Tympanik Audio (en cette première moitié d’année plus discret que d’habitude) qui se fait le passeur de cette sortie en annonçant de par son titre une seconde dans l’année.

Les textures, crissantes, saturées et métalliques sont riches, denses et largement luxuriantes. L’architecture rythmique trouve ses bases entre un 4*4 carré mais pas moins marteleur et des fractures rythmiques lorgnant vers le breakcore. Les beats sont distordus et maculés par les rugissements de machines maltraitées.
La voix est un élément central dans ce paysage pas vraiment propice à l’épanouissement du bipède inventeur de four micro-onde. Mais ces chants là, qu’ils prennent la forme d’une simple phrase répétée sans vie par un homme désabusé, qu’ils soient hurlés à s’en faire vomir les tripes ou enfin qu’ils s’offrent sous la forme d’un chantonnement naïf en plein milieu d’un océan de noise ou d’une voix d’opéra juste après n’ont pas ou plus grand chose d’humain.
Exit les compromis sur ce premier volet de “Themes Of Carnal Empowerment” à contrario du dernier véritable album sorti sur Tympanik. (Presque) plus de nappes qui soufflent dans les schémas noisey pour leur donner plus de légèreté (mises à part sur “This Is No Love”), plus de guitares qui viennent adoucir les angles rugueux et tranchants des fresques industrielles. On notera tout de même le coucou fugace d’une boite à musique pour enfant en fin du titre “Black Trip”. Mais n’allez surtout pas croire que cet album peut se faire le digne compagnon de Sophie la girafe, à moins que vous avez pour dessein de confirmer de manière pratique les théorie de Bowlby sur l’enfant sécure. On en conviendra donc tous aisément, cet album n’est pas pour les enfants, ESA, judicieusement aidée au niveau de la production par Yann Faussurier d’Iszoloscope, rentrant dans le lard avec une puissance et une virilité accrues.

Ce n’est pas parce qu’on défonce les murs qu’on doit forcément le faire tête baissée et s’apparenter au Fléau. Quand la violence se fait adroite et précise, elle est d’autant plus poignante et remarquable. Preuve en est ce “Themes Of Carnal Empowerment Pt. 1” : massif, brutal, fougueux, mais pas débile pour un sous.


Tracklist :

01. Red Passage Overture
02. With This Cold Kiss I Will Wound
03. The Plot Sickens
04. Carved Scars Of Carnality
05. Black Trip
06. Wretch
07. Themes Of Carnal Empowerment
08. The Relevant Flesh
09. Bliss
10. This Is Not Love
11. Loss (Prurient Symphony)

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