Farron (Shaw Cuts) (FR/ENG)

Farron nous parle de son label Shaw Cuts : un travail d’une grande qualité qui mérite qu’on y prête l’oreille, l’œil fermé et le pied battant.

Farron

Label

Genre

Par Antonin Bohl
Publié le 2 août 2017 | 15:45

Chris aka Farron, et précemment LaChriz a fondé son label Shaw Cuts en 2015 après être passé chez Ilian Tape. Fort de cette expérience, le Bavarois pratique une techno sans concession tout en étant pleine de poésie. Si la majorité des sorties est actuellement assurée par le patron du label, celui-ci est déjà international avec des remixes signés de l’argentin Jonas Kopp dès la première sortie de label, avec l’excellent Equinox (SC001), et également avec les participations du Français Simo Cell et du duo russe Poima (SC004), entre autres. Un travail d’une très grande qualité qui mérite qu’on y prête l’oreille, l’œil fermé et le pied battant.



Que dis-tu habituellement lorsque tu te présentes ?

Tout dépend de la personne que je rencontre j’imagine. Mais généralement je dis que je suis un producteur de musique électronique de Bavière, que je joue live et que j’ai mon propre label appelé Shaw Cuts sortant de la musique en format vinyle et digital.

Quel était ton univers avant la techno et comment a-t-il influencé ta musique aujourd’hui ?

Je crois que j’avais 17 ans quand je me suis intéressé à la musique électronique et à sa culture. Avant cela je skatais beaucoup et mes goûts musicaux étaient plutôt Hip-Hop, Reggae ou Punk. Ma grande sœur m’avait introduit plus tôt à de la musique électronique mais je n’avais pas accroché sur le coup. A l’école j’étais dans la même année que Marco Zenker et on est devenus très potes, on trainait souvent ensemble, à faire du skate, écouter et découvrir différents genres de musique ensemble. C’est avec lui entre autres que j’ai eu ma première vraie expérience de club. Son frère Dario jouait à Harry Klein ce soir là, suivi par d’autres soirées assez régulièrement dans Munich. Toutes ces expériences n’ont pas seulement influencé la musique que j’ai pu faire ou que je fais actuellement, mais elles ont également forgé ma personnalité et ma façon de penser.


Qu’est ce qui t’as poussé à créer ton label, Shaw Cuts ?

Avoir mon propre label m’est passé par la tête pour la première fois en 2013. Au début, c’était plutôt abstrait mais j’y ai pensé de plus en plus fréquemment avec le temps. J’ai littéralement fait des nuits blanches à cause de ça. En réalité c’était très intimidant. J’étais étudiant, sans trop d’argent et sans expérience pour gérer un label, je ne me pensais pas prêt pour me lancer. Malgré cela j’ai ressenti le besoin d’être plus indépendant, de suivre ma vision musicale et de créer une plateforme pour d’autres artistes talentueux. J’ai finalement passé le cap et je ne le regrette absolument pas, bien que cela ne soit pas évident, j’adore ça et c’est très intéressant.

Dès le début, cela a été clair pour moi de trouvé le concept du label, sa vibe et son design. Etant un grand fan de vieux film d’arts martiaux, notamment la compagnie de production ‘Shaw Brothers’, et m’intéressant à ce genre de choses, je voulais créer une connexion entre l’esthétique de ces films et mon label. On peut noter les références à ces films dans chaque artwork, texte de presse, titre d’EP, dans le son en général, et jusque dans le nom du label et dans le logo.

Je vais peut-être demander à une mère quel fils elle préfère mais lorsque tu présentes ton boulot, quelles sont les productions dont tu restes le plus fier ?

C’est très dur de répondre à ça, d’ailleurs je dirais plutôt « les productions dont je suis le plus heureux » au lieu de « plus fier ». Mais même comme ça c’est dur ! Je dirais que le track « We Don’t Make No Sense » sur SC003 m’a rendu le plus heureux et soulagé quand je l’ai terminé. J’ai vraiment eu l’impression de transformer un sentiment personnel, de capturer un moment particulier dans cette production, c’est probablement la raison pour laquelle je cite ce son maintenant. Mais cela a toujours été mon but – que ça reste personnel. Je suis assez critique avec mes propres productions, j’imagine que c’est une bonne chose pour avancer cela dit.

As-tu une routine en tant que producteur / directeur de label ? Comment différencies-tu ces jobs ?

Malheureusement pas vraiment, mais j’admire les musiciens qui en ont une. Je ne suis pas musicien à plein temps donc mon autre boulot me limite un peu pour la musique, cependant pour l’instant impossible de faire autrement. Pour moi faire de la musique et la créativité ça vient par vagues. Parfois l’inspiration est au rendez-vous. Parfois pas du tout. Et essayer de produire dans ces phases de creux peu devenir très frustrant, jusqu’à se demander ce que je fais de ma vie. Je suis donc arrivé à la conclusion qu’il ne faut pas se forcer, même si parfois il arrive d’avoir un coup de chance avec cette manière de procéder. Par exemple, s’amuser avec un synthé et arriver à un point où tu ressens l’instant, où tu te perds dedans… c’est là qu’émerge l’inspiration. Cependant ces instants d’épiphanie sont très rares pour moi et ils arrivent plus facilement si l’inspiration était déjà là à la base. Dans ces phases d’inspiration, je peux produire plusieurs tracks dans la même journée, en testant de nouveaux trucs. C’est d’ailleurs amusant de mettre en relations ces phases avec mon état émotionnel. Je me sens bien plus équilibré lorsque je suis créatif.

Gérer le label est quelque chose de totalement différent pour ma part. Même si je peux être créatif là aussi vu que je fais à peu près tout moi-même. Par exemple, écrire un texte pour la presse ou préparer un artwork est une chose créative pour moi, même si j’ai toujours une base, qui est le produit musical fini. Je peux élaborer à partir de la musique et tenter d’avoir les mots justes ou le visuel adapté pour souligner les sonorités. Quant au reste du travail concernant le label, c’est des e-mails, de la promo, un petit peu de réseaux sociaux et d’échanges avec les artistes impliqués, et également rechercher d’autres artistes d’intérêt.

Aimerais-tu travailler avec certains artistes en particulier sur Shaw Cuts ?

Je pense que citer des noms ici ne serait pas correct vis-à-vis des artistes ayant déjà collaboré de près ou de loin avec Shaw Cuts. Cela voudrait dire qu’il y a des artistes plus importants que d’autres, ce qui n’est pas vraiment mon truc.

Tu as collaboré avec nombre d’artistes talentueux, dont nos locaux Oxyd et Simo Cell récemment. Pourrais-tu nous en dire plus à propos de la scène en France peut-être ?

C’est un peu dur de parler de la scène française, car ma connaissance sur le sujet est à peu près inexistante. Je connais bien sûr des artistes, labels et club français, mais je n’ai pas vraiment d’opinion sur cette scène française n’en ayant jamais fait partie. Ce que je peux dire néanmoins c’est que Paris semble particulièrement vibrante et que ce qui s’y passe est sain et intéressant aujourd’hui.

Mais concernant Oxyd et Simo Cell je peux vous en dire plus bien sûr !

Simo Cell était l’un des remixeurs sur SC004 aux côtés de Mario Zenker, Roger 23 et Poima. J’ai beaucoup aimé ses précédentes productions et j’ai ressenti quelque chose de très intéressant, versatile et frais chez lui, il fallait que je lui propose de faire ce remix ! Par chance il a accepté et le résultat est très beau. J’étais très heureux de pouvoir le rencontrer à Moscou lors de la première soirée consacrée à Shaw Cuts au club Рабица, géré par Poima et leurs potes. En plus Simo Cell a joué un des meilleurs sets que j’ai entendu depuis un bout de temps. J’ai apprécié qu’on discute de musique, de foot, du système culturel français, du boulot et bien plus. J’espère le revoir très vite et j’espère qu’il va continuer comme ça ! J’aimerais beaucoup revoir son nom sur une prochaine release de Shaw Cuts.

J’ai toujours beaucoup aimé les passages d’Oxyd chez Rinse France et c’est pourquoi je lui ai demandé un mix pour la série de podcasts de Shaw Cuts. Il a immédiatement accepté. Lorsqu’il m’a envoyé le mix terminé, je me suis calé dans le jardin, j’ai bu un Spezi avec une clope, et je me suis immergé dans ce mix incroyable que je recommande chaudement. Quel DJ de talent ! J’aimerais beaucoup le rencontrer en personne un jour !

Tu écoutes quoi en ce moment ? Des découvertes à partager avec nous ?

J’écoute toujours autant de Hip-Hop et je suis en constante recherche de nouvelles choses dans ce genre. En ce moment, j’apprécie particulièrement $uicideboy$, qui, j’en suis conscient, font une musique assez déjantée. Mais il y a selon moi une esthétique très intéressante, les beats sont fous et les mecs ont des flows géniaux. C’est la musique que j’écoute en voiture en ce moment.

Côté électronique, je pense que le label 777 Recordings fait vraiment un super boulot ces derniers temps et j’espère qu’ils continueront comme ça. Leurs sorties sont toutes impeccables et j’aime beaucoup le design du label en général.

Etant donné que j’ai la possibilité de vous conseiller quelque chose je vous recommande également le label XCPT, dirigé par mon pote Nothus et son complice Delikwe. J’adore ce qu’ils font et particulièrement COMMENT ils le font. Je suis d’ailleurs très heureux de vous annoncer que je vais sortir un disque sur leur label prochainement !

Enfin, le remix de Stenny de « Babe Roots feat. E.Pertoldi – Tribal War » est le remix le plus dingue que j’ai écouté depuis des années. En tant que patron d’un label, j’aurais probablement pleuré si je l’avais reçu. Une puissance émotionnelle pure !


Quel est le futur de Shaw Cuts ? As-tu besoin d’un plan pour le label ou laisses-tu venir simplement les choses ?

Un peu des deux je crois. D’un côté c’est normal de planifier un minimum et d’un autre les choses arrivent souvent de manière spontanée et peu attendue. Mais il y a bien sûr des choses de prévues ! La prochaine sortie du label concernera le duo russe Poima. J’ai découvert ces mecs sur Soundcloud il y a quelques années et j’étais tombé amoureux de leur live Boiler Room donc je les ai contactés et je suis super content de pouvoir distribuer leur musique. Je suis également en train de travailler sur ma prochaine sortie en solo sur Shaw Cuts, qui devrait paraître après celle de Poima en 2018. Gardez vos yeux et oreilles ouvertes !

As-tu d’autres passions en plus de la musique ?

Comme je l’ai rapidement dit précédemment, je suis un grand fan de skate. Malheureusement, je n’ai plus beaucoup de temps à y consacrer et je ne suis plus aussi intrépide qu’avant. Cela étant dit ce ne sera jamais complètement fini et il y aura toujours une planche à acheter. Atterrir sur ces 4 roues ou apprendre un nouveau trick, il n’y a rien de comparable. Le skate est bien plus qu’un sport pour moi, c’est un style de vie, un art et également un bon anti-stress.

Merci beaucoup à Chris pour son temps et sa gentillesse, on espère le voir bientôt en France !

Chris aka Farron, previously known as LaChriz, founded his label Shaw Cuts in 2015 following several releases and remixes for Ilian Tape. With this experience, the Bavarian now a makes techno that doesn’t compromise, yet remains full of poetry. If most of the releases have for the moment been secured by Farron himself, the label has already gone international since its first release, with remixes from the Argentine Jonas Kopp for the excellent ‘Equinox’ (SC001), as well as contributions from France’s Simo Cell as well as Russian duo Poima (SC004) amongst others. A high quality work that deserves to be listened, eyes closed and foot stomping.


What do you usually say when you introduce yourself to others?

That depends on the person I’m introducing myself to, I guess. But I usually say that I’m an electronic music producer from Bavaria, Germany, that I play live and that I run my own record label called Shaw Cuts which releases music on vinyl and in digital formats, too.

What was your world before techno and how has it influenced your music today?

I think that I was around 17 years old when I got deeper into electronic music and its culture. Before that I was just skateboarding a lot and having my musical focus on Hip-Hop, Reggae and also Punk. My older sister showed me some sort of electronic music sometimes, but it didn’t click right away. I was in the same year at school as Marco Zenker and we became really good friends, hung out a lot, went skateboarding and listened and discovered lots of different music together. And together with him and some other friends, I’ve made my first real club experience when his brother Dario played at the old Harry Klein one night, followed by more nights out in the clubs of Munich city on a regular base. All these experiences not just influenced the music I did in the past or the music I’m doing today, but also shaped my personality and my way of thinking about many things.

What led to the creation of ‘Shaw Cuts’?

Having my own label was something that came into my mind for the first time around 2013. At first, it was more like a game of make-believe, but all these thoughts surrounding the idea got more and more intense. I’ve literally had sleepless nights because of it. I was actually pretty scared of it. Being a student without a lot of money and no experience in the side of the label owner, I just didn’t felt ready to do it. But I’ve also felt the urge to get more independent, to follow my own musical vision and to build a platform for other artists that I find interesting and talented. And so I finally took this step and didn’t regret it at all, although it’s not easy. But I love it and it’s very exciting.
Finding the label concept, vibe and design was pretty clear to me right from the beginning. Being such a big fan of old martial arts movies, mainly by the production company Shaw Brothers and also being so inspired by this kind of stuff, I wanted to bridge between the movies’ aesthetics and my label. You can see the references to these movies in every artwork, press text, the EP titles, the sound in general and also in the label name and logo.

I may be asking to parents if they have a favorite child but when you introduce your work to people, what are the productions you are the proudest of?

This is really hard to answer for me, especially because I would maybe call it “the productions I’m the most happy about’ and not “the proudest of”. But even that is hard! I would maybe say that my track “We Don’t Make No Sense” on the SC003 made me the most happy and relieved when it was finished. I felt like that I was able to transform a very personal feeling and capture a special moment into this production and that’s maybe the reason I’m mentioning that track now. But that is always my aspiration – to keep it personal. I’m usually pretty critical when it comes to my own musical work. But I guess that’s a good thing, cause it pushes me forward.

Do you have a routine as producer / label manager? How do you differentiate those jobs?

No, unfortunately I don’t really have a routine, but I kind of admire musicians that have it. I’m not a full-time musician so my daily part-time job is limiting myself here and there a bit when it comes to music, but it’s not possible to do it in another way right now. For me making music and being able to have creative output mostly comes in waves. Sometimes the inspiration is there, sometimes it’s not there at all. Trying to make music in these non-inspirational phases can easily lead to frustration and questioning everything I’m doing (in life) and so I came to the conclusion that I cannot force my creativity, although you can sometimes get lucky with that, too. For example just messing around with a synth and getting to a point where you start to totally feel the moment, get lost in it and then the inspiration is immediately there. But these moments are super rare for me and happen more often when the creativity is already there before. And in these creative phases I’m sometimes able to make several tracks in a few days, being in the zone and trying out a lot of stuff. It’s actually very interesting to see how this creativity affects my general emotional state. I’m feeling way more balanced when I’m creative.
Managing the label is something totally different for me, although I can work creatively, too, as I’m pretty much doing everything on my own. For example, writing a press text or designing an artwork is creative work for me. But when I do these kind of things I always have something I can relate on, which is the finished music. I can build on the music and try to find fitting words or visual aspects that underline the sound. And the rest of managing the label is more like writing e-mails, doing promos and a bit of social media and exchange with the artists involved, but also looking out for other interesting artists.

Which artists would you like to collaborate with on Shaw Cuts?

I think that any name-dropping here would not be fair to all the artists that were somehow involved in the journey of Shaw Cuts, cause it would mean that there are artists out there, who would be more important to work with than the others. And that’s not my thing. It’s all fine the way it is.

You have collaborated with many great artists including our local Frenchmen Oxyd and Simo Cell recently. What can you tell me about the French scene?

It’s quite hard to tell you something about the French scene, as my deep insight in it goes zero to none. I know the music of several French artists, some record labels and clubs, but I cannot have an opinion on the French scene as I never personally took part of it. All I can say is, that I feel like that especially Paris is pretty pulsating at the moment and that there is something going on which is good, healthy and interesting.
But regarding to Oxyd and Simo Cell, I can tell you more of course!
Simo Cell took part as a remixer on the SC004 alongside Marco Zenker, Roger 23 and Poima. I really loved his past work and heard something really interesting, versatile and fresh in his music and so I had to ask him for the remix! Fortunately he was totally down for it and did something really beautiful in the end. I was also very happy to meet him in person in Moscow where Shaw Cuts had its first label night at club Рабица which is run by the Poima guys and their friends. Besides that Simo Cell played one of the best sets I’ve heard in a long time, I really enjoyed talking to him about music, football, the cultural system in France, the job life and so much more. I’m really hoping to meet this guy again and that he will keep on doing his thing! And I would really love to see his name on a Shaw Cuts record again. :)
I always really enjoyed tuning in to Oxyd’s appearances on Rinse France and so I had to ask him for a mix for the Shaw Cuts podcast series and he immediately said yes. When he sent me his final mix, I set down in the garden, drank a Spezi, had a smoke and immersed into an absolutely stunning mix. I can highly recommend it. What a talented DJ! And I’d love to meet this guy in person someday, too, that’s for sure !

What do you listen to these days? Any discoveries we should know about?

I’m still very much into Hip-Hop music and I’m always looking out for new interesting stuff in that genre. Right now, I’m very much into $uicideboy$, which is pretty insane music, I know. But I think it has a really interesting aesthetic, the beats are dope and these guys have amazing flows. This is often the music for my car at the moment.
Regarding to electronic music, I think that 777 Recordings is doing a really good job at the moment and hopefully forever. Their releases are all top-notch and I really like their label design in general. And as there is an opportunity to advise on something right now, I would like to recommend the label XCPT which is run by my buddy Nothus and his partner in crime Delikwe. I love what these guys are doing and especially HOW these guys do their business and it makes me happy to announce that I’m gonna have a record on their label soon!
And besides that, Stenny’s remix of ‘Babe Roots feat. E.Pertoldi – Tribal War’ is the craziest remix I’ve heard in years. As a label owner, I would have probably cried if I would have received that one. Pure emotional power!

What is the future of ‘Shaw Cuts’? Do you feel the need to have a plan for the label or do you simply go with the flow?

I think both. On one hand it totally makes sense to plan a bit and on the other hand things are often happening spontaneously and not as expected. But there is something lined up of course! The next record on Shaw Cuts will be by the Russian duo Poima. I’ve discovered these guys on Soundcloud some years ago and was in love with their boiler room liveset and so I’ve contacted them and asked if they are interested in working together. It will be their first solo record ever and I’m super happy to give these guys a platform for their music. And I’m also currently working on my next solo record on Shaw Cuts which should be out after the Poima record in 2018. Keep your eyes and ears open!

Besides music, do you have other passions?

Like I’ve already shortly said, I’m a big lover of skateboarding. Unfortunately, there is not that much time for it anymore and I’m also not that fearless on my board as I used to be in the past, but I could never ever just say I’m over it and don’t wanna buy a new board again. There is actually nothing comparable to the feeling of landing on these four wheels or learning a new trick in general, it’s amazing. Skateboarding is definitely not just a sport for me, it’s also a lifestyle, an art form and some sort of medicine to get away from stress.

We deeply thank Chris for his time and kindness, and hope to see him soon in France!

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