Guido – Moods of Future Joy

Confirmation d’un talent certain, Guido évite ici habilement la redite avec un album du plus grand intérêt.

Guido-Moods-Of-Future-Joy-Artwork

7.7

10

Label

Genre

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 5 novembre 2013 | 20:03

Vers 2009, le mot purple s’est trouvé associé à une énième scène de Bristol. Coincé entre le dubstep et le grime (mais tirant plus vers le premier), le son, porté par Gemmy ou Ginz (par ailleurs membre d’Emptyset!), tirait partie de sonorités de jeux vidéos ou de thèmes G-Funk pour faire exploser sa simplicité, mais aussi sa terrible efficacité.
Le genre a un temps paru régner sur le dubstep, porté par les singles incendiaires de Joker. Mais la bulle finit par éclater. L’album tant attendu de Joker pour 4AD sera une déception, et le terme de purple se fondra dans les premières évocations de celui de « bass music« .
L’album définitif du genre était pourtant déjà sorti : avec son merveilleux « Anidea », Guido le perfectionnait en lui ouvrant de nouveaux horizons, donnant au son d’instruments MIDI une expressivité inédite. Très silencieux depuis, Guy Middleton a donc su faire attendre son second jet, sautant pour l’occasion de Punch Drunk à Tectonic.

Et l’on se prend bien vite à douter. La faute à ce single raté en ouverture, où le simplisme prend le pas sur la simplicité : une ligne vocale banale, plaquée sur un arpège pas réellement plus inspiré. Le niveau n’est pas relevé par un « Heartful Dodger » aux réminiscences de 2000F & J Kamata sans retranscrire leur second degré.
La désillusion point. Mais « Same Road » vient plus que rattraper ce faux départ. Le changement est palpable dès les premiers accords jazzy, ouvrant enfin une atmosphère.
« Letting Go » s’ensuit et achève de nous rassurer : le voilà, le single vocal parfait que cherchait Guido, qui vient effacer le souvenir du premier titre. Une rythmique simple et carrée, un chant qui passe enfin, et l’élégance retrouvée d’un Guido suffisamment confiant pour mettre ses sons 8-bit à nu durant un refrain minimaliste. Capable de varier les atmosphères en se contentant de jouer sur la vitesse de son arpégiateur, Guido semble retrouver ses esprits.

On navigue, dès lors, d’un enchantement à un autre. L’Anglais épate une nouvelle fois par sa capacité à faire montre d’une remarquable finesse en se fondant sur des synthétiseurs rugueux – qui nécessitent d’ailleurs toujours un temps d’adaptation. « Jupiter », superbe, aurait tout à fait sa place dans une soundtrack de Metroid, enlevé par un piano et par des cycles mélodiques épars. On retrouve en pleine lumière les orchestres MIDI qui faisaient le bonheur des premiers titres de Guido sur un « Midnight Savannah » qui se paie le luxe de faire discrètement référence à son classique « Mad Sax » (cherchez bien!).

 

De la profondeur de la ligne de basse et des variations rythmiques finales de « Lucky Git » aux sons stridents de « NRG », tout semble sourire à un Guido étalant sa maîtrise avec classe. Plusieurs écoutes sont évidemment nécessaires pour démêler tous les charmes de ce « Moods of Future Joy » – un comble au vu, une nouvelle fois, de la simplicité mise en avant !
Et ce, d’autant plus que l’on ne trouvera pas ici de titre aussi immédiatement accessible que les classiques « Orchestral Lab » ou « Shades of Blue ». Mais l’ensemble ne manque pas de séduire. Sans toucher aux sommets d’il y a trois ans, Guido évite le piège de la redite tout en conservant son identité, livrant un album solide alors que le risque de décevoir était grand.

Tracklist :

01. Green Eyed Monster (GEM)
02. Heartful Dodger
03. Same Road
04. Letting Go
05. Lucky Git
06. Jupiter
07. NRG
08. Afrika Pt 2
09. Midnight Savannah
10. Kalm
11. Squeaky Jungle

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