Fade, Theory, Ill K & Act One – Late Boomers EP

Second épisode de la série initiée par Alphacut, cet EP dévoile un univers obscur et minimaliste entre dub et jungle contemporaine

LateBoomersEP

8.1

10

Par Thibaud Marty
Publié le 8 septembre 2015 | 14:59

Après le tonitruant « Fundamentals EP » en juillet, Alphacut confirme son retour en trombe en récidivant un mois plus tard avec le « Late Boomers EP », second épisode de la « Third Wave

Series », une succession d’EPs quatre titres qui mettent en avant quatre producteurs différents à chaque volet.

On y retrouve les éléments essentiels du label de Leipzig, dirigé par le trublion LXC : rythmes rebondis, basses puissantes, breakbeats vitaminés et fragments sonores issus de la culture sound-system jamaïcaine. Ce nouvel opus se veut toutefois un poil moins remuant et plus minimaliste que son prédécesseur, en ajoutant une bonne dose de ragga-dub au régime jungle prôné par le label allemand.

 

L’ukrainien Fade se charge de nous mettre d’emblée dans l’ambiance sombre de cet EP, avec un « Run It Rudie » acéré : une dub-jungle minimaliste portée par un attelage kick-basse martial, parsemé de lointaines rémanences sound-systémiques et de montées d’adrénaline rythmique.
Theory poursuit dans une thématique identique avec « F The Police », qui multiplie les appels à immoler Babylone et consorts, et n’accorder sa confiance à rien ni personne. Des préconisations faites sur un beat ragga-dub pesant mais subtil, auquel s’adosse une basse protéiforme, le tout accompagné de lancinantes alarmes et de breaks jungle intermittents passés à la moulinette.

Venu de Brême, le versatile Ill K manie le rythme avec virtuosité dans « Posuere », alternant breakbeats variés et riff de percussions entêtant. Une chirurgie rythmique remarquable pratiquée dans un espace sonore aéré, sous l’œil malveillant d’une basse mi-ronde mi-rugissante. Grande classe.
Enfin, Act One clôture le tout sans concessions avec un « Masonry » qui ne rigole pas. Sa basse au pH pas vraiment neutre se développe sur un beat appuyé, ponctué de cuivres tourmentés et d’irruptions de divers fantômes, tandis qu’est martelée une onomatopée digitale fort insistante. La subtilité et la richesse sonore sont ici moins prononcées que sur les morceaux précédents, au profit d’une énergie brute qui fait froncer les sourcils.

 

Un univers obscur et minimaliste entre dub et jungle contemporaine exploré à travers quatre morceaux énergiques et subtils, dosés au millimètre près, détaillés et puissants; voilà donc ce qu’on trouve sur cet EP, qui allie avec brio sobriété et technicité, et nous plonge dans un sound-system brumeux qui vibre avec lourdeur et gravité.

 

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