À peine six mois après avoir ouvert ses portes fin 2007 avec la sortie de la compilation “Emerging Organisms” (dont le dernier volume est chroniqué ici), Tympanik souhaitait la bienvenue dans son écurie à Integral. S’en suivi alors la sortie de “Rise” mi 2008, un album bluffant de maîtrise, chouchouté de part et d’autres par les amateurs d’idm soft et immersive.
Trois ans plus tard, le duo allemand est de retour avec la sortie (le 01/11) d’un nouveau long format intitulé “The Past Is My Shadow”, annoncé comme une collection de morceaux récupérés à l’époque pré-premier album. Faut il entendre là qu’il s’agit d’un ramassis bigarré de titres repêchés à la sauvette au fond de leurs tiroirs teutons avant que la commode en question ne parte à la déchetterie ?
Pas tout à fait non.
Que ceux qui ont penché le torse pour faire une révérence lors de la sortie de “Rise” se massent les rotules, il leur faudra ici se mettre à genoux.
Entre paysages sombres et sinistres, reflets mélancoliques et ambiances épiques ou malsaines, cet album est doté d’un pouvoir pictural si présent qu’il en serait presque effrayant. Là où le premier album offrait un monde synthétique, enclin à s’écraser sous le poids de ses deux créateur, ce second offre un schéma différent, et ce pas seulement parce que l’usage d’instruments classiques y est bien plus présent. Il y a quelque chose ici d’éperdument vivant et organique qui ne se retrouvent que rarement à un tel niveau dans les galettes du genre. Les machines, les boites, les pianos, les cordes et tout autre objet à usage musical, semblent à même de faire leurs propres choix, se libérant par le même biais de leur simples conditions d’outils. Et pourtant, les rythmiques bien que parfois trempées n’affirment pas un breakcore frénétique, les mélodies, certes de temps à autres torturées, ne deviennent pas dissonantes à chaque coin de mesure, les nappes ethérées ne viennent pas s’orgueillir d’une rage dronée et les glitchs féconds ne saturent pas de leurs aléas l’espace sonore.
Le ‘sans maître’ n’est donc pas ici synonyme d’anarchie ou de chaos totale, et ce pour une simple et bonne raison : David Rotter et Rafael Milatz ont trouvé le moyen de travailler d’égal à égal avec leurs instruments, main dans la ‘main’, transcendant de ce fait la musique qu’ils délivrent.
“The Past Is My Shadow” n’est donc ni plus ni moins qu’un chef d’oeuvre, qui se retrouvera à coup sûr parmi les meilleurs albums de l’année.
En puisant dans son passé, Integral trouve bien plus que sa simple ombre. Tout du moins, on imagine mal comment il pourrait en être autrement tant il est difficile d’entrevoir les possibilités de ce duo si tel n’était pas le cas.
“For us, this is the real debut album… a release of the past and an opening for the future. We invite you to take a journey with this album and find your own place somewhere in this universe of sound.”
Tracklist :
Disque 1 :
1. Als Wären Wir Niemals Gewesen
2. Pop Realtá
3. Work With The Mind
4. No Peace
5. Synthie Raga
6. Rubikon
7. ?
8. Die Revolution des Verstandes
9. A Taste Of Your Future
10. Atakama
Disque 2 :
11. Asphalt Architechture
12. Bells
13. CPU Fairytale
14. Waiting
15. And Never Lose Hope
16. Githarsis
17. Radio Sehnsucht
18. The Past Is My Shadow
Publié le 13.12.2011
Note de la rédaction: 8.3/10
Artiste: Integral
Titre: The Past Is My Shadow
Format : Album
Label : Tympanik
Date de sortie : 01.11.2012
Cat# : TA062
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