FaltyDL – In The Wild

En s’exprimant en dehors des schémas attendus avec une maîtrise impeccable du style, FaltyDL crée un opus de 17 morceaux variés et cohérents.

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8.6

10

Par Guillaume Thibault
Publié le 17 août 2014 | 14:48

Il était difficile de savoir à quoi s’attendre avec le nouvel album de FaltyDL. En six ans d’activité et trois opus, le New-Yorkais a montré des facettes bien différentes, de breaks dignes d’Amon Tobin au garage envoûtant de Love Is a Liability. Son dernier album, Hardcourage, s’appropriait des mélodies dynamiques et réjouissantes aux frontières de la pop tandis que Power, sorti sur le Swamp81 de Loefah s’immisçait dans un breakbeat chaotique à l’orientation très club. Sur ce nouvel album, accueilli comme le précédent par Ninja Tune, il ne s’engage ni entièrement dans une de ces directions ni dans l’autre

Accompagné d’un poème mystérieux, In The Wild – attention à ne pas le transformer en Into – suggère l’exploration de contrées musicales  inexplorées. L’introduction, « Aquí, Port Lligat », somptueux drone transpercé de cliquetis épars, laisse encore planer l’indétermination sur la suite. Dès « New Haven », on côtoie les bords plus harmoniques et réjouissants de l’opus précédant. Mais Drew Lustman joue à la frontière et ne verse pas dans la progression attendue. La suite de l’album continue à surprendre.

Les morceaux se succèdent sans se ressembler. Cependant la cohésion et la progression sont assurées grâce au sens unique des harmonies développé par FaltyDL. Ces accords mystérieux et nostalgiques enveloppant chacun de ses morceaux leur confèrent cette atmosphère unique, presque ésotérique. Fort de cet atout, il peut s’aventurer avec succès dans différents genres. Le nu-jazz avec une paresse mesurée sur « Ahead the Ship Sleeps », ou dans un style plus remuant sur « Some Jazz Shit ».

Entre les interludes qui se prolongent, on trouve également des passages subtilement percutants comme « Frontin »,structure traditionnelle d’un morceau de footwork auquel quelques notes de piano donne un côté usé et mélancolique. Le très sexuel « Do Me » offre un breakdown se prolongeant jusqu’à l’épuisement du rythme et s’éteint sur le sample scandé brutalement avant de renaître dans toute son ampleur. Le plus surprenant est sans doute « Danger » qui survient après « In the Shit », plus sombre et déconstruit. Le contraste nous saisit quand un rayonnant synthé envahissant l’espace sonore se fond dans un rythme breakbeat. Le morceau est non sans faire penser à « Hyph Mngo » de Joy Orbison tant il est porté à un paroxysme semblable.

L’expérimentation est présente dans l’étrangeté de « Nine » ou le génial « Heart & Soul », rework drum and bass d’une myriade de synthés angéliques. « Grief » offre une de ces balades dont l’IDM mélodique a le secret. Sur « Greater Antilles Part 2″ il réussit avec des voix séraphiques à atteindre cette atmosphère vectrice de ces sentiments difficiles à décrire, comme Secede ou Tim Hecker avant lui.

En s’exprimant en dehors de schéma attendus et en expérimentant d’avantage avec une maîtrise impeccable du style, FaltyDL crée un opus de 17 morceaux variés et cohérents. Selon l’humeur on penche plus pour les morceaux ambient ou pour ceux avec plus de beats, chaque écoute apportant son expérience. Le charme des mélodies intrigantes confirme la place de Drew Lustman parmi les esprits les plus intéressants de ces dernières années.

Tracklist :

01. Aquí, Port Lligat
02. New Haven
03. Uptight
04. Do Me
05. Greater Antilles Part 1
06. Nine
07. Frontin
08. Untitled 12
09. Ahead The Ship Sleeps
10. Rolling
11. Dos Gardenias
12. Heart & Soul
13. Grief
14. In The Shit
15. Dånger
16. Some Jazz Shit
17. Greater Antilles Part 2

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