Federico Durand – El Idioma De Las Luciérnagas

El Idioma De Las Luciérnagas perpétue la belle lignée des productions de l’Argentin.

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7.8

10

Par Raphael Lenoir
Publié le 5 décembre 2013 | 19:42

Des carillons emmitouflés de crissements de criquets et de bruissements de feuilles d’arbres s’agitent paisiblement pendant que la nature gagne un repos bien mérité. Le pouls ralentit tandis que le souffle s’adoucit parmi les réverbérations éclairées perdues dans l’immensité de la nuit. Le temps, lui, perd de sa signification, et s’échappe de cette nouvelle réalité peuplée d’insectes luminescents.
Le langage des lucioles, traduction littérale d’El Idioma De Las Luciérnagas, dernière œuvre en date de Federico Durand, se niche directement dans ces cavités inexplorées de l’imaginaire, neurasthéniques tout en restant hypnotiques. Publié sur le très sélectif Desire Path Recordings avec environ une sortie tous les six mois, ce dernier long format est disponible en vinyle et en digital depuis septembre et fait suite au féérique El Libro De Los Árboles Mágicos paru l’année dernière sur Home Normal ou encore au nostalgique Saudade, issu de sa collaboration avec Tomoyoshi Date et chroniqué ici plus tôt dans l’année.

 

Tout comme ses précédents essais, El Idioma De Las Luciérnagas est fondé sur une même utopie ; celle d’un où jour la faune et la flore s’accorderaient le temps d’une nuit avec l’humanité pour former une symbiose originelle et sublime. Cet idéalisme, Fede ne l’a pas perdu depuis Arteceder, toujours aussi recherché dans ses méthodes de compositions à base de field recordings en enregistrant les divers sons des habitats naturels, des minuscules insectes jusqu’aux oiseaux les plus espiègles.
Le microcosme se dilate, ou plutôt, il semblerait que ce soit nous qui rétrécissions afin d’embrasser du regard ce que d’ordinaire il nous est impossible d’admirer. Le fabuleux titre éponyme évoque ainsi la marche d’un lilliputien parmi cette forêt broussailleuse mais chaleureuse, mystérieuse mais accueillante. Nous voilà dans une contrée pacifiée, sans heurts ni mœurs, hospitalière mais pas domestiquée, un havre de paix sauvage qui jamais ne perd en authenticité. La nature fait bien les choses dit-on, qu’à cela ne tienne, un lit de fougère s’offre à nous pour passer cette nuit dans la volupté, les cinq sens cherchant alors à capter et absorber les infimes mutations de cet espace boisé.
Le minimalisme épuré de Huemul composé des échos d’une boucle au clavier et parsemé de ces prises de sons, mais aussi les cordes sous tensions de Mumi rappelant les improvisations du dernier Seaworthy + Taylor Deupree (chroniqué ici) sont loin de ternir l’éclat de ces fragrances champêtres nimbées d’un halo de lumière dont nous sommes si peu coutumiers. Bien au contraire puisque des cataractes de lumière proviennent de ces étranges lucioles qui se concentrent puis se dispersent dans l’obscurité profonde.

 

Si la manie du détail est la qualité reine de tout bon artiste qui se respecte, Federico Durand prouve une fois encore qu’il est un maître hors pair en la matière. Certes, les deux premiers morceaux ne sont peut-être pas aussi touchants que l’on aurait escompté, mais ce léger faux pas est largement compensé par un nerf central tout à fait féérique et allant droit au cœur.
El Idioma De Las Luciérnagas perpétue ainsi la belle lignée des productions de l’argentin, tout en finesse et humilité devant une nature, sublime chère au romantique qui sommeille en nous. Un éden luxuriant qui envoutera tout un chacun dans une transe fantasmagorique au pays des rêves bleus.

Tracklist:

1. Los niños izan las estrellas con hilos de plata
2. El espejo de mil años
3. Huemul
4. El idioma de las luciérnagas
5. Mumi
6. Los cristales soñadores
7. Una ciudad al pie de las montañas

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