Focus sur Bass Paradize

Parce que parler de musiques électroniques, c’est aussi tourner les projecteurs vers les acteurs qui leur permettent de s’exprimer, nous revenons sur l’un de nos collectifs favoris du moment, tenant d’une identité à part sur la scène et d’événements toujours réussis.

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Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 30 janvier 2016 | 9:12

Parce que parler de musiques électroniques, c’est aussi parler des acteurs qui contribuent à l’existence des scènes, nous avons décidé d’orienter, pour une fois, les projecteurs vers l’arrière-plan. C’est que de notre point de vue – et vous avez déjà certainement pu vous en rendre compte si vous nous lisez régulièrement –, Bass Paradize constitue tout à la fois l’un des plus prometteurs, l’un des plus audacieux et l’un des plus intéressants collectifs parisiens du moment. La recette est pourtant simple : une identité stylistique revendiquée, des line-ups à la hauteur de cette ambition, alignant DJs reconnus et newcomers en pleine ascension, et une attention particulière prêtée aux petits détails qui changent une soirée. Voilà qui est suffisant pour imposer Bass Paradize sur la carte des meilleures soirées auxquelles nous avons assisté sur Paris au cours des douze derniers mois.

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Kahn & Neek, V.I.V.E.K, Youngsta, Joe Nice, Kromestar, Distance, Silkie, Quest. Cela s’apparente à une liste des meilleurs DJs de la scène dubstep – depuis son apparition pour certains. Ce n’est pourtant qu’une partie des noms invités par le collectif sur Paris depuis novembre 2014. Faisant le constat de la quasi-disparition du genre dans la nuit parisienne, le collectif a entrepris de le remettre en scène, affichant clairement son orientation, et sans hésiter à inviter trois ou quatre guests par soirée. Pour son premier anniversaire en décembre dernier, Bass Paradize nous donnait la chance d’entendre la légende Youngsta, mais aussi Von D, l’un des pionniers du genre en France, Proxima, désormais passé au rang d’artiste confirmé, et deux des meilleurs représentants de la scène locale, Snowball et HazeO de chez Exploration Music. S’ils tendent à s’ouvrir à des inflexions drum’n'bass, grime ou dub, les line-ups proposés font preuve d’une cohérence à toute épreuve, étincelle qui fait les soirées mémorables : on se contentera de rappeler le b2b improvisé de Kahn, Neek et Wen qui clôturait avec brio la deuxième soirée du collectif.

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Si une telle identité semble suffire à faire l’originalité de Bass Paradize au sein de la scène, la démarche du collectif ne s’arrête pas là. C’est précisément cette volonté d’approfondir les choses afin de se rapprocher d’une expérience dubstep à l’anglaise qui l’impose à notre avis parmi les acteurs à suivre : afin d’accueillir artistes et danseurs comme il se doit, le collectif fait appel à des soundsystems artisanaux de premier choix, couvrant la salle de basses. Lors du premier anniversaire, le Woulaï Dub Soundsystem nous a par exemple impressionné par un son puissant, profond et clair, à même de restituer toute la force des sets entendus. Pour ne rien gâcher, le collectif s’attache à programmer ses soirées dans des lieux qui font la différence par une atmosphère à part. Il ne s’agit pas ici de s’inscrire dans un énième « secret warehouse » : si les salles choisies sont en général des clubs classiques, ils dénotent par leur capacité à rapprocher artistes et publics, tout en laissant suffisamment de place à chacun pour prendre part dans une ambiance que l’on retrouve de soirée en soirée. Après avoir installé les subwoofers au Petit Bain, Bass Paradize a organisé son premier anniversaire au Belushi’s, soit au sous-sol d’une auberge de jeunesse située Gare du Nord. Contre toute attente, ce choix a permis à la soirée de se dérouler dans les meilleures conditions : une fois traversée la foule du rez-de-chaussée et descendu un escalier, se dévoile une cave où les basses enveloppent les corps de l’audience, laissant chacun profiter de l’instant dans un lieu clairement inattendu, mais qui rajoute finalement un élément de plus à cette impression tenace de vivre un moment spécial. La définition d’une excellente soirée, en somme.

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Bref : une démarche claire, simple mais assurée, un soin et un sens évidents de l’organisation et une réalisation toujours irréprochable, les soirées Bass Paradize s’affirment d’édition en édition comme un rendez-vous incontournable, où l’on se rend pour retrouver une atmosphère qui ne fait jamais défaut. Deux solutions s’offrent à vous pour la découvrir : s’attarder sur ce podcast mixé pour notre série par Hanuman Jr, membre du collectif, ou tenter l’expérience lors de la prochaine édition, le samedi 6 février au Belushi’s. Pour l’occasion, le crew fait appel à l’un des labels phares de la scène actuelle, qui n’a de cesse de nous abreuver de releases de qualité : Innamind, fièrement représenté par son fondateur Kursk et par les excellents Las, Mikael, Karma et Egoless, accompagnés des résidents Serj et Soza. Affaire à suivre donc !

Crédit photo : Sgmé Remok, Meloman

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