Interview : Tommy Kid

En complément de son podcast pour notre série, Tommy Kid a répondu à nos questions sur les émissions Rinse France et les projets de son collectif [re]sources.

podcast tommy kid
Par Aurélien Bonvoisin
Publié le 14 février 2018 | 11:04

DJ, producteur et co-fondateur de l’écurie [re]sources, Tommy Kid est aussi, comme nous vous le disions en présentation de son mix pour notre série de podcasts, l’une des figures de Rinse France depuis les débuts de la station, avec plus de 150 émissions [re]sources au compteur. C’est donc tout naturellement qu’on le retrouvera ce vendredi à la Machine du Moulin Rouge pour fêter le quatrième anniversaire de Rinse France. En guise de complément à son podcast, Tommy Kid a répondu à nos questions pour revenir sur ces 150 émissions [re]sources, sur son collectif et ses projets.


- Ton collectif [re]sources faisait partie des premiers à rejoindre la programmation de Rinse France, quand la station a été lancée il y a quatre ans. Comment est-ce que la connexion s’est faite initialement ?

La connexion s’est faite via Calcium, l’autre co-fondateur de [re]sources, à qui Manaré et Laurent ont proposé un créneau hebdo le mardi à minuit dès la création de la web radio. Comme nous venions tout juste de lancer le label et en tant que fans de Rinse UK, on a évidemment sauté sur l’occasion.

- Avec plus de 150 émissions au compteur, et une émission hebdomadaire tous les mardis soirs, vous êtes clairement devenus en quatre ans l’un des piliers de la programmation de Rinse France. On a pu y retrouver des invités dans les différentes tendances que vous suivez – club, grime, UK Funky, … – : comment ça se passe niveau programmation ? Est-ce que vous essayez de suivre une ligne fixée à l’avance, un certain équilibre, ou ça se fait plutôt émission par émission ?

La programmation se fait selon beaucoup de critères qui ont évolué au fil des 4 années de résidence. Bien que le rythme hebdomadaire de l’émission soit assez soutenu, j’ai toujours essayé d’avoir un invité chaque semaine. Cela se planifie au plus tôt 1 mois et demi à l’avance (souvent lié à l’actualité de l’invité) et parfois le jour même. Dans ce dernier cas de figure, on a généralement un artiste local basé à Paris ou en région parisienne. Plusieurs fois aussi, nous invitons un artiste signé sur [re]sources qui sort son EP ou nous recevons des guest mixes d’artistes que nous bookons à nos soirées (par exemple: DJ Q, TSVI, Spooky…etc), cela permet d’assurer une promo supplémentaire autour de l’événement.

- En quatre ans d’émissions hebdomadaires, vous avez aussi eu le temps de suivre l’évolution des sons et des styles, dans les différents genres que vous représentez, notamment pour la club music. A ton avis, quelles évolutions musicales se dégagent justement de cette succession de ces plus de 150 émissions ?

Il est en effet intéressant de voir quelles ont été les différentes influences des shows [re]sources durant ces 4 dernières années : disons qu’il y a le noyau dur UK house, dubstep, grime, techno breakée, UK funky, bassline et jungle mais il y a eu beaucoup d’émissions où nous jouions aussi pas mal de trap, footwork, future bass, jersey club, c’est à dire tous ces nouveaux styles qui se sont développés dans l’electro ces dernières années. Et aujourd’hui je dirais que c’est le dancehall qui a pris la relève.

- Avec le recul, est-ce qu’il y a des émissions que tu retiens particulièrement, des sets qui t’auraient particulièrement marqué ?

Forcément, les émissions marquantes sont celles où les invités étaient présents dans le studio. Il y a le mix de Spooky l’année dernière qui était assez incroyable à voir techniquement ou encore celui de Woz qui était venu la 1ere année dans l’ancien studio de Rinse France. J’en oublie certains mais il y a aussi les fameux b2b que l’on fait presque à chaque fois avec l’invité. J’ai par exemple adoré mixer en b2b avec Murder He Wrote, Mago ou encore Herve Pagez, il y avait une vraie complémentarité, avec des références communes…etc

- Comment décrirais-tu ce qui fait la spécificité de Rinse France au sein de la scène électronique française ?

Je pense que sa force est de tendre à donner de la visibilité à différents labels, artistes et crews, tous styles confondus, et leur permettre de représenter d’une certaine manière la scène electro française dans sa diversité. Evidemment tout le monde ne peut pas être représenté mais chaque résident est libre d’inviter ou mettre en avant un artiste qu’il apprécie ou qu’il suit ou qu’il a découvert.

- Ces quatre années ont aussi été une période de développement pour [re]sources, notamment pour votre label avec les compilations Club Hexagon et Human [re]sources, entre autres EP de Fatal Walima, Douster ou Chaams. De l’extérieur, on a l’impression de voir se dessiner un groupe d’artistes qui tourne justement sur vos compilations ou sur vos émissions. Est-ce que tu dirais que c’est le cas ? En quoi la radio a-t-elle justement pu jouer un rôle dans ce développement de votre collectif ?

Le but de [re]sources est effectivement de permettre à des artistes français de profiter des services qu’offrent un label, à savoir un accompagnement artistique (connexion avec des remixeurs internationaux), un mastering studio, du contenu visuel (artwork, video) et évidemment de la promo et une distribution sur toutes les plateformes de vente. J’essaye de faire en sorte que la collaboration avec l’artiste ne soit pas du one-shot. J’essaye toujours de proposer à cet artiste de participer à une de nos compilations ou de faire un remix, ce qui donne en effet naissance à une sorte de pool d’artistes récurrents, mais qui reste avant tout ouvert. Le noyau dur se crée aussi via les affinités, pas mal d’entre nous sommes très proches comme Dehousy, Planet Dust, Blâme, …

- Tu as préparé un podcast dancehall pour notre série. Vendredi, on te retrouve à la Machine pour fêter les 4 ans de Rinse France avec Low Jack, Simo Cell, Bambounou, Bamao Yendé, … A quoi est-ce qu’on peut s’attendre pour ton set ?

Oui j’ai décidé d’enregistrer un mix dancehall, c’est la première fois que je m’essaye à ce style pour un media comme le votre. J’espère qu’il vous conviendra car il est assez spontané, rough (j’ai un peu abusé des FX parfois). Mais ça reste à l’image de cette sélection dancehall hybride et grime qui tourne autour des 100bpm. J’ai très hate d’être à vendredi pour l’anniversaire de Rinse France ! Comme je joue en fin de soirée, je pense mixer un peu plus club music à 130 voire 140BPM, jouer des classiques, ressortir des tracks qui ont marqué certaines époques et qui font toujours leur effet aujourd’hui.

- Est-ce que tu peux nous donner quelques infos sur ce que vous avez prévu avec [re]sources pour les prochaines semaines / mois, que ce soit pour l’émission ou pour le collectif ?

Prochainement, pour notre show sur Rinse France, on va avoir un guest mix de Majora, un artiste que l’on suit depuis très longtemps. Fin mars, on va sortir le premier EP de Planet Dust, puis on essaiera d’enchainer avec un nouvel EP de Dehousy et pourquoi pas des sorties d’artistes comme Draft Dodger et Moke.

On retrouvera Tommy Kid aux côtés de Bambounou, Bamao Yendé, Snowball ou Simo Cell b2b Low Jack vendredi à la Machine du Moulin Rouge pour le quatrième anniversaire de Rinse France.

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