Field Rotation – Acoustic Tales

La qualité de ce premier véritable album est à la hauteur des espoirs placés en lui.

FieldRotation-AcousticTales

8.3

10

Par David Robert
Publié le 27 avril 2011 | 22:53

C’est après un EP self released que Field Rotation fait ses premiers pas sur le naissant Fluid Audio fin 2009, en signant la 2ème release du label avec “Licht Und Schatten”. Aussi superbe soit cet EP, l’intéressé dira lui même qu’il serait sa dernière sortie centrée sur l’électronique, prévoyant ainsi des travaux plus acoustiques dans le futur.
Plus d’un an et demi après, il est grand temps de vérifier si les paroles du sieur Berg n’étaient pas lancées en l’air, et si la qualité de ce premier véritable album se veut à la hauteur des espoirs que ses adorateurs avaient placé en lui.

A lui seul, le titre répond à la première des deux interrogations : l’acoustique sera le fer de lance de “Acoustic Tales”. Mais attention, il ne s’agit pas ici d’un bal privé entre uniques outils sonores traditionnels. Si les lignes de  harpes, de pianos, de violons et même de l’instrument parfois appelé servante du Seigneur, l’orgue, sont les principaux protagonistes de la narration de l’allemand, les arrangements sont bel et bien issus d’algorithmes soniques chères à toutes ces machines électroniques qui n’en finissent pas de révolutionner la musique.
Nombreux sont les musiciens à la formation classique qui se permettent de penser que la musique ne peut avoir de formes, de races, ou d’outils pré-définis pour la façonner. Grand bien leur en fasse, et si il existe encore des puristes qui pensent que bois et cordes sont définitivement à opposer aux circuits imprimés, et que la fusion des deux ne peut-être, en aucun cas, une alchimie, qu’ils écoutent alors ce que Christoph Berg tient à dire.
Mais là ou un argumentaire en bonne et due forme dans la langue de Molière pourrait être bien vite oublié, l’écoute d’un album aussi sublime que celui-ci risque de marquer les esprits au fer rouge, demeurant ainsi la meilleure des rhétoriques. La deuxième des interrogations s’en voit ainsi balayée des plus rapidement : la beauté de “Acoustic Tales” fait si mal aux yeux qu’il serait presque insolent de ne pas joindre ses paupières à son écoute, et de s’ouvrir ainsi entièrement aux grands espaces qu’elle déroule.
Empli d’une mélancolie chaste de tout desseins noires qui n’a d’égal que la clairvoyance avec laquelle Fiel Rotation voit le monde, l’homme ne fait pas que repeindre les paysages qu’il voit, il les transcende par le biais de sa musique. Les glitchs et autres arrangements servent d’appuis aux complaintes hyalines, qu’elles soient poussées par des cordes ou alimentées par le vent. Et même si parfois quelques drones viennent brouiller cet édifice de cristal, la magnificence n’est est en rien altérée.

Bien que le temps semble, au grès des pérégrinations de Field Rotation, s’étirer à l’infini, la beauté ne peut définitivement pas être éternelle. Pour le commun des mortels, la meilleure chose à faire reste donc d’essayer de s’en saisir lorsque l’on pense l’apercevoir.

Tracklist :

01 Field Rotation – Acoustic Tale 1 (Introduction)
02 Field Rotation – Acoustic Tale 2
03 Field Rotation – Acoustic Tale 3
04 Field Rotation – Acoustic Tale 4 (With Danny Norbury)
05 Field Rotation – Acoustic Tale 5
06 Field Rotation – Acoustic Tale 6
07 Field Rotation – Acoustic Tale 7 (Inspired By Franz Kafka)
08 Field Rotation – Acoustic Tale 8 (Dedicated To Sergei Rachmaninoff)
09 Field Rotation – Acoustic Tale 9
10 Field Rotation – Acoustic Tale 10
11 Field Rotation – Acoustic Tale 11 (Appendix)

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