Exploit – Event Horizon

On revient sur l’un des albums ayant marqué la techno en 2014 : Event Horizon d’Exploit, véritable narration de l’électronique spatiale.

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8.8

10

Par Ernest Jumble
Publié le 5 décembre 2014 | 10:21

Alexey Gordiyenko, alias Exploit, est le fondateur de l’excellente maison Mutex Recordings, ayant accueilli des artistes du genre techno n’ayant plus à s’inquiéter de leurs renommées, de Thomas Hessler à Perc, en passant par Truncate ou Jonas Kopp.
Event Horizon, c’est l’aboutissement de ce projet, un album perfectionné qui ne laisse aucune sensation de vide, qui montre l’acharnement du travail opéré par l’artiste, ses influences et ses rêveries.

 

Ensemble spatial avant tout – Event Horizon fait sans aucun doute référence au film du même nom, tant l’ambiance angoissante et ultra-technologique est similaire dans les deux œuvres -, on ne manque pas de penser, dès les premières minutes, aux heures de gloire de la techno de Détroit, tant les grooves 90′s, les percussions sèches, les basses profondes et comminatoires se font présents.
Jouant habilement avec la gravitation, Exploit emmène son auditeur aux limites de l’univers à bord de son vaisseau électronique, modifiant incessamment les atmosphères qui l’occupent, entre ambient interstellaire, techno brutale, kyrielle de kicks étouffés et dub onirique.

Si l’hyperactivité subie par nos oreilles n’est que l’enveloppe presque charnelle qui provoque une sensation de compagnie, il n’en reste pas moins que cette dernière n’est probablement pas celle qu’on attendait : elle se fait étrangère, provenant des confins d’une galaxie jamais découverte.
L’angoisse liée à la déréliction perçue par les personnages du film Event Horizon se matérialise également dans cet opus original qui joue avec le malaise, le vertige, les accélérations inattendues, les arrêts violents, les envolées lysergiques ; le vague à l’âme d’une inexpugnable solitude dans une forteresse d’acier suspendue dans le vide intersidéral.
Les bruits électroniques assaillant l’intérieur d’une carcasse d’où, de l’extérieur, aucun son ne paraît émaner occasionnent l’image parfaite de l’auditeur ne sachant déterminer si cet album est intime ou populaire, tant sa diversité de genres et de prises de risque en font une œuvre indéniablement « deep ». Il n’est pas aisé de savoir mêler les caractères anxiogènes de « UFO », par exemple, avec la sapience exprimée par « Diving into wormhol ».

 

Nullement, donc, simulacre de chef-d’oeuvre technoïde, Event Horizon n’est pas non plus outrecuidant. Circonspect, mais impondérable, il se présente avant tout comme le narrateur d’une compilation de l’électronique spatiale qu’on attendait tous : la quintessence de la techno de 2014 – car malgré notre retard, l’album date de janvier, et il s’avère qu’il a marqué le genre durablement, le vaisseau ayant atterri sur notre planète afin d’y faire vibrer ses ondes obscures dans nos cerveaux avides de son.

 

 

Tracklist :

01. Farewell
02. Utopia
03. Departure
04. Plectron 2
05. Zero Gravity
06. Time Slowdown
07. UFO
08. Diving Into Wormhole
09. Shifted Reality
10. Accretion
11. Visual Distorsion
12. No Escape

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