Greg Beato – Who’s The Licho In Charge Ovaa Here

L’acid est tendance mais rares sont les producteurs qui savent en faire quelque chose d’unique : Greg Beato en est un.

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8.0

10

Par Sylvain Pineau
Publié le 9 décembre 2013 | 19:09

Catapulté en moins d’un an par ses sorties sur L.I.E.S. et Apron Records (Funkineven), dont il officialise la création avec sa première release, Greg Beato revient encore plus endurci et imaginatif. Le parcours de sa discographie fait ressentir un style particulier et assumé qu’il ne cesse de peaufiner.
Après l’écoute, on reste sans voix. Les morceaux diffèrent les uns des autres et sont relativement courts. On les parcourt donc avec avidité.

Les hostilités débutent avec « Intermission », trois minutes de flottement dans les airs, où un sample aigu ressemblant au cri d’une mouette évoque l’océan. Un track semblable aux ambiances que l’on peut retrouver dans le célèbre « Nation 2 Nation » d’Underground Resistance. C’est plutôt bon signe pour la suite…
Surprise dès le premier kick du second morceau : très prononcé, il transforme notre virée maritime en quelque chose de moins apaisant. Les cymbales frappent fort, la nappe acide s’impose déjà avec violence, jusqu’à devenir corrosive à son pic. Quelques notes de synthés et une mélodie beaucoup moins sombre prennent alors le dessus avec respect, sans étouffer vraiment l’extrême acidité omniprésente jusqu’alors. On s’attend à d’autres réjouissances mais le titre s’arrête, dommage : un atterrissage en douceur aurait été le bienvenu et l’on reste sur notre faim.
Cependant, le troisième track « Dreamin » nous aide à combler ce manque. Un kick aussi violent que celui ressenti dans le précédent morceau ouvre le bal. Il est rejoint par une nappe house mélancolique avec un supplément de snares 707 du plus bel effet. La house mélodique se fait acid avec l’incontournable TB-303 en milieu de morceau, virant jusqu’à la fin vers un acide absolu.

« Worship These Balls » suit : titre le plus long, où un beat dépouillé dépeint une ambiance inquiétante. Une tempête gronde au loin et finit par éclater ; elle est encore fois l’élément majeur, et même ici unique. Un kick un peu trop discret parfois s’intensifie avec ces fameuses montées sur-dopées évoluant de manière totalement aléatoire : ‘For club use only’.
Beato nous entraîne enfin dans son côté le plus noir avec un dernier morceau dont le titre ravira les amateurs de black metal, mais les fera sans doute fuir en moins de trente secondes. On accroche ou pas, mais l’intérêt est certain : un climat stressant, complété par la complainte d’une créature venue d’outre tombe, une voix stridente… Le calme revient, la bête s’apaise et on la quitte par un nouveau gémissement ; ce qui s’est passé, on ne le sait pas mais on a envie de le découvrir dans le prochain disque !

En somme : des productions efficaces s’imbriquant les unes dans les autres, parfois trop courtes, pour un EP qui ravira les fans de neo acid, le poulain d’Apron l’utilisant avec générosité et originalité. Il est vrai que l’acid est tendance mais rares sont les producteurs qui savent en faire quelque chose d’unique : Greg Beato en est un.

 

 

Tracklist :

A1 – Intermission
A2 – Who’s The Licho In Charge Ovaa Here
A3 – Dreamin
B1 – Worship These Balls
B2 – Satan’s Daughter Is Back

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