Helix – Club Constructions Vol. 4

Helix n’y va pas par quatre chemins : une minute et tout est déjà dit.

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7.6

10

Label

Genre

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 23 juin 2013 | 11:23

Ecoutez la première minute de ce Club Constructions Vol. 4 : sub-bass, percussions martiales, rythmiques sinueuses, tout y est, vous voilà au cœur d’une rave londonienne. Londonienne ? Raté. Car s’il semble difficile de qualifier Atlanta de centre névralgique de la scène électronique internationale, c’est bien du Sud-Est des Etats-Unis que provient Helix.
Illustrant à merveille les échanges d’influences permis par Internet, le jeune Helix a baigné dans le grime et autres sons estampillés UK à distance. Répétant souvent en interview la nécessité qui était sienne d’imaginer ce qu’était un club à l’européenne, à défaut de pouvoir en fréquenter dans sa ville natale, l’artiste s’est donc forgé l’image d’une culture avant de composer des pistes en fonction de celle-ci.

Finalement, Helix est donc tout à fait à sa place sur Night Slugs, un label qui semble depuis sa création interroger la notion de frontières, tant géographiques que musicales, avec un son qu’il est difficile de qualifier autrement que par son nom même – peut-être illustré le plus parfaitement récemment par l’incroyable Ballad 4D de L-Vis 1990. Beau Thigpen semble même parfaitement intégré dans l’évolution vécue depuis un peu plus d’un an par le son Night Slugs, illustrée par le grandiose album de Jam City, puis cette année par la compilation Night Slugs Allstars Vol. 02, érigeant un minimalisme squelettique en norme tout en gardant pour objectif les dancefloors. Le label anglais a d’ailleurs lancé l’an passé la série Club Constructions, comprenant des morceaux plus spécifiquement érigés pour ces derniers : succédant au Bring In The Katz de KW Griff, c’est donc notre Helix qui s’attelle cette fois à la tâche pour ce quatrième volume.

 

On l’a déjà souligné, Helix n’y va pas par quatre chemins : une minute et tout est déjà dit. Dès les premières secondes, les hi-hats font feu dans tous les recoins, la frénésie s’installe ; kicks, claps, breakbeats se mêlent à une vitesse semblant stroboscopique – alors que tout l’EP tourne aux alentours de 132BPM –, et même les synthés qui finissent par faire leur apparition plusieurs minutes plus loin ne semblent être là que pour susciter une sorte de vertige vous contraignant, au minimum, à secouer la tête au son de ce carnage rythmique. Whoosh Ice Dispenser donne le ton : l’heure n’est pas à l’introspection.
Track Titled 1, tout en hachures saccadées, poursuit le travail avec brio, en se contentant d’une structure simple répétée sans fin : Helix crée une tension, puis la relâche à grands coups de kicks minutieux, sans ménager le moindre répit.

Finalement, l’enchainement des deux versions de Linn Jam est peut-être le plus éclairant de cette recherche d’un minimalisme visant à l’efficacité absolue : le morceau nous est tout d’abord présenté dans une version exclusivement percussive, avant une reprise « With Synth ». Comme si cette ligne rythmique complexe, quasi-industrielle, pouvait non seulement complimenter une mélodie entêtante, mais aussi exister seule, en auto-suffisance. Le côté fascinant de cet EP – et finalement, de toutes les productions Night Slugs – en découle : d’une simplicité extrême, d’un dépouillement total, ces titres, à même de retourner n’importe quel club, font preuve d’une grande finesse en ce que chaque son, chaque micro-rythme semble se situer à sa place parfaite. On comptera au maximum deux, trois sons en même temps, mais leur arrangement est suffisant : tout autre ajout semblerait superflu. Une certaine tension s’insinue entre cette simplicité apparente des sons utilisés et la complexité des lignes dans lesquelles ils s’intègrent. Le tout fonctionne comme une sorte de mécanique réglée au millimètre pour mieux remplir son rôle : mettre vos rotules en mouvement.

En fin de partie, Damnson vient achever ce qu’il vous restait d’hésitations en mettant en œuvre ses dernières ressources : kicks toujours plus intenses, claps métronomiques, synthés à vous clouer sur place – s’il n’y avait ce rythme obsédant pour les en empêcher. Trois minutes de claps tortueux finissent enfin ce cyclone percussif comme il se doit : en vous donnant l’envie irrépressible d’y retourner.

 

Tracklist :

01. Whoosh Ice Dispenser
02. Track Titled 1
03. Linn Jam (No Synth)
04. Linn Jam (W/ Synth)
05. Damnson

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