Femme En Fourrure – The Beach

Derrière la précision du sound design, Femme En Fourrure parvient ainsi à nous laisser voir son enchevêtrement brumeux de tissus divers : il ne reste plus qu’à maintenir un équilibre nécessairement précaire dans une musique propice au vertige.

FEMME-EN-FOURRURE---THE-BEACH-EP

7.5

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 12 janvier 2014 | 16:30

Les musiques électroniques regorgent d’exemples d’artistes ayant débuté de belle manière, avant de décevoir en se fourvoyant dans des écueils récurrents : essoufflement d’une formule bien rodée, tentatives manquées de verser dans d’autres sphères. Le cas inverse, s’il se présente, semble en revanche paraître plus rare : on pourra par exemple penser à la récente et fabuleuse reconversion de Mumdance en anatomiste du grime.

 

Il se pourrait bien que Femme En Fourrure s’inscrive dans cette catégorie. Car après quelques singles se complaisant dans une vulgaire facilité il y a plusieurs années, le duo finlandais s’est lentement réorienté vers des cercles plus sombres, introduisant dans sa musique une tension bienvenue. Par la même occasion, les noms associés au projet se font nettement moins douteux que par le passé : remixes par Nguzunguzu ou South London Ordnance, et surtout une signature sur Convex Industries pour un album passé inaperçu mais recelant son lot de promesses.
The Beach, nouvel EP du projet, s’inscrit dans cette lignée. On passera assez rapidement sur un morceau-titre sympathique mais souffrant toujours de déséquilibres flagrants : si le travail sur la voix, les leads phosporescents attirent immédiatement l’attention, le duo semble chercher trop franchement un single à sa mesure, au point de se parer d’allures de copie allégée de The Knife.

Dommage, car la balance s’ajuste ensuite : « Palms Glide Up Thighs » semble ainsi enfin réaliser le potentiel du groupe. Séance d’hypnose autour d’un kick métronomique, le titre suggère, de par ses vocaux sussurés, une sensualité latente, mais toujours distante, les triturations les menant vers l’inhumain. On assiste enfin à l’envol de l’ensemble au biais de nappes synthétiques troubles, ouvrant sur un final de percussions et de songes irréels.
Reprenant les recherches rythmiques en cours, « Apple Of My Eyes », tout aussi réussi, se donne le temps d’introduire une atmosphère voilée, rendant, plus loin, tout leur sens aux inflexions aussi darkwave que shoegaze du titre. La finesse de la production se donne à voir par des sifflements venant planer au-dessus d’un délicat martèlement percussif.

 

Au remix, Maria Minerva agrémente « The Beach » de mélodies nouvellement hallucinées, sans parvenir à rectifier les disproportions initiales. Peu importe. Retenons principalement deux titres centraux dotés d’une atmosphère rare, et touchant enfin à ce que l’on pouvait espérer du duo. Derrière la précision du sound design, Femme En Fourrure parvient ainsi à nous laisser voir son enchevêtrement brumeux de tissus divers : il ne reste plus qu’à maintenir un équilibre nécessairement précaire dans une musique propice au vertige.

 

Tracklist :

01. The Beach
02. Palms Glide Up Thighs
03. Apple Of My Eye
04. The Beach (Maria Minerva’s Arrythmia)

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