Interview : Les Sonifères

Organisé par Sport National, Les Sonifères revient pour une quatrième édition les 2 et 3 février. L’occasion de discuter avec les organisateurs du festival, de cette édition et de son avenir.

Les Sonifères real
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 22 janvier 2019 | 10:58

Quatrième édition déjà pour Les Sonifères, festival (?) lancé fin 2017 par Sport National, autour de séances d’écoute active dédiées aux musiques expérimentales et contemporaines en tous genres. Pour cette première de l’année 2019, le collectif retourne au DOC le temps de deux après-midi, les 2 et 3 février prochain, et marque un pas en avant, tant du point de vue de la programmation que du dispositif sonore, avec un passage d’un système quadriphonique à une couronne de huit haut-parleurs. Nous avons saisi l’occasion pour discuter avec ses organisateurs autour de quelques verres, pour aboutir à cette interview de près de deux heures, autour du festival, de cette édition et de l’avenir de Sport National et des Sonifères.

les sonifères

Pour commencer, est-ce que vous pourriez présenter en quelques mots le projet Les Sonifères à nos lecteurs et lectrices ?

Arnaud : Les Sonifères, c’est un festival qui a pour but de présenter des projets issus des courants des musiques expérimentales, des musiques électroacoustiques, ambient, noise, … Musiques qui d’une part viennent de la culture des musiques électroniques venant des clubs, et qui ont muté vers d’autres territoires sonores. Il s’agissait de créer un cadre dans lequel elles pourraient s’exprimer de manière optimale, étant donné que le club n’est pas un endroit extrêmement approprié, à part peut-être en début de set. Et d’autre part, de démocratiser le milieu académique qu’est le milieu des musiques électroacoustiques, venant de l’IRCAM, du GRM, venant de Pierre Schaeffer, de Pierre Henry, issues d’institutions comme le Conservatoire électroacoustique de Pantin, … Et donc de démocratiser tout ce petit milieu avec beaucoup d’entresoi, même si c’est un environnement qui fait beaucoup d’efforts en ce moment, notamment avec le week-end Akousma, organisé par l’INA/GRM. Avec aussi de plus en plus de compositeurs issus de ce courant qui usent des réseaux sociaux, des moyens modernes de communication pour s’exprimer. Mais il s’agissait pour nous de rassembler ces deux mouvances autour d’un événement, les Sonifères, et de s’inspirer d’événements incontournables aujourd’hui, comme les Siestes électroniques, Présence électronique, Sonic Protest… On voulait arriver à synthétiser ces deux milieux et à rassembler les deux publics et les artistes de ces deux courants autour d’un même événement, d’une même programmation.

Vous êtes vraiment dans une démarche de rassemblement et de diffusion de ces musiques.

Nous, à travers les Sonifères, on a envie de démocratiser ces deux courants. Ca passe par contacter des médias qui ne parlent pas forcément de ces musiques, ou qui en parlent assez peu, ça passe par Facebook, par une communication visuelle léchée, par des partenariats, etc. On veut rassembler autour de ces musiques. Il était important aussi de travailler le dispositif scénique, de repenser la place du public dans la performance musicale et visuelle. On met la scène au centre, on invite le public à ne pas être debout pendant toute la durée du festival, mais à être assis, allongé, autour de la scène. Le travail de scénographie et d’ergonomie est important.

Comment est-ce que tout ce projet est apparu à l’origine ? Est-ce que c’est un projet qui a maturé à partir de quelque chose qui vous manquait dans vos soirées Sport National, un prolongement de ces soirées ou plutôt quelque chose de vraiment parallèle ?

Manon : Le public Sport National, à la base, c’est un public club. Les premiers événements qu’on a fait, c’était du club, pendant trois ans, dans le domaine de la nuit. L’idée, c’était de bouleverser les habitudes du public qu’on avait, de leur proposer des musiques qu’on apprécie particulièrement et qu’on proposait en début de soirée. Sauf que le présenter en début de soirée, sur les musiques qu’on rend visibles aux Sonifères, ça implique que ce soit vraiment le premier artiste, voire le deuxième, et après on oublie assez vite, parce que les gens veulent que ça danse, que ça bouge. L’idée, c’était de présenter des artistes auxquels on tient autant que les artistes clubbing qu’on présente dans les Sport National, mais dans un événement plus approprié, et par là d’amener notre public d’habitués à découvrir d’autres styles de musique, dans d’autres conditions, sur d’autres horaires, dans un dispositif différent qu’ils n’ont pas l’habitude de fréquenter. Les premières éditions n’étaient pas forcément tout à fait réussies là-dessus, parce qu’il faut un temps d’adaptation, mais on y vient de plus en plus, surtout que la tendance va dans ce sens là. Ca aide. Le mélange des publics est assez cool, on a un nouveau public, plus familial, plus spécialisé dans ce domaine, qui se mélange avec un public plus clubbing, qui a l’habitude de nos programmations, mais qui vient par curiosité voir, ou par attrait, puisqu’avant il n’y avait pas forcément ces événements qui lui permettait de venir écouter autre chose. On se rend pas mal compte que la plupart des gens apprécient autant les musiques qu’on présente aux Sonifères que les musiques qu’on présente en soirées, mais que c’est un domaine qu’ils gardent caché pour eux, qui n’est pas forcément valorisé pour des soirées parce que c’est plus difficile, moins vendeur sur le papier. C’est un travail de fond qui prend un peu de temps.

Vous parlez pour cette édition de festival. En préparant l’interview, je suis tombé sur un entretien que vous donniez pour une édition précédente, où l’un de vous disait justement que vous n’étiez pas sûr d’assumer complètement le terme de festival. Cette fois, vous dites explicitement dans la présentation de l’événement qu’il s’agit d’un festival : qu’est-ce qui a changé ? Qu’est-ce qui fait que vous franchissez le pas, au moins lexical ?

Arnaud : Je pense que le terme de festival nous permet de préciser le propos. On parle toujours de séances d’écoute active, sens qui approprié mais très spécialisé. Le terme de festival a aussi pour intérêt de fédérer, il ne faut pas perdre de vue que l’on est dans une démarche de démocratisation. Parler de festival c’est aussi signifier que l’on on va écouter beaucoup d’artistes, on prend son week-end pour y aller. On a envie que les gens viennent les deux jours, parce qu’ils ont chacun leurs richesses particulières. C’est important d’y aller les deux jours pour avoir un éventail diversifié de ce qu’est la scène française de ces musiques expérimentales. Le terme festival, on peut aussi en parler car maintenant l’événement prend un peu d’envergure. Et en termes de communication, c’est un peu plus clair aussi. Il y a quand même 16 projets sur cette édition.

En termes de scénographie, de mettre la scène au milieu, etc, j’imagine que vous êtes plus assurés par rapport aux premières éditions. La scène au milieu, c’était là dès le début ?

Arnaud : Depuis la première édition, on met en place des systèmes de sonorisation multiphoniques, jusqu’ici quadriphoniques. Cette fois, on passe à de l’octophonie. On s’inspire, à travers Armand, des acousmoniums. Les acousmoniums, c’est bien plus de huit enceintes. On fait de l’octophonie aujourd’hui, on aurait peut-être envie de faire plus.

Armand : Le dispositif mis en place ici permet un travail très précis de l’espace sonore, avec des trajectoires complexes sur différentes sources simultanément, des jeux d’extensions, d’élargissement, etc… Il permet aussi à des musiciens qui ne sont pas formés à utiliser un acousmonium – qui est un instrument avec une pratique particulière, qui ne se travaille pas facilement – de jouer. Le schéma est de ce point de vue plus abordable tout en permettant aussi aux musiciens électroacoustiques de faire des choses.

Comment est-ce que vous travaillez avec les artistes sur cette couronne de huit enceintes ? Est-ce qu’ils modifient leur live, comment est-ce qu’ils s’approprient cette installation ?

Pour l’instant, on donne des directions. On n’est pas encore arrivé à l’objectif, mais on avance petit à petit. On proposait une quadriphonie, on augmente maintenant le nombre de hauts-parleurs pour que ça devienne vraiment intéressant en termes de sensations de travailler dessus. Moi, je vais dans ce sens parce que je trouve que c’est une vraie problématique des musiques contemporaines, l’espace et le travail sur l’espace. Je trouve que c’est un vrai paramètre dans l’écriture de la musique d’aujourd’hui. Donc ça vaut la peine qu’on offre des moyens pour que les musiciens puissent expérimenter dans ces domaines. On propose donc le dispositif, ensuite on propose des outils pour pouvoir l’utiliser, c’est-à-dire qu’on fait des petites fiches conseil, avec des outils disponibles, des effets audio, des plugins, voire des réflexions. Il y a aussi un travail sur les interfaces de contrôles pour gérer ça en live. Petit à petit, on va de plus en plus loin. Là, on va avoir plus de balances que pour les éditions précédentes, ce qui laisse un peu plus de temps de répétition pour tester ça. L’idée serait de proposer à terme du suivi là-dessus pour pouvoir aiguiller les artistes. Cette fois, on accueille de plus en plus d’artistes qui travaillent vraiment ça à la base, ça leur permet de s’exprimer avec cet outil comme ils le souhaitent. Et j’imagine que l’on donne des idées à d’autres musiciens qui se disent que c’est possible de jouer avec cet outil, qui ne jouaient pas avec jusque là.

Manon : Ou qui ne jouent avec qu’en conservatoire, en studio de répétition qu’ils prennent pour quelques jours ou une semaine. Là, ils ont l’occasion de le présenter.

Il n’y a pas vraiment d’autre espace pour ce type d’approches, pour les musiques « populaires ».

Manon : Non.

Arnaud : D’ailleurs c’est la première édition où l’on spécifie différemment le type de performances. Il y a la performance live, donc le musicien vient avec ses instruments classiques et électroniques, il y a le live audiovisuel, où l’on a en plus un artiste vidéaste qui vient en direct interpréter, et il y a la performance acousmatique. Pour la première fois, on précise ça. C’est la preuve qu’on fédère différentes approches.

Armand : Moi, j’essaie de dire aux musiciens électroacoustiques qu’il est possible de jouer sur autre chose qu’un acousmonium, et je leur propose des façons d’utiliser ces couronnes, même si leur morceau n’est pas octophonique à la base. Comment faire de la stéréo augmentée non pas sur un acousmonium, mais sur une couronne. Les musiciens électroniques, je leur propose des outils qu’ils sont susceptibles de pouvoir utiliser et qui ne sont pas trop coûteux. Et puis il y a les musiciens qui savent déjà faire, donc la question se pose moins. Mais il faut proposer quelque chose de qualité, qui permette de s’exprimer de la meilleure façon possible.

Est-ce que vous pourriez justement nous dire quelques mots sur la programmation ? Comment est-ce que vous l’avez conçue ?

Arnaud : Une partie de la programmation est issue de notre entourage proche. En tant qu’organisateurs de festival et d’événements, on est aussi proches d’artistes. On a un quotidien qui est composé de rencontres, de conversations, d’écoutes … Il y a beaucoup de personnes qui nous envoient leur projet. Donc il y a une partie de la programmation qui vient de notre cercle proche, notamment dans les artistes électroacoustiques, avec des personnes qui viennent du Conservatoire électroacoustique de Pantin, qu’Armand a fait. Il y a des artistes qui sont des amis, qui nous parlent régulièrement de leur travail, et les Sonifères est un événement où tout ça prend forme, ça devient une finalité dans leur travail. Ensuite, il y a tous les artistes que l’on découvre, à travers nos recherches quotidiennes, on est constamment en train de découvrir des artistes, de scruter ce qui se fait à droite à gauche, puisqu’on n’est pas les seuls à produire des événements. Et puis il y a des artistes qui nous envoient leurs projets, parce qu’ils commencent à nous connaître. Il y a aussi des artistes qui sont des madeleines, qu’on contacte, on leur présente notre festival et on leur demande s’ils sont d’accord pour venir, et qui en général disent oui. Il y a Fraction, Clara de Asis, Frédéric Oberland, … MTUA, qui vient du collectif SILO, collectif passionnant qui sur la scène française actuelle fait un travail de fou, vient de finir une résidence dans un silo où les artistes viennent expérimenter leurs pratiques dans ce cadre particulier, avec un disque qui sort à l’issue de la résidence. On présente aussi des gens dont on connaît déjà le travail.

Manon : Des gens qui travaillent déjà sur le sujet, qui font bouger les choses dans le domaine.

Arnaud : Il y a notamment un projet qui vient du Coax Collectif, qui sont un peu nos pairs et nos pères. C’est un collectif actif depuis bien plus longtemps que nous.

Manon : On a fait jouer plusieurs d’entre eux depuis nos débuts : Julien Desprez, Hippie Diktat notamment.

Arnaud : Oui, ils sont souvent sur nos programmations, ils jouent souvent au Générateur, un lieu à Gentilly qu’on apprécie beaucoup, et où on a eu la chance de produire une performance d’Armand l’année dernière. Il y a Fraction également, qui a conçu Entropia, performance qui a été jouée à la Géode de la Cité des Sciences à Paris, qui a beaucoup fait parler de lui. Il l’a présentée au MUTEK, et dans la plupart des grands festivals de musique expérimentale et de musique électronique. Il nous fait la chance de venir, nous festival indépendant, aux prémices de son histoire… (rires) On travaille une performance particulière. D’ailleurs c’est une dimension très importante dans la programmation des Sonifères : la plupart des performances ont leur caractère un peu inédit le jour du festival, dû au dispositif technique qu’on met en place, au cadre, à l’ergonomie particulière. Donc il y a des artistes de différents horizons, notamment Mesce Basse qui fera le closing du festival le dimanche : c’est un quintet, cinq musiciennes électroacousticiennes qui présenteront leur projet. On les a découvertes à la Coax Night, le festival du collectif Coax, qui a eu lieu l’an dernier au Générateur.

Manon : Deux d’entre elles ont déjà joué à la troisième édition des Sonifères sous Elek Ember.

Arnaud : Ce qui manque à cette édition, et on va y l’améliorer pour la prochaine édition, cet été, c’est qu’on va faire un appel à oeuvres, pour que notre direction artistique ne soit pas forcément fonction de nos recherches, de notre réseau.

Manon : On reçoit quand même beaucoup de demandes, de projets.

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C’est quelque chose qui a dû changer par rapport à la première édition. Ca a forcément dû influer sur votre travail aussi ?

On en a toujours reçu mais dans un autre style. Là on est vraiment en train de recevoir des demandes spécialisées pour les Sonifères. C’est assez chouette, parce qu’il y a des artistes accomplis, comme des artistes assez jeunes, qui osent envoyer, parce qu’ils savent qu’on peut aussi diffuser des pièces de quinze minutes, très simples. Il n’y a pas de condition pour jouer aux Sonifères.

Arnaud : On en reçoit aussi pour Sport National bien sûr, parce qu’on continue aussi sur ce format là. La prochaine soirée est le 16 mars : on invite le label Amok Tapes à l’International, avec Sport National, sur le format 23h – 7h. Mais c’est venu d’une demande. On arrive à notre quatrième année d’activités et on est contents parce que des labels qu’on adore nous contactent. Hier, on a reçu une demande de Theda, super beau projet drone avec plein d’influences électroacoustiques, et Armand était avec lui dans une de ses formations, il y a des choses qui se recoupent. Voilà, je pense que c’est à peu près tout vis-à-vis de la programmation.

L’impression que j’ai par rapport à cette programmation, c’est qu’à la fois il y a des artistes qui reviennent, avec un peu une famille qui s’instaure autour du festival, et en même temps, que cette fois vous passez un pas supplémentaire. Ce qui va avec le fait que vous parlez de festival. Vous êtes à la fois installés dans le paysage parisien, et vous créez quelque chose qui revient à chaque fois, sous cette forme de festival. C’est la sensation qu’on a en regardant la programmation, en vous entendant et vous lisant à propos de cette quatrième édition, que celle-là est un peu spéciale. Est-ce que c’est aussi la sensation que vous avez avec cette quatrième édition ?

Manon : On refait jouer des artistes qui ont participé aux Sonifères, par exemple Armand Lesecq, qui avait participé à la première édition, ou les filles de Mesce Basse, qui ont joué dans la précédente édition, mais qui jouent cette fois à cinq, sur un autre projet. C’est la famille Sonifère. Il y a aussi NO3sis. Mais on refait aussi jouer des artistes comme Duncan Pinhas, qui avait déjà joué, mais dans une Sport National. Il n’a jamais joué dans une édition des Sonifères. C’est un artiste qu’on suit depuis quatre ans, c’est lui qui nous a présenté Armand. On l’a fait jouer à la deuxième Sport National je crois, et aujourd’hui on le fait jouer aux Sonifères, parce que ses projets actuels collent particulièrement bien. C’était l’un des artistes qu’on faisait jouer en début de soirée chez Sport National, et qu’on voulait mettre en avant dans un cadre plus approprié. Il y a :SUCH: aussi, qui avait joué à la deuxième édition, qui se passait à DOC!, et qui revient cette fois parce qu’il a un nouveau projet à présenter. Il y a des gens qu’on connaît très bien.

Armand : Il y a l’exemple d’Opaque aussi qui est très intéressant, parce qu’il a déjà joué dans une Sport National.

Manon : Il a fait son premier live pour une Sport National, il y a un an et demi, deux ans.

Armand : C’est de la musique industrielle, qui se danse. Et j’ai l’impression qu’il a été influencé en termes de formes.

Manon : Il y a un an, il est venu aux Sonifères, il n’évoluait pas du tout sur ces terrains en termes de production musicale , mais en fin d’événement il nous a dit qu’il aimerait vraiment présenter un truc aux Sonifères. On lui a laissé le temps, il a passé la troisième édition, et là il nous a dit qu’il était prêt pour la quatrième. Mais c’est son seul projet dans ce style pour l’instant, tout le reste est très indus.

Arnaud : Il a sorti et va sortir des EP et LPs sur des labels qui tabassent. Pour son live il va notamment utiliser un gong.

Manon : Son travail a vraiment évolué entre la première édition et aujourd’hui.

Armand : Ce qui est marrant c’est que ce ne sont pas ses goûts qui ont évolué, mais sa pratique. Il a toujours écouté des choses comme ça, mais là il voit qu’il y a un cadre dans lequel il peut proposer quelque chose, faire ce projet.

Manon : C’est une possibilité pour lui de proposer quelque chose de complètement différent de ce qu’il fait d’habitude.

Vous créez cet espace qui suscite aussi des projets chez d’autres artistes.

Arnaud : C’est vrai que dans les Sonifères, on retrouve des artistes qui feront aussi partie du label qu’on va créer cette année. On a une première sortie qui sera un various, avec douze artistes, justement issus de ces deux scènes. Ils vont à la fois s’exprimer aux Sonifères, dans nos soirées club et les concerts. Cette dynamique qu’on crée autour de certains artistes va se matérialiser autour du label de Sport National.

L’idée serait de garder vos trois formats (club, concert et Sonifères) sur ce label ?

Manon : Oui, complètement.

Arnaud : Ce sera scindé en deux, il y aura un various sur deux disques. C’est vrai qu’on produit aussi des concerts, mais les concerts mélangent ces deux influences. On pourrait en faire trois, mais ce serait juste pour pousser le concept.

L’impression que votre programmation me donne est justement que vous venez des musiques électroniques à la base, mais que sur les quatre éditions, avec les Sonifères, vous ouvrez vers les musiques d’avant-garde, mais aussi sur le post-rock, la noise, le free jazz. Dans quelle mesure cette volonté de décloisonner les musiques électroniques fait partie de votre projet ? A Paris, depuis l’essor techno, ces musiques électroniques sont assez cloisonnées, il me semble que vous avez aussi cet esprit d’ouverture vers d’autres courants.

Arnaud : Oui complètement, on est acteurs de la musique contemporaine, et donc on a envie de défendre ce qui actuellement définit notre époque musicale. On est influencés par le post-punk des années 1980, par la musique industrielle, par la musique concrète qui est née dans les années 1950, mais aussi par ce qu’on appelle expérimental aujourd’hui. Notre discours, c’est qu’on est en 2019 maintenant, on est dans l’hybridation, et il est important aujourd’hui de décommunautariser la musique. Ce n’est pas un truc qu’on crie haut et fort, mais quand tu fais ça, tu es une sorte d’éponge, tu captes tout ce qui se passe. Aujourd’hui, tu vas dans l’iPod d’un mélomane, de quelqu’un pour qui la musique est importante, il va être fan d’un groupe de hip hop comme d’un groupe de rock, de metal, de post-metal, etc. Le mot post s’applique quasiment à tout aujourd’hui. Les Sonifères, c’est aussi une manière de marquer d’une pierre blanche ce qu’on constate aujourd’hui : décloisonnement des genres et hybridation. C’est pour ça d’ailleurs qu’avec Sport National, on propose ces trois formats, avec ce dénominateur commun qui est la musique électronique et concrète.

Manon : On travaille plus sur des moments d’écoute, et sur des conditions d’écoute, que sur des styles. On ne regarde pas le style quand on fait la programmation, clairement pas.

C’est vrai que comme vous dites, la plupart des gens ne sont plus cantonnés dans un style dans leurs écoutes. Alors que dans les événements, c’est souvent plus cloisonné : ces mêmes mélomanes sortent en club techno, ou en club hip hop, ou en soirée post-punk, ou jazz, ou avant-garde, etc. Là, vous proposez un format qui sort de ces frontières.

Arnaud : Oui, c’est notre pire ennemi, c’est le pire ennemi de tout le monde, le sectarisme. On n’est pas un collectif militant, mais je pense qu’on propose aussi une certaine vision de notre société, qui a besoin d’ouvrir les bras. Dans notre politique des publics, on estime être très fédérateurs, sans étiquette. En rencontrant Armand, on a poussé cette diversité des styles (on était déjà acteurs d’une scène des musiques expérimentales venant des musiques électroniques) puis tout ça s’est ainsi spécialisé avec l’approche concrete.

Armand : Moi, mon point de vue là-dedans, c’est que les musiques dites savantes, institutionnelles, souffrent aujourd’hui du petit réseau dans lequel elles sont confortables, ou pas, mais auquel elles sont habituées. Et pour que ces musiques puissent vivre, il faut qu’elles se démocratisent. Et le meilleur moyen de le faire, c’est de lier tous les publics, et de croiser toutes les sphères de cet art.

Oui, d’autant que dans ce genre d’événements, la frontière est hyper mince. Aux Sonifères, la frontière entre les deux est très fine.

Arnaud : Oui, on est là-dedans. On gomme les limites, on gomme les frontières.

Vous ne mentionnez pas par exemple, dans votre programmation, le fait que les artistes viennent du Conservatoire du Pantin, etc. On ne sait pas lesquels appartiennent au milieu des musiques populaires ou à celui des musiques savantes. Alors que le reste du temps, ils jouent dans deux types de structures différents.

Arnaud : Quand on va les présenter, à travers le programme, on prend aussi des éléments du milieu académique, puisque le programme c’est plutôt quelque chose que tu as l’habitude de voir à la Philharmonie, dans les événements de musiques électroacoustiques, pas tellement en club. Dans le programme, il y a les bios des artistes, donc là on en parlera. Mais c’est vrai que dans la présentation succincte de la programmation, ça me paraît important de ne pas mettre de frontière entre les artistes.

Vous parliez aussi des lives audiovisuels, c’est important pour vous de mettre cette dimension en avant ?

Armand : Oui, c’est aussi un espace pour le déploiement de ces formes, qui sont transdisciplinaires. Les mêler parmi d’autres choses, ça forme une espèce de croisement qui est intéressante. Ca permet de travailler les relations image / son, et avec la spatialité qui est mise en avant, de poser d’autres questions. On peut faire un parallèle avec les musiques acousmatiques, où l’on parle souvent de cinéma pour l’oreille. Là, on propose du cinéma pour l’oreille, lié avec du cinéma pour les yeux.

Vous avez aussi des artistes qui travaillent spécifiquement sur ces formats pour l’occasion ?

On a Fraction notamment qui va proposer un format particulier pour l’occasion, où il profite qu’il y ait à la fois un dispositif de diffusion sonore immersif et multiphonique, et des projections, pour essayer de travailler des liens entre les deux. Ca le pousse à réfléchir, à expérimenter des formes, à travailler le lien images / sons. Il y a ISOTHESIS, qui travaille avec une artiste visuelle. Ca leur permet d’explorer des formes où deux artistes se mettent ensemble pour créer une oeuvre commune.

Arnaud : C’était aussi l’un des piliers de notre asso à sa création il y a quatre ans, de mettre le visuel au même niveau que le son. Dans les membres fondateurs, il y a Alexandre qui est artiste numérique, et Mathieu qui est graphiste, qui s’occupait de concevoir des identités visuelles en marge de ce qui se faisait quand on a commencé. Ils étaient Vjs tous les deux et composaient le duo Silent Shout, ils ont un peu tourné sur la scène parisienne. C’était une rencontre de Manon et moi, et d’Alexandre et Mathieu sur ces dimensions. On essaie de s’en rapprocher, on a envie que la partie arts numériques, intimement liée aux musiques expérimentales, converge, se rencontre. Les Sonifères, c’est aussi l’occasion pour ces pratiques de se rencontrer. La preuve, ce sont ces collaborations, il y a cinq projets audiovisuels, il n’y en a que deux où c’est la même personne qui agit sur les deux, Armand et Fraction, pour les autres c’est de la collaboration. ISOTHESIS travaille avec Alexandra Radulescu, qui est vidéaste, et eux le disent bien dans leur projet, c’est un live à quatre mains. C’est la composition en live. Ils l’ont travaillé au Cube, à Issy-les-Moulineaux.

Manon : ISOTHESIS c’est un bon exemple, on l’a fait jouer à la précédente édition, où il travaillait les sons dans l’espace. Là, il présente un projet avec cette designer visuelle, et par ailleurs, il est batteur dans un groupe de funeral doom. Il s’intéresse à de nombreuses pratiques, il est assez représentatif de ce que l’on fait.

Arnaud : Il travaille aussi dans le jeu vidéo, sur le design sonore dans le jeu vidéo.

Manon : Il a plein de facettes dans sa pratique artistique, c’est dans notre logique.

Armand : J’aime bien l’idée d’un terrain d’expérimentation, à la fois avec le dispositif sonore et le dispositif de projection. Moi, je vais travailler avec du visuel. On peut faire le parallèle avec Opaque, qui a profité du dispositif pour développer quelque chose dans ce cadre, moi là, ça m’a poussé à développer des aspects visuels, que je n’avais jamais travaillé. Ca m’a permis d’avoir un objectif, d’expérimenter, de tenter quelque chose.

Arnaud : L’erreur est importante, on crée aussi un festival pour que les artistes puissent expérimenter, se confrontent. L’expérimentation, c’est placer l’erreur dans sa pratique, ou la conceptualiser. On a accueilli dans les Sonifères des artistes qui en étaient à leurs débuts, mais ils l’ont fait, ils y ont passé des heures, ils ont présenté un travail qui avait de la gueule. Là-dessus, on est quand même vigilants bien sûr, parce qu’on a un public à contenter, mais il y a cette idée.

Manon : L’idée, c’est que le festival reste ouvert à des gens qui n’ont jamais présenté de projet. On l’a toujours fait. On n’a pas envie de se limiter à des artistes hyper expérimentés et reconnus. Les Sonifères, comme tout événement Sport National, propose un terrain d’expérimentation.

Arnaud : L’expérimentation est un mot qui veut tout et rien dire dans notre contexte, et c’est pour cette raison qu’avec Sport National, on est dans cet éclectisme, il permet de le mettre en perspective dans de nombreuses approches musicales. Beaucoup d’artistes techno ont des phases qui auraient leur place dans les Sonifères dans leur live. On a les termes de musiques singulières, de musiques hybrides également, et cette hybridation est essentielle aujourd’hui dans la musique dite “expérimentale”. On a tout un tas d’étiquettes, l’étiquette vient de la société de consommation, créés et utilisés pour classer les disques dans les shops. On s’en éloigne de plus en plus, notre génération a pris conscience de cette pratique de la consommation, nous on veut expérimenter autre chose. L’algorithme de youtube n’a par exemple pas de limite de genre. Au sein de plein de festivals, dont le OffNoise, Sulfure, Villette Sonique, Visions, on trouve une hybridation voulue et assumée et je trouve ça super sain, représentatif de notre génération.

Armand : Quand j’avais dix ans, un adulte m’a dit « J’ai hâte de voir ce que vous allez faire, votre génération, avec l’accès que vous avez à toute cette culture autour de vous, sans frontières ». Ca m’a marqué, il était curieux de savoir ce que ça allait donner, d’écouter autant de choses différentes. Là, on y est.

Arnaud : Après, bien sûr, il est toujours important de travailler un style, une intention, et dans les Sonifères, on y est, on a une intention singulière. Bien sûr qu’il y a des guitares aussi, Frédéric Oberland, il a des guitares, un saxophone, des synthés etc. Mais c’est complètement original, il n’y a pas vraiment d’étiquette.

Armand : On est tous spécialisés, mais on a plusieurs spécialisations.

Arnaud : On passe notre temps à exprimer cette interprétation de nos multiples influences, mais c’est important d’aller au bout de nos recherches. Nous, on s’est retrouvé à un concert de funeral doom, c’était une claque, l’une des plus belles claques des dernières années, et ça nous a fait du bien de se retrouver parmi les spécialistes de cette musique. Au final, notre public, c’est peut-être 60 % de personnes qui sont ultra-cultivées là-dessus et 40 % de gens qui n’y connaissent rien ou peu, et c’est très important. Bien sûr qu’on vise un public particulier, parce qu’il est important de contenter un public, mais quand on arrivera à une sorte de parité, on aura progressé.

 

 

Une question sur le lieu : avec Sport National, vous bougez beaucoup d’un lieu à un autre. Pour ces Sonifères, vous revenez au lieu de votre deuxième édition, après un passage par la Base Filante. Pourquoi ce choix ? Est-ce que c’est un lieu particulièrement approprié pour votre festival ?

Arnaud : Il y a différentes raisons. La principale, c’est qu’il y a un cadre particulièrement adapté à cet événement au DOC, déjà en termes de discours vis-à-vis des Sonifères. On s’intègre dans une démarche assez alternative, on prône l’innovation. Le DOC représente toutes les innovations de notre société actuelle : redéfinition du patrimoine urbain, redéfinition de ce que c’est que le centre culturel, la MJC, le centre socioculturel, de la place de l’artiste dans un environnement urbain à Paris, … C’est super bien géré, et on sait que c’est à travers les événements que ces lieux s’expriment, font parler d’eux. Nous, on est une plateforme d’événements, et à travers ça, on colporte l’image de certains lieux, on les met en valeur. C’est une responsabilité que l’on a, dont on a pris conscience assez récemment. La première édition des Sonifères était à la Nuba.

Manon : Lieu qui, en réalité, était incroyable.

Arnaud : La forme était parfaite, le fond pas du tout. Personne n’est venu, parce que c’était là-bas. Ca nous a donné une belle leçon. Ce qu’on fait, ce n’est pas que de la musique. C’est surtout ça, c’est vrai, ça on en a toujours parlé, parce qu’on ne défend pas autre chose. Là, on s’est rendu compte que ça n’avait pas beaucoup de sens de faire des événements dans ce type de lieu, et nous-mêmes on n’a pas pris tant de plaisir à le faire, même si c’est vrai que les conditions techniques étaient incroyables. Le système son est superbe, c’est pour ça qu’on y allait. On y allait parce que la qualité du sound system a toujours été centrale, et qu’il y a William de Palladium Audio, le mec qui nous a fourni notre premier système son il y a trois ans, quand on a commencé, qui est maintenant partout. Le mec est super doué, est reconnu. Quand on l’a connu, il avait son atelier avec un son de dingue. On savait que pour l’hiver, son système son était à Nuba, car au rez-de-chaussée de la Cité de la Mode et du Design l’été.

Manon : On a eu une quadriphonie pour la première fois là-bas.

Arnaud : On avait un son de malade. Mais le lieu est indispensable à considérer dans l’organisation de cet événement. Le DOC, c’est un tiers lieu, où des artistes résident à l’année, y vivent. Il y a des ateliers, atelier bois, atelier métal, il y a un théâtre, il y a un cinéma, un studio, une salle d’expo. Nous, on est dans la salle d’expo, on est les seuls à investir ce lieu, d’habitude destiné à des expositions. Il est particulièrement approprié parce qu’il est haut de plafond, il est assez grand.

Manon : Mais à taille humaine.

Arnaud : Oui, mais il permet aussi d’accueillir les gens assis et allongés, ce qui prend plus de place. L’équipe est géniale, ce sont des artistes, ils sont sensibles à la démarche, ils sont là le jour de l’événement, on a plein d’atomes crochus, donc tout se passe pour le mieux. C’est important que notre événement, de A à Z, ait une cohérence, et là au DOC, il y en a une. Donc on revient dans un même lieu, chose qu’on n’a jamais interdit en soi.

Manon : Mais c’est vrai que pour la première fois, on revient dans un lieu, parce que ce lieu s’y prête particulièrement. Après, peut-être que pour la cinquième édition, ça ne s’y passera pas, peut-être qu’il sera trop petit pour ça, …

Arnaud : Mais on avait aussi dans l’idée de créer des rendez-vous là-bas. On verra.

Je me demandais justement si ça allait avec le fait de passer à une étape supérieure. Le fait de revenir dans ce lieu s’inscrit aussi là-dedans.

Arnaud : Complètement. Parce qu’au final, on a besoin de se concentrer sur des aspects très particuliers, l’aspect technique, la programmation.

Manon : Le lieu, ça prend une place énorme dans l’organisation d’un événement. Quand tu sais que le lieu, c’est le même, que tu le connais, que tu connais les organisateurs, ça fait un poids en moins, tu peux te concentrer sur autre chose. Nous, pendant trois ans et demi, ce qu’on a vraiment travaillé, avant toute chose, c’était de trouver le lieu, et de l’aménager. On a énormément travaillé en squat, on avait deux/trois jours d’aménagement d’espace. Parfois, c’était des toilettes qu’il fallait transformer en espace public, donc tu te retrouves pendant les nuits à nettoyer les sols et autres. Il n’y a pas de lumière, rien, il faut tout amener. C’est une composante énorme dans tout le reste. Là, on a un lieu qu’on connaît déjà, c’est la première fois que nous, on le connaît. Donc on peut travailler autre chose.

Armand : Tout à l’heure, tu parlais du suivi des artistes en termes d’écriture et de technique musicale, là justement, d’avoir un socle un peu sûr d’un lieu dans lequel on peut déployer un dispositif quel qu’il soit, ça permet de réfléchir à ça, de le développer.

A partir de cette base, vous pouvez approfondir.

Arnaud : Oui. Et maintenant qu’on a trouvé notre équilibre dans ce lieu, ce qui est ce qu’on cherche depuis quatre ans, un lieu dans lequel on se sent bien, à la fois le lieu, l’équipe, … Là, toutes les cases sont cochées, donc on peut passer à l’étape supérieure, peut-être la plus intéressante : la direction artistique, l’avenir du festival. On aimerait beaucoup programmer des artistes internationaux, et on sent qu’au DOC il y a quelque chose à faire. Ca va devenir de plus en plus comme ça dans tous nos événements. L’étape où l’on est, c’est d’affiner notre propos, et de sortir des disques. La partie label va prendre toute la place que prenait la recherche de lieux. Bien sûr, on reste dans ce milieu donc on est à l’affût, on est au courant, donc on changera toujours de lieu.

Manon : Mais c’est vrai que depuis un an, on change de moins en moins.

Arnaud : On y attache moins d’importance, on est dans d’autres démarches.

C’est logique d’ailleurs, votre recherche peut aussi se porter vers d’autres aspects.

Manon : Oui, surtout que les disponibilités de lieux sont plus faibles qu’il y a quatre ans quand on commençait.

Armand : C’est vrai.

Arnaud : Sauf quand tu peux lâcher cinq ou six mille balles. Là, tu as des lieux qui se disent alternatifs, mais c’est que de la gueule. Parce que derrière, tu as des orgas qui prennent des risques énormes.

Manon : Nous on l’a fait, c’est compliqué.

Arnaud : De l’autre côté, il y a des promoteurs qui abusent à mort, des soirées qui se disent underground qui ne le sont absolument pas, … On s’est beaucoup concentré sur le cadre, parce qu’il y avait besoin de ça à Paris, c’est toujours le cas, mais c’est dans des hangars loués 6000 balles la nuit. On a été confrontés à ça.

Manon : Tout collectif qui cherche à aller dans des espaces qui ne sont pas normés, qui sont un peu différents, va se retrouver confronté à ça.

Arnaud : Nous, on considère que ce qui prime, c’est l’expérience sonore et visuelle. C’est l’artiste que je vois, et ce qu’il propose, avant tout. Bien sûr, on ne va pas aller organiser n’importe où, dans des lieux où l’on n’a pas notre place.

Vous en êtes à quatre éditions en un an. Est-ce que vous comptez continuer sur ce rythme, est-ce que vous avez d’autres choses en tête pour les prochaines, au-delà du label ?

On a déjà un Doc pour les nouveaux artistes. On aura une édition des Sonifères cet été.

Manon : On vise deux éditions par an.

Arnaud : Le rythme qu’on aura c’est une édition estivale, une édition hivernale.

Deux par an, c’est pas mal.

Manon : Avec entre chacune, un appel à oeuvres.

Arnaud : On ne sait pas du tout où ce sera cet été, on verra. Peut-être au DOC, peut-être pas.

Manon : Le lieu estival, c’est l’occasion de proposer un autre format aussi. Et puis on continue la programmation dans les autres formats.

Arnaud : On a toujours trois types d’événements, on fait un club à l’International le 16 mars, il y a une Sport National Sessions en avril. On est sur la création d’une nouvelle soirée, des concerts dédiés à la scène instrumentale, punk, rock alternatif, qui s’appellera Chaleur Tournante. Tout est prêt. Donc deux par an, c’est déjà pas mal.

Manon : Plus le label, qu’on mûrit depuis deux ans.

Le mot de la fin ?

On remercie particulièrement Hyacinthe Lesecq pour son superbe travail sur l’identité graphique du festival. Il y a passé des heures et a été super patient, l’étape de création de l’identité a été un vrai travail d’échange et c’était la première fois.

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