Huxley – Inkwell

En trente minutes ravageuses, Huxley écrase tous les doutes.

136053

8.0

10

Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 11 décembre 2013 | 16:20

Il semble étonnant qu’Inkwell ne soit que le premier EP d’Huxley pour Aus Music : de fait, Michael Dodman a en commun avec le prolifique label britannique (12 références en 2013!) un goût prononcé pour une house léchée, lorgnant vers un certain UK Garage et produite pour tendre une forme d’idéal de simplicité. Dans le genre, le basculement du côté du générique peut parfois apparaître comme une tentation, et si Aus semble toujours tirer son épingle du jeu à travers des sorties sachant mettre en lumière leur supplément d’âme, on a parfois repris Huxley, par ailleurs auteur de hits imparables, à frôler ces terres plus « safe ».

 

Toujours est-il que l’association de ces deux noms ayant su se porter au rang de marque de fabrique au fil des années avait de quoi créer des attentes. Par chance, Huxley, plus coutumier d’Hypercolour, y apparaît dans sa plus belle forme, nous offrant par la même occasion ses meilleurs titres de l’année. Au programme donc, des basslines soigneusement arrondies, englobant des samples de voix découpées au millimètre et des patterns rythmiques visant au ravage de dancefloor. Rien de très original en somme, mais la formule fait ici systématiquement mouche ; mieux encore, chacun des trois titres semble marquer une étape supplémentaire vers une frénésie club totale, comme une montée orchestrée avec minutie.

Ainsi, alors que le morceau-titre nous laisse déjà admirer le détail de chacun de ses éléments, et notamment d’un sample féminin qui ne vous lâchera plus, la version Club de « Creeper » qui lui succède nous assène un coup supplémentaire quant à sa bassline propulsant des boucles de voix sous hypnose, qui se superposent jusqu’à l’euphorie la plus totale.
C’est vraiment sur « Side Long Summer Night », néanmoins, que Huxley nous fait frôler la démence, au biais d’une construction parfaite, laissant une voix grave et hédoniste ouvrir les portes d’une nouvelle impulsion techno aux bords de l’épilepsie, étendant son groove sur plus de sept minutes. L’enchaînement des deux titres nous laisse rompus par l’une des plus belles déferlantes de basses synthétiques de l’année.

 

Si la version vinyle nous laisse le souffle coupé, la version digitale se trouve agrémentée d’un autre edit de « Creeper » nous faisant lentement redescendre. L’impression de faire face à la meilleure proposition d’Aus Music en une année hyperactive pour le label ne nous lâche en tout cas pas : en trente minutes ravageuses, Huxley écrase tous les doutes qu’avaient pu susciter certains de ses singles.

Tracklist :

01. Inkwell
02. Creeper (Club)
03. Side Long Summer Night
04. Creeper (Digi Version)

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top