Gremlinz & Ahmad – Nibiru / The Orchid

La jungle a encore de beaux jours devant elle.

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8.0

10

Par Martin Drazel
Publié le 23 décembre 2013 | 18:29

Paradox, rude-boy indien résistant à l’invasion d’une drum & bass anglaise quelque peu aseptisée, tient fièrement un label éponyme qui n’en finit pas de pondre des disques jungle estampillés « 1992 ». La dernière sortie du label, signée du canadien Gremlinz et de son pote Ahmad, ne déroge pas à la règle, livrant sans concession deux tracks puissants, réminiscences du temps où les amen breaks en folie faisaient loi.

« Nibiru (babylonian astronomy) » s’introduit sur une longue nappe assez inquiétante, avant que les beats, sources et piliers de tout le track (tradition de junglist) ne viennent faire galoper cette ambiance d’outre-tombe. Une bass bien profonde vient rebondir sur cette rythmique endiablée, puis l’éternel horn FX (ce bon vieux « pom pom pom ») se met à répondre à des vocales annonciatrices de « breaks ! ».
Un morceau certes ouvertement axé dance-floor, mais qui possède une puissance presque bestiale, bel hommage à une époque quelque peu oubliée par la drum & bass actuelle. De la jungle urbaine, des sneakers sales qui se croisent en sautillant partout, des hoods et de la fumée condensée dans un garage : voilà le genre d’ambiance suintante qui se dégage de cette astronomie babylonienne (évocation enflammée tout à fait justifiée).

Sur « The orchid », les deux compères nous livrent un traitement un peu plus actuel, laissant parler un kick jumelé à une bass toujours aussi profonde et dansante. Dès l’arrivée de cette dernière, de longues nappes très « science-fiction » (autre tradition de junglist) posent une ambiance assez sombre, signature particulière de Gremlinz. Puis, soudainement, en plein milieu d’une séquence, un énorme amen break syncopé et découpé avec une précision de chirurgien vient faire exploser le track. La technique développée sur les edits de cette boucle légendaire (dont on pensait pourtant avoir fait le tour) est preuve d’une grande capacité à créer du groove.
Après une coupure où les nappes réapparaissent, le morceau reprend sur le kick seul, des effets assez spatiaux, et l’attente du retour de cette boucle dévastatrice. Bien entendu, celle-ci revient revendiquer sa place d’axe rythmique, et le morceau se termine ainsi, sur une apothéose de nappes mélangées à ce pack beats/bass des plus efficaces.

On saluera le retour fracassant d’une recette qu’on pensait pourtant bien enterrée et dépassée par les techniques de production actuelles. Il est salutaire de la part de Paradox music de continuer à signer de la jungle aussi puissante. Ils rappellent à eux seuls que ce penchant rude-boy de la drum & bass est loin d’être relégué à une simple leçon d’histoire, la jungle ayant encore de beaux jours devant elle. Posez ce disque dans un hangar sombre et enfumé, vous verrez tout de suite de quoi je parle !

 

 

Tracklist :

1. Niburu
2. The Orchid

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