Commodo (FR/ENG)

Quelques questions à Commodo, à l’occasion de son passage parisien dans le cadre de la launch party de l’Outlook Festival, organisée par Bass Paradize.

11754507_845245452228264_5120899453437673905_o
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 21 avril 2017 | 13:58

De sortie en sortie, Commodo s’est imposé, depuis le début de la décennie, comme l’une des figures centrales de la scène dubstep. Adoubé par l’institution Deep Medi Musik, auteur d’un excellent album collaboratif avec Kahn et Gantz, puis d’un brillant album solo l’année passée, l’artiste a progressivement développé un son immédiatement reconnaissable, insufflant sa propre palette musicale au sein de structures dubstep finement disposées. Au fil des années, le Britannique est ainsi parvenu à faire de chacune de ses sorties, mais aussi de chacun de ses passages un événement attendu : autant vous dire que l’on se réjouit d’assister ce soir à l’un de ses rares passages parisiens, à l’occasion de la launch party officielle du Outlook Festival, organisée par Bass Paradize à bord du Concorde Atlantique. Commodo y sera présent aux côtés des remarquables J:Kenzo et Jonah Freed, ainsi que d’Argo, Hanuman Jr et Grrr. Nous avons sauté sur l’occasion pour lui poser quelques questions, auxquelles Commodo a accepté de répondre.


Tout d’abord, pourquoi Commodo ? Ça se réfère au dragon ou plutôt à l’ancienne appellation d’un musicien « commode » ?

Ni l’un ni l’autre, en fait. Vers 2008, j’avais fait quelques morceaux, donc je voulais faire un Myspace (hé oui). J’ai écrit mon vrai nom, puis j’ai enlevé et interverti certaines lettres, et je suis resté sur Commodo sans trop savoir pourquoi. Il s’avère que c’est relativement similaire à un anti-virus, un gros lézard, un mot qui signifie à peu près confortable en italien et en espagnol, et un empereur romain.

Ta musique sera toujours axée bass et dubstep ? On a des chances de voir Commodo dans d’autres styles, électroniques ou non ?

A un moment, j’avais envie de m’écarter un peu des sons électroniques centrés sur la basse pour faire quelque chose de plus organique. C’est toujours une possibilité, mais j’adore toujours les musiques de soundsystem et l’atmosphère des soirées où l’on joue cette musique.

Ça ressemble à quoi une session studio avec Gantz et Kahn ? Vous avez une méthode spécifique pour travailler ensemble ?

En fait, on n’a jamais travaillé ensemble et en même temps sur quelque chose dans la même pièce. Pour Volume 1, l’album qu’on a fait pour Deep Medi, on travaillait souvent avec Gantz sur une idée lancée par Kahn, ou alors on lui envoyait nos propres idées. Ça marchait plutôt bien de cette façon. Je ne suis pas trop fan des sessions studio planifiées, c’est trop stressant d’avancer dans un temps défini pour ma manière de travailler.

Tu pourrais nous donner la marque secrète de l’eye-liner de Kahn ?

L’Oreal for Sad Men.

Ton album How What Time sur Black Acre dénote de tes productions d’avant, par son côté très expérimental. C’est les gars du label qui t’ont dirigé par là ou c’est plutôt un choix personnel ?

C’était un choix personnel. C’est connu qu’il est difficile de faire correctement des albums de musiques électroniques. La seule manière que je voyais pour en faire un était d’y ajouter des petits interludes, des morceaux downtempo au milieu des trucs plus énervés que je joue dans mes sets. Pour moi, ce n’est pas vraiment expérimental, c’est plutôt d’essayer de rendre les choses intéressantes sur un format plus long.

On aimerait bien avoir ton avis sur la « hype » des vinyles pressés en peu d’exemplaires ?

Je n’en suis vraiment pas très fan. Si je lançais moi-même un label, la musique serait disponible au format digital, mais ce n’est que moi. Il faut vraiment que les gens sachent que c’est très cher de presser des vinyles en grandes quantités. Certaines personnes limitent délibérément les tirages pour générer de la hype, ce qui est vraiment chiant, mais d’autres sont juste prudents lorsqu’ils cherchent à estimer la demande pour leurs sorties.

Aurais-tu un sample fétiche que tu utilises souvent, ton « amen break » à toi ?

J’essaie d’éviter de recycler les mêmes sons, mais ça m’arrive de temps en temps. Il y a un petit son de laser qui vient d’un cartoon des années 1970 qui revient dans plusieurs de mes morceaux.

Qu’est-ce que tu écoutes quand ce n’est pas de la musique électronique, par exemple quand tu veux prendre une pause d’une session studio ?

Récemment, j’écoute beaucoup l’album de Yussef Kamaal, qui est sorti à la fin de l’année dernière sur Brownswood.

Tu pourrais nous révéler quelques sorties à venir de ton cru ?

Normalement, mon premier single pour Deep Medi depuis 2014 devrait sortir cette année, et peut-être quelques autres morceaux avec des vocales un peu après.

Tu comptes jouer quoi aux Français lors de la Outlook Launch Party par Bass Paradize ?

Beaucoup de mes propres morceaux, et de trucs produits par ceux dont vous vous doutez, mais aussi des trucs excellents de nouveaux artistes. Pour avoir une idée, vous pouvez écouter mon dernier set sur Radar Radio !

Et enfin, tu nous livrerais quelques tracks que tu aimes en secret ?

Dillinja – Shiners
The Smiths – This Charming Man
Justin Bieber – Company

One release at a time, Commodo steadily grew to become one of the main figures of the dubstep scene. Through releases on Deep Medi Musik, as well as an excellent collaborative album with Kahn and Gantz and a solo full-length last year, the artist gradually developed his own, unique sound, breathing his own palette within carefully arranged dubstep structures. Through time, Commodo thus managed to transform each of his releases and sets into an event of their own: we are impatiently waiting for his set tonight in Paris for the Outlook Festival officiel Launch Party, organized by Bass Paradize on board the Concorde Atlantique. Commodo will play alongside J: Kenzo and Jonah Freed, as well as Argo, Hanuman Jr and Grrr: we seized the opportunity to ask him a few questions, to which he agreed to answer.


 

First off, why Commodo? Is it a reference to the dragon or rather to a convenient, relaxed speed type of music?

Actually neither. In like 2008 I’d made some tunes and wanted to make a Myspace (ha). I wrote out my real name and swapped some letters and around and changed the order and settled on Commodo for some reason. Turns out it’s quite similar to: an anti-virus software; a big lizard; a word meaning something like ‘comfortable’ in Italian and Spanish; and a Roman emperor.

Will your music always be dubstep / bass focused? Should we expect to see you play around with different styles, whether electronic or not?

There was a time when I wanted to move away from bass-heavy ‘electronic’ sounds to something more organic – which I still may do – but I still really enjoy heavy sound system music and the atmosphere of the nights where we play it.

What’s a studio session with Gantz & Kahn like? Do you follow a specific method to work on tracks together?

The three of us have never actually worked on something in the same room. With the Volume 1 record we did on Deep Medi, Gantz and myself would often work on an idea that Kahn had started, or lay down our own ideas and send them to him. It worked fairly well that way. I’m not a fan of organised studio sessions, the pressure to make progress within an allotted time is too much for me.

Could you reveal the brand of Kahn’s eye-liner?

L’Oreal for Sad Men

Your album How What Time on Black Acre stands out from your former production, with its more experimental feeling. Did the label suggest you to go that way or was it a personal choice ?

It was a personal choice. Electronic music albums are notoriously hard to do right and the only way I thought I could do it was if it had little interludes and downtempo bits in-between the harder stuff that I would usually play in sets. For me it’s not really experimental, I was just trying to keep the music interesting over a longer format.

What are your thoughts on the limited-run-vinyl hype?

I’m personally not a fan of it; if I was to start a label I would certainly have the music available digitally, but that’s just me. It’s very important that people are aware of how expensive it can be pressing large quantities of vinyl. Some people might deliberately limit a run in order to generate some hype, which is annoying for sure, but others are simply cautious when estimating the demand of their product.

Do you have some sort of specific signature sample that you like to use a lot – like your own special amen break?

I try to avoid recycling exact sounds but it does happen every now and then. There’s a little laser sound effect from a 70’s cartoon that’s crept into quite a few of my tracks.

When you’re not listening to electronic music, for instance when you feel like taking a break from the studio, what non-electronic music do you like to listen to?

Lately I’ve been enjoying the Yussef Kamaal album that came out on Brownswood at the end of last year

Can you tell us anything on your future releases?

My first Deep Medi single since 2014 should make it out this year and a few other bits with some vocals perhaps later on.

What tricks will you have in your bag for the French bass heads @ Bass Paradize’s Outlook Launch Party?

A lot of stuff from myself and the usual suspects, but also brilliant stuff from some newer names. Check out my recent set on Radar Radio for an idea!

Finally, could you reveal a few songs that you secretly love ?

Dillinja – Shiners
The Smiths – This Charming Man
Justin Bieber – Company

Vous aimerez surement

    Leave a comment

    Articles populaires

    Chargement des articles...
    Le chargement des articles a echoué, une nouvelle tentative va être effectuée automatiquement dans 5 secondes.

    Back to Top